Diane et Nick Verreault

PARTAGE DE DIANE & NICK

Nick_Diane_verreult

Diane

Bonjour,

Je suis la 4 ième d’une famille de 8 enfants, 5 garçons, 3 filles, et l’aînée des filles. Je suis native de Québec. Mes parents ont été un beau modèle pour moi. Mon père cumulait 2 emplois parfois pour arriver à  joindre les 2 bouts afin que nous ne manquions de rien.

Quant à  ma mère, c’était une femme extraordinaire; elle a gardé son père à la maison durant 20 ans, jusqu’à ce qu’il décède. Mes parents étaient d’une grande générosité; ils étaient toujours prêts à  accueillir les neveux qui venaient de l’extérieur pour travailler à  Québec. Ils ont aussi été famille d’accueil pour les enfants à  caractère difficile dont personne ne voulait. Mes parents m’ont transmis de belles valeurs entre autres, la générosité, l’accueil, l’honnêteté, le sens des responsabilités et la foi. Dès l’âge de 3 ans, mon grand-père maternelle m’amenait à  la grand-messe le dimanche. Après le souper, il fallait réciter la prière en famille. C’était une priorité, les sorties c’étaient après. Il y avait aussi la messe du dimanche et les vêpres qui étaient obligatoires.

J’ai fait mes études chez les religieuses. J’ai donc grandi avec des valeurs chrétiennes très fortes : le mois de Marie, la confession aux 15 jours, la messe du 1er vendredi du mois, et celles durant le carême. Tout ceci a fait que ma foi a grandit au fil des années. A 16 ans je voulais travailler pour aider mes parents et avoir un peu d’argent pour mes dépenses, j’ai donc suivi un cours de secrétariat et j’ai travaillé  jusqu’à  ce que je me marie, car cela faisait partie de mes projets de me marier et d’avoir des enfants.

Donc un certain samedi soir en 1968, à  l’endroit où j’allais danser, j’ai rencontré Nick. Je suis vite tombé amoureuse de lui et après 2 ans de fréquentations, le 9 mai 1970, convaincus d’être faits l’un pour l’autre, nous avons dis oui devant Dieu et la famille. Nous avons eu 2 belles filles Nancy et Vicky, dont nous sommes très fiers. Nous avons fait de notre mieux pour leurs transmettre les valeurs importantes à  nos yeux.

Nick étant militaire, il était appelé à  s’absenter souvent soit pour des cours ou des exercices. Alors je voulais être là  pour nos enfants pour leur offrir une sécurité et une stabilité. Pour moi, l’éducation des enfants c’était l’affaire des parents et j’étais prête à  faire des sacrifices pour y arriver.

J’ai eu la chance d’avoir une mère à  la maison, et surtout j’appréciais sa présence à  mon retour de l’école. Chez nous on était pas riche, mais nous étions heureux, alors j’ai grandi avec la conviction que l’argent c’était secondaire, pourvu qu’on s’aime, qu’on ait un toit, de la nourriture et la santé, cela suffisait.

J’ai réalisé que j’avais pris la bonne décision de demeurer à  la maison lorsqu’en 1975 Nick a été transféré à  Chibougamau. Pour la fille de Québec, déménager à  Chibougamau ce fut un choc culturel. Ce départ fut très difficile pour mes parents, surtout pour ma mère, car pour elle je partais à  l’autre bout du monde. À l’époque, nos filles avaient 1 an et 3 ans. C’était tout un défi pour moi, mais comme on dit :  qui prend mari prend pays.

J’étais loin de ma famille, j’ai dû apprendre à  me débrouiller seule mais heureusement je me suis faite des amies extraordinaires. Et lorsque je m’ennuyais trop, Nick était toujours prêt pour un petit voyage à  Québec. J’ai passé 5 ans à  Chibougamau et je peux dire que ce fut une expérience positive, car cela a  transformé ma vie et celle de mon couple. Cela nous a aussi permis d’avoir une belle vie de famille en faisant plein d’activité avec les filles.

