Le DIEU de l’addition

Le DIEU de l’addition

Dans une réflexion précédente, je soulignais que le carême Était entre autres un temps propice de conversion de notre vision face aux Évènements. L’incendie majeur au Rocher Spirituel, lieu où je travaille, se veut un Évènement, disons-le, bien malheureux et déstabilisant. Autant donné mon implication et mon attachement à  ces lieux, cet incendie m’affecte personnellement. Je ne vous cacherai pas que j’ai Été secouée en apprenant cette nouvelle. Ma première réaction bien humaine, fut de ressentir une grande peine. Émotion que je me suis permis de vivre en versant un flot de larmes et en trouvant consolation dans les bras d’un «ange» mis sur ma route à  ce moment-là .

Et non, Dieu n’enlève rien. Il se fait constamment proche de nous pour nous accompagner dans ce qu’il nous est donné de vivre. Il arrive cependant, pour toutes sortes de raisons, que nous oublions ou voire même que nous méconnaissions cette réalité. En regardant Jésus dans son histoire, on peut voir qu’il a tout vécu en demeurant lier à  son Père. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne se soit pas donné le droit de vivre les Événements à  partir de son humanité. Face à  ce qui l’attendait, à  Gethsémani, Jésus a vécu une angoisse profonde. Il allait et venait nous dit les Évangiles. Il demande à  trois de ses disciples d’Être avec Lui car il a besoin de cette présence rassurante auprès de Lui. Ils le laissent seul alors qu’il aurait besoin de soutien. Toutefois, il est Écrit : «un ange vient le réconforter.» Son humanité Était Ébranlée. Il ne pouvait pas passer par-dessus. La souffrance fait partie de notre condition humaine. Jésus, n’en Était pas exempt. Toutefois, devant l’atrocité de ce qu’il pressentait et de la souffrance que cela allait entraîner, il a lui aussi prié son Père pour qu’il enlève ce «calice» insupportable pour son humanité fragile. Tout mais pas cela, ça dépasse mes capacités, mes forces retire ce «calice» de ma vie. C’est trop difficile à  vivre pour mon humanité!

Le Père, nous dit-on, a envoyé son Fils Jésus pour nous montrer comment vivre notre humanité. Sa mission première cependant n’Était pas d’enlever la misère et la souffrance humaine qu’elle engendre, quoiqu’il fût très sensible face à celle-ci, sa principale mission Était surtout celle de nous apprendre comment vivre celle-ci. Il est venu nous indiquer de quel lieu de nous nous devons apprendre à vivre les Évènements. Se pourrait-il que nous nous trompions sur Dieu ? Se pourrait-il que nous lui prêtions des «pouvoirs» qu’Il ne possède pas ? À quel «dieu» adressons-nous nos demandes ? Qui d’entre nous, lorsque la misère humaine est trop lourde, n’a pas espéré une intervention divine qui solutionnerait miraculeusement ses difficultés et les inquiétudes qui s’en suivent, pour ne pas dire parfois les angoisses qui s’y rattachent. À Gethsémani, Jésus lui-même, dans son humanité angoissée, a invoqué son Père devant la lourdeur du «calice» qu’il avait à  boire. Mais la toute-puissance de Dieu n’est pas de cet ordre-là. C’est seulement en s’enfonçant en lui que Jésus a pu traverser l’Épaisseur de son humanité pour recevoir de son Père la force qui lui permettrait de tout vivre sans rien exclure. Dieu n’est pas venu «soustraire» mais «remplir». Il n’est pas le Dieu de la «soustraction» mais de «l’addition». Sa volonté première c’est de nous DONNER L’ÉVIDENCE DE SA PRÉSENCE BIENVEILLANTE ET VIVIFIANTE à  nos côtés en toutes circonstances. Il nous invite à tout vivre avec Lui, en Lui, par Lui. C’est le Dieu de l’alliance qui désire tout partager avec nous. Comme nous le rappelle si bien le chant thème du carême : Il est le Dieu présent qui désire marcher avec nous notre route humaine, faite de joies et de souffrances. Dieu tu es notre espérance sur les chemins de la foi!

J’aimerais en cette fin de réflexion vous partager la Parole de consolation que son Esprit a déposée en moi peu de temps après avoir reçu la nouvelle de l’incendie au Rocher.

Et maintenant, ainsi parle Yahvé, celui qui t’a créé, Jacob, qui t’a modelé, Israël. Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. Car je suis moi Yahvé ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur! Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime!

Note : Je tiens à informer que Rose se porte très bien, à mon grand soulagement et au soulagement de tous ceux qui la connaissent. Elle est présentement en «maison d’accueil» (Hi!Hi!Hi!) chez Marie, sa sœur et Lucie une amie faisant partie de l’AND.

Judith Vézina, Rocher Spirituel

Publié dans Mars 2009