Une richesse méconnue

Une richesse méconnue

Nous sous-estimons la richesse du silence, ce remède mis gratuitement à  notre disposition, peut-Être parce que cette solution à  notre mal d’Être, dont nous souffrons sans que nous en soyons conscients, nous apparaît trop simple pour que nous lui accordions un véritable intérêt. Se pourrait-il que notre souffrance provienne de notre difficulté à  faire silence ? Il nous faudra reconnaître un jour, à  la lumière de ‘Esprit, que sous notre effervescente activité se dissimulent souvent à  notre insu des motivations inconscientes. Le trop nous empêche de faire la clarté en nous-mêmes et de voir l‘essentiel qui nous habite. L‘agitation peut en arriver à  nous faire perdre le contact avec ce qu’il y a de meilleur en nous.

Le trop de tout a pour effet de saccager notre bien-Être. Il assèche notre humanité en nous projetant hors de nous-mêmes. L’extériorisation n’a pas le pouvoir de combler nos véritables aspirations. Elle ne peut que nous apporter des déceptions qui ne feront qu’augmenter notre tourment intérieur.

Dieu ne nous a pas créés pour le malheur mais pour le bonheur. On se demande ce qui nous manque pour avoir accès à  ce bonheur promis. La véritable question à  se poser ne serait-elle pas plutôt ce que nous avons en trop ? Notre trop plein nous empêche de recevoir et surtout de nous recevoir. Nous cherchons dans toutes les directions en nous creusant les méninges pour apaiser nos frustrations. Mais tous ces moyens n’auront que pour effet que d’alimenter notre désolation. Notre vaine agitation et le fruit amer de l‘insatisfaction qu’elle produit, nous fera-t-elle découvrir que nous cherchons dans la mauvaise direction ? Si curieux que cela puisse paraître, la grâce peut parfois se cacher sous la déception qui se manifeste en nous. Puissions-nous la reconnaître et la laisser faire son œuvre en nous, c’est-à-dire celle de nous orienter vers le chemin de l’intériorité qui nous permettra de nous réconcilier avec notre humanité blessée mais surtout vers notre humanité aimée d’un amour inconditionnel qui seul a le pouvoir de satisfaire notre cœur sans lui enlever sa liberté.

Cessons un instant le vacarme extérieur pour nous habiliter à  expérimenter ce silence intérieur, il nous est donné d’entendre dans l‘intimité de notre cœur les confidences que l‘amour nous fait à  chacun/e de nous. Et s’il nous arrive d’entendre trop vacarme à l‘intérieur de nous,  tenons bon dans le silence et invitons Jésus à  venir apaiser notre tempête intérieure.

Judith Vézina

Isabelle Gilbert

Témoignage de Isabelle Gilbert

Le 21 octobre 2009

À notre premier déjeuner témoignage de l’automne 2009, plus d’une trentaine de personnes sont réunies pour entendre le témoignage d’Isabelle Gilbert. Nous souhaitant une bonne célébration eucharistique Rachel attire notre attention sur l’antienne de communion où Jésus nous dit : « tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà  reçu, cela vous sera accordé ».  Monseigneur Couture commente l’Évangile du jour selon Luc : » Soyez prêts, c’est à l’heure où vous ne vous en attendez pas que le Fils de l’homme viendra ». Monseigneur Couture nous invite avec sagesse à faire nôtre cette parole et à nous préparer dès aujourd’hui et à tous les jours.

Simone nous présente Isabelle Gilbert notre témoin d’aujourd’hui, initiatrice et fondatrice du projet de la chapelle d’adoration perpétuelle à l’Église Ste-Thérèse d’Arvida. Comme le dit Simone : « Isabelle une femme de passion qui a une confiance sans borne en l’Esprit Saint qui œuvre inlassablement en chacun (e) de nous et qui est source de changement , de force et de libération. Isabelle a faim et soif de l’amour de Dieu présent dans l’Eucharistie. Elle travaille en partenariat avec le Seigneur qui est sa vie, son souffle, sa source. À l’appel reçu de fonder une chapelle d’adoration elle a su dire  oui, un oui  d’engagement. »

Isabelle nous dit qu’elle a toujours cherché Dieu dans sa vie. C’Était au début une aspiration, une recherche intellectuelle où  elle se posait toutes sortes de questions existentielles, différent de celui qu’elle connaît maintenant. Durant trente-trois ans de sa vie, il lui  manquait quelque chose, plutôt quelqu’un d’essentiel. Isabelle cherchait Dieu en s’abreuvant dans les idéologies du nouvel Âge, reiki, médiumnité idéologies là  où, dit-elle « tu n’es pas  toi, tu es quelque chose qui un jour va devenir dans un grand tout, qui n’a pas de nom,  peut-être un Dieu vague, peut-être une forme d’Énergie »!  Dans ses recherches, elle qui veut savoir qui est Dieu, mais elle se sent toujours  en questionnement et ne se sent pas heureuse.

Un jour Isabelle lit un volume sur la foi : les fins dernières d’une Âme, qui la fait se remettre en question. Puis elle se retrouve à l’Église St-Georges, sans trop savoir  pourquoi et elle a une inspiration qui lui vient à l’esprit : tu aimerais le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton Âme, de tout ton esprit. Elle répond : « Seigneur,  je ne t’aime pas parce que je ne te connais pas. Je ne sais même pas si tu existes! Si tu existes dis-le-moi! S’il faut que je t’aime pour choisir le ciel, il faut que je te connaisse ».

En même temps elle est  par trois fois :’’fais pas Ça, fais-pas Ça, tu vas tout perdre! Mais elle ne part pas toute triste comme le jeune homme riche; la troisième fois, elle ne recule plus parce qu’elle veut savoir, elle veut connaître Dieu.