Ce que j’ai oublié de vous dire, c’est qu’après le mariage, j’ai délaissé certaines habitudes, comme ce fut le cas pour la messe. Je me sentais libre, je n’avais plus personne pour m’obliger à y aller. Avec l’arrivée des enfants, j’avais toujours une excuse pour me déculpabiliser, jusqu’au jour, où j’ai reçu la visite du curé, il faisait sa tournée paroissiale, (ils avaient le temps pour le faire dans ces années là ). Donc, on jase et il me dit : (je ne vous ai jamais vu à  la messe)? Je lui réponds : (comment pouvez-vous reconnaître ceux qui y vont?) Il réplique : (Je reconnais les visages et le votre je ne l’ai pas vu). Je lui sers mon excuse, j’ai 2 jeunes enfants : ( à  l’époque 2 ans et 4 ans) elles sont trop jeunes. Encore là , il a  réponse à  tout en disant : on a une partie de l’église spécialement pour les jeunes enfants, c’est vitré, alors ils ne dérangent pas. Je lui dis je vais réfléchir et peut-être que je tenterai l’expérience. Là-dessus, il me répond en souriant : Et bien avertissez-moi quand vous viendrez, comme ça, je ne tomberai pas sur le dos en vous voyant.  Pas besoin de vous dire, qu’il m’avait dérangée intérieurement et je me sentais coupable d’avoir mis ma foi en veilleuse. 

J’ai donc assisté à la messe le dimanche suivant avec Nick et les Filles. Et par la suite les autres dimanches les filles préféraient être assises dans l’église et elles étaient très sages. A ce moment là, je ne voyais pas les signes, mais aujourd’hui en y réfléchissant, je pense que c’est Dieu qui a placé ce curé sur ma route, pour venir me réveiller. Il y a eu un autre événement qui m’a secouée davantage. Cela est arrivé un 23 décembre 1978, nous descendions passer les fêtes à  Québec. Dans le parc de Chibougamau on a eu un accident. Nous avons capoté et nous avons atterri sur le toit dans le fossé. Heureusement il y avait beaucoup de neige, cela a amorti le choc.

Personne n’a été blessé, nous avons été très chanceux. Pour moi cela était plus que de la chance, Dieu veillait sur nous. Nous avons eu du secours rapidement et après avoir fait remorquer et débosseler l’auto au garage, qui dura quelques heures, nous sommes repartis pour Québec. Pas besoin de vous dire que ce Noel a été très différent pour moi et que j’ai remercié Dieu de nous avoir protégés. Suite à cet accident, je me suis dis que j’avais vraiment une mission à remplir ici-bas et je n’ai pas tardé à la découvrir. Car en 1979 Nick et moi avons vécu la FDS de RC. Ce fut une expérience exceptionnelle.

Nick

Pour débuter je vais vous faire part des moments vécus durant  mon enfance. Je suis née à  Rimouski,  et j’appartiens à  une famille qui compte 10 enfants dont 6 frères et 4 sœurs et je suis le 5ieme.  Je peux vous dire que parfois cela n’était pas facile de prendre sa place, il fallait jouer du coude, mais c’était une très bonne école pour apprendre à  vivre en société.

Malheureusement j’ai vécu avec un père absent de la maison, il devait aller travailler sur les chantiers de construction. Je le voyais à peu près une à  deux semaines à  tous les 3 mois, pas assez pour engendrer une relation père-fils. Je peux vous dire qu’en sa présence nous devenions sages comme des images et l’atmosphère était plutôt froide.

Son absence m’a affecté, car j’aurais bien aimé que notre relation soit plus amicale et que j’apprenne à  connaître cet homme.

Ma mère faisait tout son possible pour nous éduquer, cela n’était pas toujours facile pour elle. Elle devait avoir beaucoup d’amour pour nous car elle n’a jamais failli à  la tâche et a assurément gagné son ciel.

Je me souviens que durant mon enfance, ma mère nous obligeait à  aller à  la messe, avec un 25 cents pour la quête, mais je confesse aujourd’hui que les machines à boules m’attiraient davantage. Dans ce temps-là, j’avais 5 parties pour 25 cents, cela durait le temps de la messe.

