Lyne Tremblay

Témoignage de Lyne Tremblay

le 21 janvier 2010

Rachel souhaite une bonne célébration à  tous. Ce matin, dit-elle nous confions Lyne, notre témoin, au Seigneur, qui est notre Rocher, qui est Celui qui nous libère, qui guérit son peuple de toutes maladies.

Présentation

Simone présente notre témoin Mme Lyne Tremblay. Lyne est directrice générale du Centre de l’Écoute, un organisme régional dont la mission est d’apporter un soutien aux familles dysfonctionnelles et aux personnes vivant ou ayant vécu dans l’environnement d’un alcoolique et/ou toxicomane. Munie d’une formation en toxicomanie dispensée par l’Université de Sherbrooke, Lyne intervient en ce domaine depuis 25 ans et depuis 10 ans, elle organise des sessions de fin de semaine intensive impliquant un programme sur la dépendance affective.

Sa proximité avec les pauvres, les démunis, la rapproche de l’amour du Christ la consolide au plan de sa foi. Lyne est une femme engagée qui s’accomplit en étant au service des besoins présents dans sa communauté. Elle y met ses compétences son expérience et sa clairvoyance pour que celles et ceux qu’elle accompagne deviennent à coup sûr des Êtres debout, plus solide spirituellement et des bénédictions pour le reste de la société.

Le témoignage

Lyne débute son témoignage en référent  à deux paroles qui lui tiennent particulièrement à cœur et qui se disent ainsi : «Tu me tissais dans le ventre de ma mère, quand j’Étais encore informe, tu me voyais dans ton livre, tu avais noté toutes les journées que tu prévoyais pour moi, sans qu’aucune d’elles ait Été pourtant commencée.

                                                                                        Ps  139, 13 -16.

«La spiritualité est un achèvement du soi pour m’ouvrir au soi de l’autre l’Égo n’a plus sa place l’Échange de la paix, ce matin, nous dit Lyne, m’est venue la prière suivante : «Seigneur Jésus, je te demande pardon d’Être si humaine.  Donne-moi Seigneur les mots qu’il faut pour toucher le cœur des gens et ce que tu veux que je partage, toi qui me prouve toujours ta présence».

Aujourd’hui,  elle veut témoigner de l’amour pour son père malgré toutes les souffrances, les traumatismes et le stress qu’elle a dû subir pendant son enfance.

Elle se dit confiante puisse qu’elle témoigne devant un groupe hors de tout jugement!

Aînée d’une famille de 4 enfants, Lyne vit dans un milieu très dysfonctionnel en raison du haut degré d’alcoolisme de son père qui de plus est atteint de maladie mentale. Il est un parent très violent auprès de ses enfants et de sa conjointe, il menace même de les tuer. Dans un tel climat familial, Lyne souffre de multiples peurs qui ne font que s’accroître au cours des ans en raison des tous les drames vécus dans ce milieu défavorable. Un simple bruit lui fait grossir ses peurs et pense que sa mère va  Être tué par son père en État d’Ébriété. Elle est craintive et souvent troublée par tout ce qui se passe au sein de cette famille.  À cela s’ajoute la protection pour  sa mère et pour des autres enfants de la famille !quelles responsabilités pour une petite de 8 ans !

Son père bien malgré lui fait faire un « doctorat en psychologie « tant ses blessures d’enfance sont nombreuses et envahissantes, ce qui l’oblige à consulter très tôt pour mieux comprendre  ce qui est source de son malaise intérieur.

Mariée, elle est confrontée au divorce après 13 années de vie commune parce qu’elle a choisi un mari lui aussi alcoolique, ce qui l’empêche de se réaliser pleinement car elle est encore toujours assujettie à une relation qui la détruit.

C’est à Noel 1991, après un appel téléphonique de sa mère, qu’elle demande au Seigneur d’Être unie à sa famille et pense que quelqu’un devrait faire quelque chose pour les familles d’alcooliques.   Après avoir médité sur Catherine de St-Augustin un pressentiment se dégage clairement, elle se sent appelée à vivre une telle mission. Elle suit donc Jésus au cœur des souffrances des personnes mises sur son chemin. Lyne devient intervenante dans un organisme qu’elle fonde et qui s’appelle le «Centre de l’Écoute»  qui intervient auprès des familles dysfonctionnelles. Dans ce travail, elle veut Être reconnue par Dieu et non par les humains. Ste – Catherine reste donc son roc dans tous ces autres projets.

Aujourd’hui, elle aimerait un refuge qui serait une chapelle d’adoration pour guérir de la maladie de l’Âme. Par l’Écoute  du chant intitulé : «L’enfant prodigue» elle désire nous faire comprendre ce qu’est la maladie de l’Âme.  Cet enfant qui avait le mal de vivre  s’est lancé dans toutes espèces de dépendances, il va jusqu’ à frôler la mort. Un jour, il se lève et décide de retourner vers son père. Il choisit la vie.

