Monsieur Lucien Boivin

Monsieur Lucien Boivin

Lucien_boivin

Célébrant : Mgr Jean-Guy Couture

Comment décrire cette joie toujours neuve, légère, autre, que nous revivons chaque matin de rencontre RSIP? Elle ne peut qu’Être le signe tangible d’une fraternité qui  descend jusqu’à sa Source, dans la beauté intérieure des Êtres, au lieu de la présence qui rassemble et unifie, celle de Dieu. Et c’est bien parce qu’elles sont portées par cette fraternité qu’en ce petit matin plutôt froid  de milieu d’automne, 41 personnes se retrouvent au Montagnais, pour célébrer  la Parole du Maître et celle de Lucien,   disciple de nos temps modernes.

Aujourd’hui, la liturgie nous sert la parabole des talents qui, nous dit Rachel dans son mot de bienvenue, nous prépare fort bien au témoignage qui suivra. Jésus est en marche vers Jérusalem; il est vers la fin de sa vie publique nous explique notre célébrant, et encore beaucoup de ceux qui le suivent pensent qu’il instaurera un royaume terrestre. Leur mentalité est encore celle de la première Alliance; mais c’est une tout autre Affaire que Jésus est venu commencer; et pour cela, il livrera sa vie. La parabole des talents qu’il invente pour ceux qui marchent avec lui ce jour-là, vise à leur faire saisir  comment  entrer dans  cette nouveauté de l’Alliance?  En faisant fructifier les talents reçus, comme de bons serviteurs, se souvenant qu’il leur sera demandé des comptes. Et comme nous le rappelle Benoît XV1,  il faut bien comprendre que « faire fructifier veut dire partager », témoigné  de la Présence avec  la force  de notre individualité unique.

C’est Rémi qui présente le témoin d’aujourd’hui, Lucien Boivin, un ami de toujours. Lucien est venu avec son Épouse Suzanne et plusieurs autres membres de sa famille. C’est un homme qui n’a pas peur des défis.  À ce jour, il en a relevé de nombreux. On dirait qu’il est venu au monde pour animer et entraîner la jeunesse. En effet, il possède une feuille de route impressionnante à cet Égard; il a Été moniteur de jeunes, coordonnateur de plein air, animateur, Éducateur, enseignant, professionnel, directeur d’École pour  décrocheur, directeur adjoint d’École secondaire, adjoint aux sports et plein air et aux communications à l’UQAC et consultant auprès d’organisme communautaires dont la Communauté de Mashteuiatch;  il a travaillé à la Fondation Équinoxe, centre de jour de désintoxication pour les jeunes du primaire et du secondaire et encore ! Que nous faut-il de plus pour nous convaincre de son amour privilégié pour les jeunes? Il a reçu de ceux qui l’ont côtoyé le beau nom de « monsieur bonheur ».

Le témoignage

D’entrée de jeu Lucien affirme qu’il a Été choyé par la vie et qu’il  a le goût de partager son cheminement. Il est né sur la rue Racine à Chicoutimi oû il a vécu avec ses grands-parents. Il se rappelle de sa grand-mère Marie, une dame imposante dit-il, qui l’aimait beaucoup et qui a  marqué ses jeunes années. Pourtant, le jeune Lucien est aussi marqué par la peur, une peur tenace, toujours présente; « La peur est venu frapper à ma porte; la foi est venue l’ouvrir » dit-il en rappelant la parole Évangélique « Je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un ouvre j’entrerai chez lui et j’y ferai ma demeure ».

C’est la grand-mère Marie qui a payé ses Études; mais l’enfant est débrouillard; à seize ans il est déjà autonome financièrement, par toutes sortes de petits moyens : servant de messes, il est le préféré de Mère Marie-Josèphe, le grand argentier de l’Hôpital de Chicoutimi au temps des religieuses; il est responsable des enfants de cœur  de la cathédrale; gérant de discothèques, etc. A travers ces engagements, Lucien découvre son potentiel; il prend conscience que tout ce qu’il touche réussit, ce qui lui donne d’avoir confiance en lui.

Après ses Études il entreprend une longue carrière comme Éducateur, directeur d’École pour décrocheurs et d’École secondaire, de même qu’adjoint au sport et plein air et aux communications institutionnelles de l’UQAC. Il est définitivement entré au service de  la jeunesse.