Pour mes frères et sœurs cela se passait assez bien à  part quelques embrouilles entre nous ce qui était tout à  fait normal. A l’heure des repas quelquefois, on se demandait ce que nous voulions faire plus tard, je crois bien que je les ai tous impressionné quand je leur ai dit spontanément que je voulais être un prêtre. Ils se sont tous mis à rire. Je pense qu’ils ne me voyaient pas vêtu d’une soutane étant le plus malcommode de la famille. Chez nous il n’était pas question de sauter la prière du soir et à  7 heures, il fallait être là, car ma mère y tenait mordicus. Comme je voulais être autonome et gagner ma vie, je suis parti de la maison à  16 ans. Voyant que le travail que j’avais trouvé, ne me permettait pas de gagner ma vie adéquatement, à  18 ans je suis entré dans les forces armées, pour voir du pays qu’ils disaient. A  part d’être allé à  Chypre à  deux reprises pour le maintien de la paix, et à  Chibougamau, je pense que je n’ai pas vu grand-chose. Mon cheminement de foi a commencé tout doucement. Je me rappelle que je priais rarement, mais une fois j’étais à  Québec c’était l’automne,  j’avais 18 ans je marchais seul dans les rues de la ville et il faisait très froid. J’aperçu un couple en avant de moi et la fille était collé sur son chum pour se réchauffer. Je trouvais ce couple chanceux d’être deux, car moi j’étais seul.

C’est à  ce moment que j’ai prié Dieu en lui disant : «Seigneur si jamais un jour une fille veut bien de moi, je ferai tout mon possible pour la garder.» Ce fut pour ainsi dire ma première prière qui venait du fond de mon cœur. C’est ainsi que 6 mois plus tard je rencontrais Diane par un pur hasard. Il fallait bien que je donne à  Dieu un peu de temps pour qu’il me fasse rencontrer la perle rare. Alors il s’en est suivi des rencontres les bons soirs.

Après mon premier séjour de  6 mois à Chypre, avec les  forces armées j’ai réalisé que Diane était la femme de ma vie, je voulais me marier. J’étais certain que nous allions être heureux ensemble. Alors le 9 de mai 1970 on s’est dit oui pour la vie. Dans ces années-là, on se mariait pour la vie.  Nos premières années, ont été des années de découvertes. Je réalisais que notre bagage était différent, notre éducation et nos valeurs n’étaient pas les mêmes. Durant notre séjour, à Chibougamau, c’était important pour Diane d’aller passer le temps des fêtes dans sa famille. C’est durant l’un de ces voyages que nous avons eu un accident de voiture. Cela m’a fait  réaliser qu’il serait temps de me rapprocher de Dieu, et pour cela aller à la messe me semblait un bon début. Dans cet accident j’ai pris conscience  que j’aurais pu perdre ce que j’avais de plus cher à mes yeux, Diane et nos deux filles.

Diane me demandait depuis 2 ans d’aller vivre une fin de semaine pour couple. Je lui répondais toujours que je n’avais pas besoin de cela pour vivre ma vie. Quand elle me demanda d’aller à une soirée d’information de RC, j’ai dit oui, je n’avais rien à perdre et en même temps je lui faisais plaisir. Quel ne fut pas ma surprise de voir l’amour de ces couples dans leurs yeux, comme dans le temps de nos fréquentations. Je me suis posé cette question : «Pourquoi l’amour que j’avais pour Diane n’était plus aussi visible qu’au début?»

C’était la routine qui avait pris le contrôle de notre vie de couple, je vivais en marié-célibataire. J’étais marié mais j’agissais comme un célibataire. Suite à cette soirée je lui ai dit oui et assurément par orgueil je lui ai dit que j’y allais pour la changer. Nous voilà  parti encore une fois pour Québec, vivre la fin de semaine de Renouement conjugal. Je me sentais très nerveux face à ce que j’allais vivre, je savais que j’aimais Diane, mais à quel point, je ne pouvais pas dire la profondeur de mon amour pour elle. A cette fin de semaine j’ai découvert en moi qu’il y avait aussi du bon et que Dieu ne fait pas de scrap!!!