Ce père-là, pour Lyne et pour toutes les personnes qu’elle aide, c’est ce Dieu en qui elle met toute sa foi, sa confiance, son espérance.

Elle nous répète que l’amour d’une seule personne pour un alcoolique et avec l’aide de Dieu peut sauver ce blessé de la vie, ce mal-aimé. Jésus vient guérir la personne humaine qui a atteint le bas-fond. Priez et espérez  et il n’est pas question de vous sentir coupable, tout cela ne sert à rien. Dieu présent au cœur de chaque personne accueille et guérit de façon inconditionnelle.

A qui lui demande ce qu’elle pense des jeunes de notre génération, Lyne répond que son cœur est plein d’espérance envers la jeunesse. Avec l’aide de Catherine de St-Augustin qui est femme de discernement, tous les espoirs sont permis.

Suzanne témoigne du cas de sa fille toxicomane et de sa réhabilitation.

Remerciement!

Rachel remercie notre témoin : « Merci à Lyne qui à travers son témoignage nous révèle les miracles du Seigneur en faveur de ses enfants. Merci à Lyne qui a su prendre comme guides le Seigneur et Catherine de St-Augustin et qui, contre vents et marées est une femme d’espérance .Elle nous a fait voir qu’en Lui il n’y a rien de perdu, qu’avec Lui, c’est une renaissance.

Les membres de RSIP présents à ce témoignage sont touchés droit au cœur par les propos et la présence chaleureuse de Lyne.

Simone Arseneault

2010-01-21

Lise Corriveau

Témoignage de Lise Corriveau

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Le mardi, 19 janvier 2011

Si je voulais résumer ma vie en une phrase, je dirais : « Portée par l’Esprit » C’est là le thème du témoignage de Mme Lise .

«C’est au sein d’une famille catholique que j’ai vu le jour»  nous dit Lise. Elle est la 4e  d’une famille de six enfants. Dès son enfance, elle est impliquée à l’école dans les activités religieuses du temps et c’est ainsi qu’elle est croisillon et ensuite croisée. La « Croisade Eucharistique » devient sa première école spirituelle où elle développe le goût de l’Eucharistie et aussi la dévotion mariale. Avec son père, elle fait l’apprentissage du bénévolat. Il l’initie au chant avec ses trois frères. Il anime bénévolement des soirées récréatives avec ses enfants.

Lise rêve d’enseigner car elle aime beaucoup l’école, l’apprentissage, le milieu et même l’odeur d’une classe.

Mais l’année de ses seize ans un choc arrive dans sa vie autant physique, mentale, que spirituelle. Le 19  juin 1965  la mort passe dans sa vie; son père d’abord et sa tante préférée 5 jours plus tard. Elle est brisée de peine, d’incertitude, de colère et d’incompréhension. Sa mère reste veuve à 52 ans avec 6 enfants. Une tante lui dit avec autorité d’être forte et d’aider sa mère dans l’épreuve. Lise s’oublie,  semble  une adolescente forte mais combien fragile au-dedans. Elle en veut à Dieu de lui avoir enlevé son père, elle a le goût de mourir. Son rêve de poursuivre ses études est anéanti car elle doit s’occuper de sa mère qui est contrainte au fauteuil roulant. Sa maman lui offre de retourner à l’école car un cours commercial spécial s’ouvre au CEGEP. Lise est aux anges !

Elle rencontre l’amour mais dans son esprit raisonneur elle le quitte car pense-t-elle :« Dieu à d’autre vue sur moi.»

Elle rencontre par la suite un homme de 7 ans son aîné qui est bon, aimant, stable et équilibré avec qui elle décide de fonder une famille. C’est ainsi qu’en aoôt 1969 elle épouse Jean-Luc. Elle devient enceinte d’un premier enfant qu’elle perdra après 5 mois de gestation. Cette expérience ravive la douleur de la perte de son père. Elle devient ensuite enceinte d’une première fille. Lise est très heureuse mais se rend vite compte que ça ne comble pas son vide intérieur. Annie n’a que 8 mois quand sa mère lui demande d’aller vivre avec elle et ses 2 soeurs  adolescentes. Cette nouvelle famille reconstituée, comme elle la nomme, partagera désormais la maison maternelle.

Enceinte à nouveau en 1972, elle suit des cours de croissance personnelle qui l’aideront à développer une meilleure image d’elle-même. C’est en mai 1973 que la petite Estelle vient au monde.  A la même époque son frère Jacques vit une expérience spirituelle lors d’une retraite charismatique. Il en sort exalté, plein de feu et va

témoigner de son vécu à sa mère. Celle-ci dit : « Y-a perdu la tête! Mais non il a reçu l’Esprit-Saint et il invite Lise à une autre retraite. Lise a une grande soif de Dieu et désire recevoir des charismes tels, le don des langues et la prophétie.

