Lise et Yvon Brousseau

Rencontre Silence Intérieur et Prière

Témoignage-Saguenay

Lise et Yvon Brousseau,

Un couple engagé

En ce mercredi des cendres,  premier jour du carême, quarante-cinq personnes se sont déplacées pour venir au déjeuner rencontre. Lors de la célébration eucharistique, Mgr Couture  dans l’homélie  parle qu’il y a l’aumône et le jeûne dans le carême,  mais il souligne que c’est la prière qui vient en premier parce que c’est elle qui nous rapproche le plus du Seigneur. Faire carême, c’est prendre un temps de silence pour favoriser la prière qui nous met en présence de Dieu. Notre prière peut Être charité fraternelle en ne se détournant pas de son frère et notre  jeûne peut Être de faire silence pour atteindre une prière de qualité. Il nous parle de la justice de Dieu qui est une justice de gratuité en nous donnant tout son amour.

Julien nous présente nos témoins, comme Étant un tandem olympien, ayant eu un entraînement spécial par l’Esprit Saint, mis en marche par le Christ. : Lise Dumont et Yvon Brousseau. Ce couple vient faire son témoignage à la veille d’avoir leur troisième petit-fils, enfant de leur fils unique Martin et de Christine, dont Yvon a béni le mariage

Lise provient d’une famille très aimante de quatre enfants, la prière prend une place  importante dans leur vie. Elle eut une enfance et une adolescence très heureuses. Elle développa beaucoup son goût de la lecture, les conséquences de la poliomyélite l’empêchant de faire les mêmes activités que les autres. Elle s’impliqua dans le comité de liturgie de sa paroisse, ayant suivi une formation dans le domaine de la liturgie.

Avant de faire des démarches en médecine, elle fit un essai de vie religieuse voulant vérifier ce qu’elle ressentait comme un appel, au Monastère des Augustines. Dans les quatre mois de convalescence à la suite d’une chirurgie majeure nécessitant le port d’un plâtre, elle développe son goût pour la méditation, pour la lecture quotidienne de la Bible. Nous pourrions dire qu’elle fait carême comme  Mgr Couture le mentionnait dans l’homélie. Après neuf années, avant ses vœux perpétuels, on discerne  qu’elle doit retourner dans le «  monde » pour faire le bien,  c’est là que le Seigneur l’attend. Lise décrit cette Étape comme Étant une rude Épreuve pour sa foi.  La bougie d’allumage qui ravive sa foi est un passage d’Isaac au ch. 43: «  Ne craint pas je t’a appelée par ton nom, tu es à moi, tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».Elle ne regretta jamais les années vécues à la communauté, décrit-elle,  elle a développé une foi en un Dieu Père, une espérance en une vie Éternelle et une charité auprès d’un prochain qu’elle ne choisit pas et qui est le visage du Christ. Ces valeurs, qu’elle porte en elle, elle vise les transmettre à ceux qu’elle côtoie, entre autre dans le travail  d’infirmière qu’elle pratique une trentaine d’années, c’est de « donner au suivant ». Tel que son père leur disait souvent : «  quand on reçoit beaucoup, il faut Être généreux et remette la pareille à ceux qui nous entourent ».

Puis elle rencontre Yvon, son conjoint depuis trente-sept ans. Ils ont un fils unique, Martin. C’est le bonheur! N’ayant pas la même vision de la foi que Yvon, Lise, dans une attitude de respect dans tout ce qu’il vivait,  prie pour que sa foi se réveille et qu’il comprenne qu’il avait lui aussi « du prix aux yeux de Dieu le Père et que ce Père l’aimait ». Elle eut le bonheur de voir ses prières exaucées.

Elle accompagne Yvon dans sa formation en vue du Diaconat, prenant tous les cours universitaires, présente aux journées de formation diaconale engagée en Église et pouvant vivre  dans l’abandon et l’acceptation cette situation d’avoir un statut de simple laïque. Pour elle, l’important est de répondre à sa vocation dans l’Église, Être là où l’on doit Être. Elle dira agir comme «  ange gardien » en conseillant son zélé de mari. Elle s’est impliquée dans le diaconat au niveau diocésain et provincial; elle a le même mandat que Yvon et peut se prononcer, faire le lien. Petit à petit, le provincial en viendra à adopter l’ouverture démontrée par le diocésain.