Durant cette FDS j’ai pu enfin ouvrir les yeux de mon cœur et j’ai découvert en Diane une personne remplie d’amour pour moi et les siens. Quelle belle vision et cela fut possible car en acceptant Dieu dans mon cœur, j’ai commencé à aimer autrement.

Je peux dire aujourd’hui que j’ai épousé Diane 2 fois, la première fois avec ma tête et mon corps en 1970,  et la deuxième fois, durant cette FDS, c’est avec mon cœur et mon âme que je l’ai épousée. C’est lors de ce deuxième mariage symbolique que j’ai goûté au vrai bonheur, en plaçant Dieu au cœur de notre couple. Je puis vous dire que pour moi qui allais vivre la fin de semaine pour changer mon épouse, c’est à moi que cela a fait le plus grand bien.

Après cette FDS Diane en plus d’être mon épouse, elle est devenue mon amie et ma confidente. Je pouvais lui partager tout ce que je vivais soit au niveau du travail  ainsi que mes états d’âme. Je ne me sentais pas jugé mais accueilli par elle. Le temps que je prenais pour dialoguer avec Diane, me procurait de beaux moments de rapprochement. Grâce à cette FDS j’ai également commencé à dire à mes enfants combien je les aimais, ce que je ne disais pas souvent.

Je me souviendrai toujours sur le chemin du retour, ma grande fille avait placé sa main sur mon épaule durant tout le trajet. Je pense qu’elle venait de découvrir son père et j’en remerciais Dieu pour cet amour.

A mon retour à Chibougamau, comme j’étais tout feu tout flamme, à cause de ce que je venais de découvrir, je ne voulais pas le perdre et surtout je ne voulais pas que cela devienne un feu de paille. Je me suis informé s’il y avait des rencontres après week-end, et ainsi Diane et moi avons fait partie d’une cellule d’amour avec 3 autres couples.

Quelle belle expérience de l’amour de Dieu au cœur de ces rencontres. Encore aujourd’hui après 30 ans nous sommes encore en contact avec eux, et nous nous voyons à  l’occasion.

Diane Durant cette FDS de RC,  je me suis rapprochée de Nick, mais surtout j’ai compris le vrai sens du sacrement de mariage, ce dont je n’étais pas tout à fait consciente lorsque je me suis mariée à 20 ans. Oui je savais que je voulais me marier à l’église, cela faisait partie de mes valeurs, mais avec RC, j’ai réalisé toute l’importance de la grâce du sacrement de mariage, celle-ci me donnait la force et le courage pour surmonter les moments plus difficiles dans notre vie de couple.

Dieu était au cœur de notre couple et je pouvais Lui faire confiance. J’ai aussi trouvé des outils pour m’aider à mieux dialoguer avec Nick. Grâce à  l’écriture, je pouvais partager à Nick ce que je vivais sans avoir peur d’être jugée.

J’ai pris le risque de lui faire confiance en lui partageant mes sentiments et mes besoins. Grâce à son accueil et à  son écoute je me suis sentie aimée. J’ai également appris à accepter nos différences et à accepter

Nick tel qu’il était et non pas comme je voulais qu’il soit. J’ai fait de Nick mon # 1 et de ma relation de couple, une priorité.

Grâce à  cette FDS nous nous sommes rapprochés et nous avons ravivé la flamme de notre amour. Suite à  cette FDS, j’ai découvert ma mission : je voulais m’impliquer auprès des couples pour leurs transmettre le bonheur que je vivais et tout ce que je venais de découvrir. En 1980, Nick a été transféré à Bagotville. Encore une fois cela représentait un autre défi. N’ayant pas de famille au Saguenay, à part une tante qui demeurait à  Arvida, il me fallait m’adapter à cette région et faire en sorte que ce déménagement n’affecte pas trop les filles. Ce qui nous a aidés à s’intégrer dans notre nouveau milieu c’est RC. Car c’est à la Baie que nous avons commencé à faire du bénévolat au sein du mouvement. Nous avons eu la chance de travailler avec l’abbé Paul Côté comme trio responsable pour La Baie et le bas -Saguenay. Cela m’a permis de découvrir l’homme derrière le prêtre et très vite nous avons créé des liens d’amitié. Notre implication au sein de RC, a duré 13 ans. Durant ces années nous avons assisté à des soirées mensuelles et à des congrès, ce qui nous apportait un ressourcement pour notre couple et une motivation à continuer notre engagement.