Elle lit une phrase qui la dérange jour et nuit : le salut n’est pas automatique. On a tous une réponse à donner, un oui ou un non dans la liberté des enfants de Dieu. Le Seigneur nous aime assez pour nous laisser libre. Elle se demande : « moi qu’est-ce que je fais de ma vie? Je suis une personne bien, mais est-ce que je fais du bien? »

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Deux semaines plus tard, Isabelle fut  appelées dans une retraite où elle fait l’expérience de Dieu et de la Vierge Marie très profondément dans son cœur. Le voile s’est déchiré. Elle a eu l’intelligence des Écriture. Elle avait  un autre œil pour regarder, pour Écouter, pour lire et entendre. C’est le Verbe qui vivait dans les Écritures. Elle choisit maintenant les sources où elle s’abreuve.

Isabelle dira avoir changé, le voile s’est déchiré pour elle. La confession fut pour elle une libération extraordinaire comme si Dieu venait remplir les poumons tous rabougris de son Âme. Il lui redonnait d’ouvrir ses ailes, elle avait soif de le connaître. Isabelle est  tombée de son cheval de Damas et sa vie a changé. Avant, Était plutôt rebelle envers l’Église comme toute chose Établie; elle se sentait comme saint Paul qui persécutait l’Église, donc le Christ. Elle se reconnaissait aussi dans ce que dit saint Paul : ils chercheront Dieu dans de nouveaux endroits! Ils se donneront de nouveaux maîtres, ils ont envie de nouveauté.

Depuis 1992, elle dit que tous ces grands défauts de caractère, d’orgueil, d’impétuosité, le Seigneur a permis qu’ils prennent leur place. Le Seigneur a fait d’elle une personne plus douce, plus patiente! Les employés d’Isabelle qui fut vingt-cinq ans propriétaire d’une boutique de produits naturels lui disaient qu’elle n’Était  plus pareille. Elle passe de la loi à l’amour. Elle se demande : comment  peut-on aimer Jésus si on n’aime pas l’Église? Elle découvre que les défauts de l’Église ne lui appartiennent pas et elle devient en amour avec l’Église.

Isabelle désirait aller au ciel et y amener tout le monde; elle désirait devenir une sainte comme sainte Thérèse, son amie qu’elle voulait imiter en faisant beaucoup d’efforts pour faire comme elle! Ces efforts finirent par être décourageants. Elle voit maintenant qu’on peut désirer devenir une  sainte, mais la sainteté c’est d’Avord de faire la volonté de Dieu. Elle mentionne qu’on peut faire le bien toute notre vie, mais le mieux c’est de faire ce que  Dieu veut.

Isabelle donne cette image : le Seigneur dans son grand plan divin a mis comme une grande fresque. On est  comme un petit morceau de casse-tête. Le Seigneur a une place pour chacun de nous. L’important c’est d’aspirer à faire sa volonté. Elle donne encore l’exemple que chacun on est un outil qui permet de construire une maison. Je peux penser travailler pour le Seigneur et y aller selon mes plans mais je peux plus nuire qu’aider si je reste dans mon orgueil et dans ma tête. C’est le Seigneur qui est le maître d’œuvre et si  même je ne pose qu’un morceau, ce sera le bon et avec le Seigneur, l’œuvre tiendra bon.

Isabelle  demande au Seigneur : As-tu une mission pour moi ? L’idée de la chapelle d’adoration lui vient après une retraite de sept jours à Baie-Comeau chez les sœurs Myriam. Elle présente un projet à l’équipe pastorale qui appuie  le projet. N’ayant aucun sous pour le réaliser, c’est le Seigneur qui a permis de faire la chapelle qui est  toute petite, chaleureuse. Elle dit : « la nuit on dirait qu’on est dans un bain d’amour. Le Seigneur sait compter, il nous a aidés pour trouver un menuisier, pour les bancs, pour que des gens viennent prier la nuit! Et la liste est encore longue. C’Était, dit-elle, comme si on montait un escalier. À chaque fois qu’on montait, il y avait une lumière qui s’allumait, tout se faisait dans la foi. »

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Le pape Pie X, le pape de l’eucharistie disait : « un prêtre qui ne met pas de limite pour l’adoration eucharistique, le Seigneur ne mettra pas de limite aux grâces données à cette paroisse, au diocèse et au monde entier ». Des prêtres et des Évêques ayant vécu l’expérience des chapelles ont observé qu’avec les chapelles d’adoration, le taux de violence et de suicide diminue que les vocations augmentent. Dans la petite chapelle

Pie X, il y a eu autour de 100,000 heures d’adoration.  Il n’y a jamais eu d’agression physique malgré le fait que la chapelle n’est jamais barrée et  la porte est ouverte à tout venant, à tous ceux qui ont besoin.

Isabelle dit : » Les adorateurs sont comme des sentinelles qui sont dans la ville et  qui regardent le Seigneur face à face; et le Seigneur dans l’eucharistie et dans la chapelle guérit les nations. Quand on s’assoit devant le Seigneur qui est là  avec son fleuve d’eau vive, il passe à travers les cœurs; c’est une audience privée avec le maître qui s’Épanche à travers le cœur  de tous les adorateurs. Qu’on soit cinq ou dix personnes, on  est au nom de tous ».

A la fin du témoignage nos cœurs sont tout chauds!  Françoise remercie chaleureusement  Isabelle en lui mentionnant que dans un long cheminement, elle s’est branchée sur le médecin du cœur qui  criait au dedans d’elle; elle la remercie d’avoir favorisé par la petite chapelle d’adoration des zones de silence permettant l’irradiation de Jésus-Christ  dans nos cœurs; par son témoignage, elle a permis à l’Esprit-Saint de nous rejoindre au plus profond de notre cœur.

Rachel Duplain