C’est lors d’une maladie qui l’arrête complètement qu’il « frappe son nœud ». Grâce à un environnement positif et surtout à l’attention de Suzanne, son Épouse,  cette maladie sera l’espace privilégié qui lui permettra de reprendre contact avec Dieu; une grâce de rencontre plus définitive qui influencera le reste de sa vie et  ses engagements futurs. En somme il prend davantage conscience de sa mission, et du sens de sa vie. Il se découvre  « serviteur, débordant d’amour pour son Maître mais aussi pour lui-même; il vient de descendre dans sa propre richesse. Et Lucien repart dans la vie, plus sûr que jamais de ce qu’il a à faire.

L’amour des jeunes, son créneau d’engagement, ne l’a pas quitté;  avec une ardeur renouvelée, il devient travailleur de rue, « messager sur la route » dit-il, serviteur de ceux qui demain, bâtiront l’avenir du monde. Et les gestes d’attention à leur endroit se multiplient. Il rappelle un projet qu’il a instauré  pour les jeunes du Lac Pouce à Laterrière; Le programme porte le nom d’Aigle Noir. Il s’agit de la mise en opération d’un grand terrain de jeux qui, dans sa pleine lancée réunissait 300 jeunes par jour; un immense succès.  Un autre projet : Info-Bus, où l’on prépare les jeunes à l’utilisation de l’ordinateur.

A la question qu’on lui pose : « Qu’est-ce qui vous a amené à Mashteuiatch », il répond que c’est le Centre d’Éducation aux adultes de Roberval. Il y a mis sur pied pour les jeunes décrocheurs autochtones Âgés de 16 à 24 ans, une Maison familiale, où on utilise l’approche Éducative alternance École-travail. Le programme insiste sur la formation humaine, en particulier l’estime de soi, l’attachement à ses racines, l’amour de la vie. On obtient ainsi 95% de réussite; 40% de ces jeunes se dirigeront vers le Cégep. Voilà ce qui peut Être fait avec des « décrocheurs ». Lucien n’aime pas du tout ce mot d’ailleurs; il dit que ces jeunes sont tout simplement en recherche et qu’il faut seulement les aider à trouver.

« La retraite, pas pour moi! » résume bien la carrière de ce témoin. Lucien est un homme Épanoui, heureux, qui vit d’une grande passion : la jeunesse. A quelqu’un qui lui demande s’il croit que la jeunesse d’aujourd’hui est pire que celle d’autrefois, si elle est en perdition, il répond par un fait : à un jeune de 35 ans qu’il a pris sur le pouce il demande : qu’est-ce que tu penses des baby-boomers? Et l’autre de répondre : « Ils ont pavé ma route »!

Lucien est devenu homme d’action de grâces. Je suis reconnaissant dit-il, et plus je donne, plus je reçois. Ce qui pourrait vouloir dire, plus je m’accomplis. Quelle belle recette de Bonheur! « Comme un enfant, tu peux t’abandonner à ton créateur et t’Émerveiller de son amour, dit Rachel en le remerciant. On retrouve en toi un frère, un grand frère, celui qu’on aurait désiré avoir! Merci de nous avoir livré tes racines, une partie de ta vie; merci de nous avoir fait connaître la source et le moteur de ton implication pour animer et bâtir ton milieu ».

On remet à Lucien le cadeau-souvenir de son passage à RSIP. Puis on met fin à la rencontre en annonçant que la prochaine aura lieu le 21 janvier 2009 et que la personne  témoin sera Rose-Marie Côté, du Rocher Spirituel.

Anne-Marie Larouche

22 novembre 2009

RSIP Saguenay

RSIP Saguenay

Rapport de la rencontre du 18 novembre 2009

Une température printanière pour un matin d’automne, voilà  une belle douceur savourée par plus de quarante personnes qui sont au rendez-vous : les habitués et quelques nouveaux visages.

Rachel nous met en route et la célébration est présidée par Mgr Couture. Dans son homélie, il présentera saint Pierre et saint Paul, ces deux grands piliers de l’Église. Pierre a Été le premier des apôtres à  reconnaître Jésus comme le messie attendu qui a les paroles de la vie pour toujours. Sa foi ne pouvait venir que de lui, mais de l’Esprit-Saint et sur cette foi de Pierre que Jésus bâtit son Église, que les forces du mal ne pourront détruire. Cette promesse de Jésus s’est souvent vérifiées à  travers l’histoire de l’Église qui a traversé bien des crises et encore actuellement. Paul a reçu une grande révélation de Jésus dans son cœur de feu, infatigable Évangélisateur a ouvert les premières communautés juives à  l’universalité du salut. Jésus est venu sauver tous les humains, quelle que soit leur nation, leur culture.

Le déjeuner terminé, Michel Cloutier présente le témoin de ce matin, Gérald Linteau, bien connu dans le milieu, comme modérateur de l’unité pastorale de Chicoutimi-Nord et pour ses nombreux engagements particulièrement auprès de la jeunesse.