En 1985, nous avons eu la chance et l’opportunité de vivre avec les filles la FDS de EVF. Nancy et Vicky avaient alors 13 ans et 11 ans. Pour nous c’était l’âge idéal. Nous avons découvert des moyens pour mieux communiquer ensemble. Chaque soir on prenait du temps en famille pour partager ce qu’on vivait, face à notre journée ou face à l’école.

Cette expérience fut très enrichissante pour toute la famille. Cela a grandement aidé à traverser la période de l’adolescence. Nous étions plus à  leur écoute. Elles savaient qu’on était là  pour elles et surtout qu’on les aimait inconditionnellement, car être parents, c’est un engagement pour la vie. En 1989, Nick a pris sa retraite des forces armées.

De mon côté, je suis retourné sur le marché du travail. Cela m’a permis de trouver une amie et cette belle amitié dure depuis 21 ans. Puis en 2000, RC a changé de nom pour VEA et on nous a approché de nouveau pour être trio-coordonnateur de l’unité nord-est avec Mgr Jean-Roch Gaudin qui comprend; Saguenay,  Lac St-Jean et Côte-Nord), cela impliquait également d’être animateurs de FDS. J’ai hésité avant d’accepter, je n’étais pas certaine d’être à la hauteur. J’ai prié Dieu afin qu’il m’éclaire. J’ai eu ma réponse un dimanche à la messe durant l’homélie  en entendant ces mots : « Dieu n’appelle pas ceux qui sont capables, mais il rend capables ceux qu’il appelle».

Cette phrase est devenue mon leitmotiv à  chaque fois que je doutais de moi et de mes compétences. Mais au moment où nous avons dit oui, à  l’appel de VEA, Nick a  eu un accident au travail. Cela fut des moments très difficiles pour moi. Je venais de réaliser que je pouvais le perdre et je ne m’imaginais pas ma vie sans Nick à mes côtés.  J’ai donc décidé de laisser mon travail pour prendre soin de Nick et profiter pleinement de la vie. J’ai remis mes priorités à la bonne place.

La prière m’a grandement aidé à passer au travers de cette terrible épreuve. Et lorsque Nick fut guéri, c’est avec joie et en rendant grâce à  Dieu que nous avons rempli notre engagement. Notre mandat devait durer 3 ans, mais après 2 ans et demi on nous a de nouveau interpellés, pour être trio-coordonnateur du district 2 avec un prêtre de Québec l’abbé Claude Côté, qui cette fois représentait tout le Canada francophone.

Nous animions toujours les fins de semaine pour les couples.

Le fait d’animer ces FDS, c’était un cadeau pour nous. Cela nous permettait de revivre la FDS, de se ressourcer  et de refaire le plein pour continuer notre mission. Notre récompense on l’avait quand on voyait le cheminement des couples du vendredi soir au  dimanche après-midi. Ils étaient plus amoureux et c’était beau à voir. C’était valorisant et stimulant pour nous les animateurs. Suite à ces FDS, il y avait un suivi offert aux couples d’une durée d’un an. En tant qu’animateurs nous devions accompagner les couples durant cette démarche.

Nick

À notre arrivé à Bagotville, une nouvelle vie nous y attendait avec des implications plus importantes dans le mouvement. L’amour en moi grandissait pour Dieu, Diane et les enfants. J’ai parfois douté de l’amour de Dieu. Un jour sur une fin de semaine un prêtre nous disait de ne pas avoir peur de demander des choses à Dieu. Alors je lui ai demandé s’il m’aimait. Et voilà qu’un jour la réponse est arrivée par un couple qui lui aussi avait vécu la FDS de RC.  Depuis ce jour je n’ai plus jamais eu aucun doute de l’amour de Dieu  pour moi. Lorsque nos filles sont devenues adolescentes,  nous avons réalisé que notre première mission était notre rôle de parents et  nous voulions être présents pour elles. Je ne voulais pas leur faire vivre ce que j’avais vécu à cause de l’absence de mon père.

