Monsieur Lucien Boivin

Monsieur Lucien Boivin

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Célébrant : Mgr Jean-Guy Couture

Comment décrire cette joie toujours neuve, légère, autre, que nous revivons chaque matin de rencontre RSIP? Elle ne peut qu’Être le signe tangible d’une fraternité qui  descend jusqu’à sa Source, dans la beauté intérieure des Êtres, au lieu de la présence qui rassemble et unifie, celle de Dieu. Et c’est bien parce qu’elles sont portées par cette fraternité qu’en ce petit matin plutôt froid  de milieu d’automne, 41 personnes se retrouvent au Montagnais, pour célébrer  la Parole du Maître et celle de Lucien,   disciple de nos temps modernes.

Aujourd’hui, la liturgie nous sert la parabole des talents qui, nous dit Rachel dans son mot de bienvenue, nous prépare fort bien au témoignage qui suivra. Jésus est en marche vers Jérusalem; il est vers la fin de sa vie publique nous explique notre célébrant, et encore beaucoup de ceux qui le suivent pensent qu’il instaurera un royaume terrestre. Leur mentalité est encore celle de la première Alliance; mais c’est une tout autre Affaire que Jésus est venu commencer; et pour cela, il livrera sa vie. La parabole des talents qu’il invente pour ceux qui marchent avec lui ce jour-là, vise à leur faire saisir  comment  entrer dans  cette nouveauté de l’Alliance?  En faisant fructifier les talents reçus, comme de bons serviteurs, se souvenant qu’il leur sera demandé des comptes. Et comme nous le rappelle Benoît XV1,  il faut bien comprendre que « faire fructifier veut dire partager », témoigné  de la Présence avec  la force  de notre individualité unique.

C’est Rémi qui présente le témoin d’aujourd’hui, Lucien Boivin, un ami de toujours. Lucien est venu avec son Épouse Suzanne et plusieurs autres membres de sa famille. C’est un homme qui n’a pas peur des défis.  À ce jour, il en a relevé de nombreux. On dirait qu’il est venu au monde pour animer et entraîner la jeunesse. En effet, il possède une feuille de route impressionnante à cet Égard; il a Été moniteur de jeunes, coordonnateur de plein air, animateur, Éducateur, enseignant, professionnel, directeur d’École pour  décrocheur, directeur adjoint d’École secondaire, adjoint aux sports et plein air et aux communications à l’UQAC et consultant auprès d’organisme communautaires dont la Communauté de Mashteuiatch;  il a travaillé à la Fondation Équinoxe, centre de jour de désintoxication pour les jeunes du primaire et du secondaire et encore ! Que nous faut-il de plus pour nous convaincre de son amour privilégié pour les jeunes? Il a reçu de ceux qui l’ont côtoyé le beau nom de « monsieur bonheur ».

Le témoignage

D’entrée de jeu Lucien affirme qu’il a Été choyé par la vie et qu’il  a le goût de partager son cheminement. Il est né sur la rue Racine à Chicoutimi oû il a vécu avec ses grands-parents. Il se rappelle de sa grand-mère Marie, une dame imposante dit-il, qui l’aimait beaucoup et qui a  marqué ses jeunes années. Pourtant, le jeune Lucien est aussi marqué par la peur, une peur tenace, toujours présente; « La peur est venu frapper à ma porte; la foi est venue l’ouvrir » dit-il en rappelant la parole Évangélique « Je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un ouvre j’entrerai chez lui et j’y ferai ma demeure ».

C’est la grand-mère Marie qui a payé ses Études; mais l’enfant est débrouillard; à seize ans il est déjà autonome financièrement, par toutes sortes de petits moyens : servant de messes, il est le préféré de Mère Marie-Josèphe, le grand argentier de l’Hôpital de Chicoutimi au temps des religieuses; il est responsable des enfants de cœur  de la cathédrale; gérant de discothèques, etc. A travers ces engagements, Lucien découvre son potentiel; il prend conscience que tout ce qu’il touche réussit, ce qui lui donne d’avoir confiance en lui.

Après ses Études il entreprend une longue carrière comme Éducateur, directeur d’École pour décrocheurs et d’École secondaire, de même qu’adjoint au sport et plein air et aux communications institutionnelles de l’UQAC. Il est définitivement entré au service de  la jeunesse.

C’est lors d’une maladie qui l’arrête complètement qu’il « frappe son nœud ». Grâce à un environnement positif et surtout à l’attention de Suzanne, son Épouse,  cette maladie sera l’espace privilégié qui lui permettra de reprendre contact avec Dieu; une grâce de rencontre plus définitive qui influencera le reste de sa vie et  ses engagements futurs. En somme il prend davantage conscience de sa mission, et du sens de sa vie. Il se découvre  « serviteur, débordant d’amour pour son Maître mais aussi pour lui-même; il vient de descendre dans sa propre richesse. Et Lucien repart dans la vie, plus sûr que jamais de ce qu’il a à faire.