Lors du 1er  congrès du Renouveau Eucharistique vécu à Montréal elle reçoit le don des langues. En octobre de la même année Mgr Paré donne une journée de ressourcement au grand séminaire et commence la journée par une heure de prières personnelles. Lise se sent déconcertée car elle n’avait jamais prié une heure toute seule. Inspirée et bien branchée au niveau de son coeur elle écrit 4 poèmes empreints de ce qui monte en elle. Cette expérience lui donne le goût de l’Eucharistie et du Pardon. Lors d’une autre fin de semaine de ressourcement l’abbé Fernand Laroche l’invite à lui montrer ses écrits et lui déclare qu’elle vient de recevoir son deuxième don.

Une petite cellule d’initiation se forme avec son conjoint, sa mère et 3 couples. Aussi pendant une vingtaine d’années elle participera au mouvement Rencontre où il y a lecture de l’évangile et partage sur ce que leur inspire l’Esprit. En 1975 un autre temps fort de visite spirituelle pour Lise. En paroisse, on annonce une retraite de silence à Drummonville et y assistera. Elle les continuera toujours car elles sont nécessaires pour garder et vivifier sa foi. En 1980, elle organise une toute première retraite à Val Racine où 83 personnes y sont inscrites, signe de la soif des gens pour Dieu. Elle s’implique aussi en paroisse, au CPP, au Comité liturgique et auprès  des enfants. Avec M. Rock Laroche et la Chorale St-Jacques et met en scène « Les jeux de la Nativité »

Radio-Canada viendra enregistrer une émission  diffusée sur les ondes radiophoniques. Avec le début de l’initiation sacramentelle et poussée par l’Esprit elle frappe aux portes pour trouver des gens capable de s’impliquer à ce niveau. Puis vient ensuite le regroupement des paroisses et une nouvelle unité paroissiale qui devient difficile à vivre pour les gens.

A cette époque elle est approchée pour suivre un cours en théologie. D’abord un certificat d’animation chrétienne et par la suite elle s’inscrit au Bac en théologie où elle aime particulièrement les cours bibliques.

Elle est alors approchée pour participer à l’équipe diocésaine du Renouveau. Elle et son frère Jacques deviendront adjoints au Répondant, et nommé par Mgr. Jean-Guy Couture avec qui elle se souvient avoir passé de beaux moments forts au Congrès les grands feux de l’Esprit.

En 1998 la mort de sa mère est au rendez-vous,encore une grande peine, mais aussi un autre appel pour elle et Jacques : suivre une formation pour accompagner aux agapè-thérapies à Roberval. Elle suivra d’abord cette thérapie avec la méthode appropriée avant de devenir accompagnatrice. Comme la demande est grande elle se souvient d’avoir accompagné une dizaine de fois une certaine année. Elle accepte d’animer des fins de semaines de ressourcement avec Jacques en s’occupant du ministère chants et prières. Elle s’implique pour un an seulement au Conseil canadien du Renouveau Charismatique. Après discernement elle pars avec Jacques en tournée évangélique qui la conduira en Ontario, Nouveau-Brunswick, Iles de la Madeleine, Rouyn-Noranda etc. Elle dit vivre à la manière des premiers chrétiens et ces moments sont forts et riches de la manifestation des largesses et des bontés du Père des Miséricordes.

Lise continue sa mission à travers le bénévolat d’accompagnatrice en Agapè-thérapie à Lac- Bouchette et chez les Servantes du St-Sacrement devenu Centre de ressourcement. En 2008, en remplacement de Sr. Denise Gauthier, elle prend la responsabilité du Centre Eucharistique, entourée d’une équipe de base de 5 personnes. Mme Louiselle Villeneuve partage l’animation des rencontres et c’est en solidarité d’équipe que Lise trouve sa force d’action. À ce jour, plus d’une centaine de personnes ont vécu cette expérience de guérison de la conception à l’âge adulte.

«C’est désormais en ce lieu baigné de prières, de la présence des religieuses, forte aussi de l’appui de mon groupe de prières que je témoigne des merveilles de tendresse et d’amour du Père prodigue pour ses enfants» nous dira-t-elle. En décembre dernier elle a remis son bâton de bergère à un membre formidable de son équipe de soutien,  M. Jean Boulet. Elle poursuit toujours sa formation personnelle et son cheminement intérieur.

Elle terminera son témoignage en disant : « Suivre les appels du souffle Saint, portée par l’Esprit, à l’ombre de l’Esprit, je vis des merveilles et j’en suis témoin. Il me soutient, et je n’ai aucune crainte car il marche devant moi, il défend ma cause car il m’aime. Il parle, je tends l’oreille attentive à sa voix. Il me console, me guide et me rassure.»

«De la croisade Eucharistique, il m’a conduit au Centre Eucharistique, je lui offre ma vie chaque jour.»

Par : Simone Arseneault