C’est pourquoi durant un certain temps nous avons délaissé notre bénévolat. Mais durant ces années, nous avons vécu d’autres fins de semaine pour les couples, dont : Priorité Couple, et au Cœur du Couple et la fds d’épanouissement, dont nous sommes devenus animateurs.  Cela nous a permis de continuer notre cheminement et à  alimenter notre amour.

Quand nous avions à sortir pour notre bénévolat, Diane et moi confions toujours à  Dieu nos deux amours durant notre absence. Je trouvais normal qu’il soit le gardien de nos enfants pendant qu’il nous envoyait partager son amour. «Mais il y avait quand même une gardienne.» Suite à un accident de travail en 2001, j’ai fait  plusieurs embolies pulmonaires, je me suis retrouvé en très mauvaise position entre la vie et la mort. Je me suis abandonné à Dieu en lui disant que, moi je ne pouvais plus rien faire, je lui laissais cela entre les mains, surtout que je venais tout juste d’accepter de m’engager avec Diane dans VEA. Alors s’il voulait que je travaille auprès des couples, il lui fallait me remettre sur pied. Grâce à ma foi j’ai  surmonté cette épreuve et j’ai pu accomplir ce qui me tenait à  cœur, c’est-à-dire travailler auprès des couples. Cela fait maintenant 10 ans que je vis sur du temps emprunté, je vous assure que je ne vois plus la vie de la même façon. J’apprécie plus les beautés de la vie et les trésors qui sont près de moi et je suis plus sensible à la fragilité de la vie.

Durant mon bénévolat, j’ai rencontré des couples et des prêtres formidables qui ne comptaient pas les heures et l’amour qu’ils donnaient pour le bien être des couples. J’ai réalisé que ces prêtres étaient avant tout des êtres humains tout comme moi avec des sentiments et aussi un cœur pour aimer. Ils ont été pour moi des témoins de l’amour du christ pour son église.

Que ce soit à mon travail ou dans mon bénévolat j’essaie toujours de découvrir la beauté dans chaque personne. Ma fds de RC a fait de moi une autre personne, je suis plus à l’écoute et j’ai appris à aimer avec mon cœur.

Aujourd’hui je n’hésite pas à dire à mes enfants et mes petits-enfants que je les aime et cela peut importe leur âge. Diane Avec le temps malheureusement, il n’y avait plus assez de couples intéressés à vivre cette belle fds, de VEA et en 2006, nous avons dû abandonner.

Cela m’a beaucoup attristée. Mais comme bénévoles, vous le savez surement, nous ne sommes jamais longtemps au chômage. Donc nous avons été interpellés pour faire partie du CDP (conseil diocésain de la pastorale), pour représenter les couples et les familles. Nous avons accepté car cela était en lien avec notre engagement. Ce mandat a duré 3 ans.  Encore là, nous avons côtoyé des gens généreux et engagés. C’est d’ailleurs au CDP que nous avons rencontré Pierre-Julien. Cet engagement m’a fait voir une autre facette de l’église, pas la bêtise, mais de la communauté qui forme l’église. J’ai également suivi la démarche d’ennéagramme, avec Rose Côté, qui m’a permis de continuer mon cheminement personnel et spirituel.

J’ai découvert une autre facette de moi. Ayant toujours fait passer les autres avant moi, je m’étais un peu oubliée. Mon besoin d’être aimée faisait en sorte que je ne disais pas toujours ce que je pensais pour éviter des conflits.

Avec l’ennéagramme, j’ai compris que je pouvais m’affirmer sans risquer d’être rejetée et que cela enrichissait mon estime de soi. J’ai également découvert les bienfaits de la méditation.

Tout au long de ces années de bénévolat, j’ai rencontré des couples, des prêtres et des religieuses exceptionnels, qui ont été des modèles pour moi et des sources d’inspiration, dont certains qui sont devenus des amis très chers.