Gérald, avec aisance et humour, livre ce qui motive sa vie de foi, depuis les origines. Se voyant surtout comme homme d’action, il se dit heureux que l’invitation d’aujourd’hui, l’ait mené à  poser un regard intérieur sur son itinéraire de vie de foi.

D’entrée de jeu, il nous parle de deux «Épines dorsales» qui ont Été le support de sa vie.

Le 1er : Nous appartenons à notre histoire. Les débuts de notre vie vont marquer tout le long de notre parcours.

Issu d’un milieu ouvrier, sur une petite rue, habitaient 90 enfants dont la vie s’entremêlait au quotidien, il développe très jeune une sociabilité et une solidarité à  toute Épreuve. Il met déjà  en Œuvre des projets, comme d’amener à la plage, les jeunes de son quartier. Et c’est toujours la jeunesse, au cours de sa vie, qui lui fera mettre en Œuvre ses meilleures Énergies.

De sa mère, il retient son immense générosité et sa liberté de pensée. De son père, fervent syndicaliste, il hérite de cette capacité à défendre les droits humains, surtout de ceux qui sont sans voix.

La 2iÈme : Ce qui importe, ce n’est pas tant ce que nous faisons, mains ce que nous devenons en le faisant. L’action au quotidien nous permet de développer notre potentiel, en le mettant au service du milieu. C’est là  que nous nous mesurons aux réalités concrètes et Ça devient un grand lieu de croissance.

Il est important de savoir qui tu es, si tu veux demeurer fidèle à toi-même dans les divers groupes que tu fréquentes.

Dès ses premières années d’Étude, au Petit Séminaire et plus tard au Grand Séminaire, il rencontre des témoins de foi solides qui le marqueront. Le Concile qui donne à l’Église, une bonne bouffées d’air frais, le fait respirer et ouvre de vastes horizons : surtout ce salut apporté à tous les humains, cette Bonne Nouvelle de Jésus à découvrir les réalités bien humaines qui tissent nos vies.

Cette Bonne Nouvelle, il l’annoncera, par son action auprès des jeunes à qui il donnera le meilleur de lui-même. Il met sur pied les premières Équipes de JEC dont il est l’animateur spirituel. Il donne une vie nouvelle au Lac Pouce, ce lieu qui accueille chaque Été, un grand nombre de jeunes qui viennent se divertir et fonder leur vie sur des valeurs Évangéliques.

L’Action catholique auprès des jeunes est la grande «affaire» de sa vie. La pédagogie de l’A.C. fondée sur le VOIR-JUGER-AGIR, permet une action organisée et révisée à la lumière de l’Évangile. L’A.C. se propose d’Évangéliser, non pas par l’annonce directe, mais en faisant découvrir les semences d’Évangile répandues à travers les réalités créées.

Pour lui, ce qui fait la force de l’A.C., c’est son parti-pris pour l’espérance. Oui, le monde est appelé à s’accomplir, à réussir, parce que c’est Dieu qui l’a créé et c’est toujours son Esprit qui le mène à son accomplissement, même si nous n’en connaissons ni le jour, ni l’heure. La vie aura toujours le dernier mot sur la mort, l’amour sur la haine. Dieu ne cesse de nous interpeller à travers les cris de ce monde.

Gérald nous livre, en terminant, les paroles de Jésus qui le font vivre : «J’avais faim, tu m’as donné à manger» et tout le reste. La parabole du bon Samaritain. La femme qui remue toute la maison pour trouver un trésor. Le pasteur qui laisse là  les 99 brebis pour aller chercher celle qui est perdue. Le fils prodigue. Je suis venu pour que tous aient la vie et l’aient en abondance.

La rencontre se termine sur une question d’un participant : «Comment rejoindre les jeunes, aujourd’hui ? « Une question que Gérald se pose constamment, comme pasteur.

Dans son unité pastorale, on regarde de près la situation pour reconnaître qu’il faut être plus proches des familles et trouver d’autres proposition que la messe dominicale pour réapprendre à marcher ensemble dans la foie et l’espérance.

Rémi remercie cordialement notre témoin et fait pour lui, cette prière :

Seigneur!

Je te demande de bénir l’abbé Gérald, de lui accorder toutes les grâces nécessaires dans l’exercice de son ministère en paroisse et au sein des mouvements d’Action Catholique.

Dans ces défis d’Évangélisation et de transmission de la foi auprès de nos jeunes, auxquels nous sommes confrontés comme chrétiens, donne Seigneur, ton esprit de discernement, de sagesse et d’unité aux jeunes, aux adultes que nous sommes, à notre Église et au monde entier.