Son implication se fait maintenant au Pavillon Augustinien auprès d’itinérants en réinsertion sociale, milieu où elle sait se faire accepter sans s’imposer, attendant qu’ils leur parlent de Dieu et de l’Église. Elle se sent en confiance avec eux, reconnaissant à travers eux,  les multiples visages du Christ.

Yvon, diacre permanent depuis bientôt vingt ans est retraité du domaine du génie civil, ayant travaillé à la ville de Chicoutimi six (6) ans et comme directeur chez Bell vingt-cinq ans. Il est le deuxième d’une famille de  sept gars et une  fille. Il connut une enfance difficile oû il a développé de la méfiance envers son père, un homme sévère vivant des problèmes de dépendance à l’alcool. Il prend souvent la défense de sa famille envers son père et à l’École il défend les faible et les exclus, souvent à son détriment; peut-Être dit-il, il voulait se substituer à Dieu qui selon lui  ne voyait rien. Sa confiance en lui est à rebâtir de même que sa confiance en Dieu, qui lui inspire plutôt de la  méfiance.

Toutefois, comme dit Yvon,  la confiance Ça se construit. Il a la chance de  côtoyer des adultes signifiants ayant confiance en lui, en particulier les pères Lalonde et Beaulieu de Val Racine. Un jour son père lui demande de venir rencontrer le père Beaulieu  avec lui; sa dépendance à l’alcool put Être vaincue et la  vie de la famille change.

Son père meurt de façon prématurée à l’Âge de 45 ans; une grande pauvreté s’en suit pour la famille. Yvon se sentant traité injustement par Dieu se révolte contre la religion. De plus, sa confiance en sa mère fut Ébranlée suite à une décision injuste à son avis qu’elle prit envers son frère, de lui donner la voiture familiale qu’il avait payée.

Après avoir fréquenté et laissé tomber plusieurs filles parce qu’il n’avait pas confiance en lui et qu’il craignait d’Être trahi, Yvon rencontre Lise, la sœur de son copain avec qui il avait fait les 400 coups au Régiment. C’est le coup de foudre pour cette jolie petite brunette qui comme par hasard est libre depuis dix ans. Après neuf mois de fréquentations, ils se sont marié et il  a pu  rencontrer une belle famille ayant une foi vivante qui lui ont fait  découvrir un Dieu d’amour qui ne faisait pas mourir mais vivre;  petit à petit, il prend contact avec Jésus et développe sa confiance en un Père aimant en la personne de son beau-père et de sa belle-mère. Ces deux-là s’aimaient, dit-il, Ça se voyait et Ça se sentait et ils aimaient leurs enfants.

Son beau-père les invite à un ressourcement de foi et l`il a rencontré Jésus; c’est une conversion totale. Jésus est devenu sa priorité, il découvre que l’on peut avoir la foi en Dieu parce que Dieu n’est pas responsable des malheurs qui nous arrivent mais qu’il nous accompagne et nous supporte pour passer à travers.

Petit à petit avec Lise son Épouse, ils s’impliquent en paroisse et un jour il ressentit un appel particulier, celui du diaconat. Sa vie a bousculé au point que ses amis qui l’avaient connu au moment de sa révolte ne comprennent pas ce qui lui arrive. Yvon voyait Dieu avec un autre visage. Il l’a accueilli, il a crié son désarroi, ses limites. Il voit les réalisations de Dieu pour lui grâce à la prière.

Yvon dit comment il faut prendre soin de sa foi, la nourrir. Le fait de rencontrer des gens partageant sa foi est aidant. Au Carrillo, il se sent en famille, il apprend à faire confiance; les sacrements l’aident aussi à nourrir sa vie et sa foi. Avant d’Étudier au diaconat, il  s’inscrit à une formation universitaire où il réussit tout son cours. Il en ressent une joie profonde et il développe un soif de savoir. Il monte  en lui le désir de servir. Il se pose la question : est-ce que je veux me faire ordonner pour moi, me satisfaire ou pour servir? La paroisse accepte sa demande au diaconat. Il dira Être une preuve vivante qu’il ne faut pas désespérer, la foi peut se raviver.