L’amour et le temps que j’ai partagé avec les personnes que j’ai côtoyé m’a été rendu au centuple et cela a eu un effet bénéfique sur moi en me valorisant, et en découvrant le potentiel que j’avais en moi et sur ma relation avec Nick, en renforcissant notre amour.

Aujourd’hui nous sommes moins engagés auprès des couples, mais nous continuons de donner de notre temps et à témoigner de notre foi et de notre amour. D’ailleurs, c’est en tant que couple que nous avons été interpellés pour être ministre de communion à Notre-Dame du Royaume et je suis également impliquée dans un comité de liturgie et à la décoration de l’église.

Nous avons aussi la chance et le privilège de faire partie d’une communauté de soutien avec des personnes extraordinaires, que nous avons rencontré dans RC et qui partagent les mêmes valeurs que nous. Cela fait 22 ans que nous nous rencontrons une fois par mois pour partager sur un thème choisi. De forts liens d’amitié se sont développés au fil des ans. Au cours de ces années, nous avons vécu des évènements importants ensemble, certains heureux, d’autres malheureux, mais cela a contribué à renforcir nos liens d’appartenance.

Ces rencontres sont un très bon ressourcement pour moi et cela me permet de vivre de beaux moments de rapprochement avec Nick.

Il y a aussi ma messe du dimanche qui est pour moi une bonne façon de me ressourcer spirituellement. Maintenant, je ne vais plus à la messe par obligation, mais pour remercier Dieu et lui rendre grâce. C’est comme si je rendais visite à mon père. Tout comme  j’ai besoin de manger pour vivre, j’ai besoin de l’eucharistie pour alimenter ma foi. Nous avons également le bonheur d’assister à la messe des familles avec nos 2 petites-filles qui font partie des brebis de Jésus.

En tant que grands-parents, Nick et moi se sentons responsable de transmettre nos valeurs de foi à nos petits-enfants, tout comme nous l’avons fait pour nos filles à l’époque. Nous nous faisons un devoir d’assister aux moments importants de leur vie, soit à leur 1er communion et à leur confirmation comme ce fut le cas de nos petits-fils.

Mon rôle de grand-mère se manifeste par de la disponibilité et de l’écoute. Avec 5 petits-enfants, âgés de 5 à 14 ans, dont 2 garçons dans les sports, garçon dans les cadets, et 2 filles au ballet, pas besoin de vous dire que les invitations ne manquent pas : tournois, parade, spectacles, anniversaires, etc.

Cela fait 41 ans que nous sommes mariés. Il y a eu des hauts et des bas comme chez tous les couples, mais grâce à RC et à ses outils nous avons appris à surmonter les moments difficiles. En faisant une place à Dieu dans notre vie, cela contribue à notre bonheur. Nous avons développé une belle complicité et le soir avant de s’endormir c’est ensemble que nous faisons notre prière. Aujourd’hui on profite de chaque moment de la vie et faisons en sorte de continuer à garder notre relation plus amoureuse et plus harmonieuse. Je continue d’investir dans ma relation de couple car pour moi, rien n’est jamais acquis.

Je suis fière du chemin qu’on a parcouru ensemble, grâce à notre foi qui nous a guidés tout au long de notre engagement. Tout au long de ces années nous avons créé  un beau réseau d’amis, qui est devenue notre famille et cela est un très beau cadeau.

Je remercie Dieu d’avoir placé Nick sur ma route, et de m’avoir prêté 2 beaux- enfants et 5 petits- enfants. Je te dis MERCI Nick d’être là, toujours prêt à  tout pour me rendre heureuse. Grâce à ton amour, à ta grande bonté et à ton appui  j’ai pu travailler à cette mission à laquelle je croyais, car seule je n’aurais pu y arriver. Je me sens choyée de t’avoir à mes côtés.

Je conclurai avec cette pensée que j`aime bien : «On peut perdre ce que l’on a amassé, mais on ne peut nous enlever ce qu’on a donné».

Nick

Sans cette fds, premièrement je ne serais pas ici aujourd’hui et deuxièmement,  j’aurais passé à côté de la vraie vie et cela grâce à la ténacité de Diane.