Dans son engagement auprès des sans-abris il voit le Christ vivant. Personne, dit-il avec conviction, ne descend si bas que Jésus ne peut le relever, peu importe ce qu’ils ont fait.  Jésus est patient, il ne s’impose pas, il propose. Je peux avec ma foi, espérer devant l’impossible parce  que Jésus m’accompagne et j’accepte ne  pas tout comprendre.

En terminant, FranÇoyse remercie Lise et Yvon, qu’elle décrit comme couple de vérité, d’accueil inconditionnel, de sensibilité divine, d’amour infini correspondant à un potentiel d’être. Elle souligne leur humilité, leur empathie et leur compassion de don et demande au Seigneur de permettre que nous de côtoyons encore longtemps des personnes telles Lise et Yvon.

Par Rachel Duplain

La maladie

La maladie frappe sans crier garde. Personne n’est à l’abri. On se souhaite la santé en début d’année car on sait comment elle est nécessaire et précieuse à notre qualité de vie. Mais, de par notre condition humaine, un jour ou l’autre la maladie se présente à  nous sous des formes diverses et nous affecte personnellement ou indirectement.

Dans la première lecture de la célébration dominicale, Job se tourne vers Dieu pour lui manifester sa plainte. Sa souffrance morale est insupportable. Il ne peut plus retenir ce qu’il a sur le cœur. Il a besoin d’exprimer sa colère, sa frustration, son incompréhension face à tout ce qu’il vit. Tout cela lui apparaît injuste. Pourquoi moi ? Il ne comprend pas. Il a toujours agi correctement. Pourquoi tous ces malheurs lui tombent-ils dessus ? Il sent la révolte qui monte en lui. À quoi ça sert de vivre si c’est pour souffrir autant ?

Ne nous arrive-t-il pas nous aussi de nous sentir comme Job ? C’est à -dire de sentir monter en nous ce questionnement lorsque nous sommes mis en présence de notre fragilité humaine et/ou celle des autres ? Qui d’entre nous n’a pas eu le besoin d’exprimer l’angoisse reliée à  la souffrance physique ou autre, lorsqu’elle nous entraîne dans son univers inconnu et insécurisant ? La plainte, la nôtre et celle des autres, a besoin de trouver des cœurs écoutants et accueillants pour être entendue. Avec Jésus, puisons dans nos forces et notre audace pour oser des paroles et des gestes qui libèrent ceux à  qui nous sommes envoyés. Être comme le Christ, main tendue pour aider l’autre à se relever dans sa misère. Prends ton grabat et marche ! Comme Job, dire la vérité de notre ressenti, nous rend plus attachants. La maladie, la fragilité, la nôtre et celles des autres, ont Étonnamment la faculté de nous rapprocher de notre humanité. Tous ces cris retenus, étouffé et qui lorsque libérés, deviennent en quelque sorte une prière qui résonne dans le cœur de Dieu. Le mystère de la souffrance renferme en lui cette capacité© de nous faire tourner vers l’autre. Job, dont les amis cherchent désespérément à atténuer la peine, ne font que renforcer son état de désolation. L’unique consolation il la puise dans le fait que Dieu écoute sa misère. C’est injuste pourquoi moi ? Et oui, Job a bien raison de crier à l’injustice ! La maladie c’est injuste pour la personne humaine. Et personne ne la désiré et pas plus Dieu. Jésus lors de son passage sur la terre a lutté contre la maladie en guérissant un grand nombre de personnes qui mettaient sa confiance en lui. Toutefois, le message central de Jésus face aux épreuves sous toutes ses formes, c’est de dire à la personne humaine qu’elle n’est pas seule devant l’adversité. Dieu est là  et il désire tout partager avec les humains. Venez à moi, vous qui peinez, vous qui ployez sous le fardeau et moi, je vous soulagerai. (Robert Lebel)

Qui d’entre nous n’a pas de blessures ? Elles peuvent être enfouies au fin fond de notre être. Le Christ, présent auprès de nous, peut nous guérir en profondeur et nous libérer de tout mal. Toutefois, cela nécessite de prendre conscience d’abord de nos affaires». (Prions en église, p.32) Saurons-nous les reconnaitre ?

Judith Vézina, Rocher Spirituel