L’amour des jeunes, son créneau d’engagement, ne l’a pas quitté;  avec une ardeur renouvelée, il devient travailleur de rue, « messager sur la route » dit-il, serviteur de ceux qui demain, bâtiront l’avenir du monde. Et les gestes d’attention à leur endroit se multiplient. Il rappelle un projet qu’il a instauré  pour les jeunes du Lac Pouce à Laterrière; Le programme porte le nom d’Aigle Noir. Il s’agit de la mise en opération d’un grand terrain de jeux qui, dans sa pleine lancée réunissait 300 jeunes par jour; un immense succès.  Un autre projet : Info-Bus, où l’on prépare les jeunes à l’utilisation de l’ordinateur.

A la question qu’on lui pose : « Qu’est-ce qui vous a amené à Mashteuiatch », il répond que c’est le Centre d’Éducation aux adultes de Roberval. Il y a mis sur pied pour les jeunes décrocheurs autochtones Âgés de 16 à 24 ans, une Maison familiale, où on utilise l’approche Éducative alternance École-travail. Le programme insiste sur la formation humaine, en particulier l’estime de soi, l’attachement à ses racines, l’amour de la vie. On obtient ainsi 95% de réussite; 40% de ces jeunes se dirigeront vers le Cégep. Voilà ce qui peut Être fait avec des « décrocheurs ». Lucien n’aime pas du tout ce mot d’ailleurs; il dit que ces jeunes sont tout simplement en recherche et qu’il faut seulement les aider à trouver.

« La retraite, pas pour moi! » résume bien la carrière de ce témoin. Lucien est un homme Épanoui, heureux, qui vit d’une grande passion : la jeunesse. A quelqu’un qui lui demande s’il croit que la jeunesse d’aujourd’hui est pire que celle d’autrefois, si elle est en perdition, il répond par un fait : à un jeune de 35 ans qu’il a pris sur le pouce il demande : qu’est-ce que tu penses des baby-boomers? Et l’autre de répondre : « Ils ont pavé ma route »!

Lucien est devenu homme d’action de grâces. Je suis reconnaissant dit-il, et plus je donne, plus je reçois. Ce qui pourrait vouloir dire, plus je m’accomplis. Quelle belle recette de Bonheur! « Comme un enfant, tu peux t’abandonner à ton créateur et t’Émerveiller de son amour, dit Rachel en le remerciant. On retrouve en toi un frère, un grand frère, celui qu’on aurait désiré avoir! Merci de nous avoir livré tes racines, une partie de ta vie; merci de nous avoir fait connaître la source et le moteur de ton implication pour animer et bâtir ton milieu ».

On remet à Lucien le cadeau-souvenir de son passage à RSIP. Puis on met fin à la rencontre en annonçant que la prochaine aura lieu le 21 janvier 2009 et que la personne  témoin sera Rose-Marie Côté, du Rocher Spirituel.

Anne-Marie Larouche

22 novembre 2009

RSIP Saguenay

RSIP Saguenay

Rapport de la rencontre du 18 novembre 2009

Une température printanière pour un matin d’automne, voilà  une belle douceur savourée par plus de quarante personnes qui sont au rendez-vous : les habitués et quelques nouveaux visages.

Rachel nous met en route et la célébration est présidée par Mgr Couture. Dans son homélie, il présentera saint Pierre et saint Paul, ces deux grands piliers de l’Église. Pierre a Été le premier des apôtres à  reconnaître Jésus comme le messie attendu qui a les paroles de la vie pour toujours. Sa foi ne pouvait venir que de lui, mais de l’Esprit-Saint et sur cette foi de Pierre que Jésus bâtit son Église, que les forces du mal ne pourront détruire. Cette promesse de Jésus s’est souvent vérifiées à  travers l’histoire de l’Église qui a traversé bien des crises et encore actuellement. Paul a reçu une grande révélation de Jésus dans son cœur de feu, infatigable Évangélisateur a ouvert les premières communautés juives à  l’universalité du salut. Jésus est venu sauver tous les humains, quelle que soit leur nation, leur culture.

Le déjeuner terminé, Michel Cloutier présente le témoin de ce matin, Gérald Linteau, bien connu dans le milieu, comme modérateur de l’unité pastorale de Chicoutimi-Nord et pour ses nombreux engagements particulièrement auprès de la jeunesse.

Gérald, avec aisance et humour, livre ce qui motive sa vie de foi, depuis les origines. Se voyant surtout comme homme d’action, il se dit heureux que l’invitation d’aujourd’hui, l’ait mené à  poser un regard intérieur sur son itinéraire de vie de foi.

D’entrée de jeu, il nous parle de deux «Épines dorsales» qui ont Été le support de sa vie.

Le 1er : Nous appartenons à notre histoire. Les débuts de notre vie vont marquer tout le long de notre parcours.

Issu d’un milieu ouvrier, sur une petite rue, habitaient 90 enfants dont la vie s’entremêlait au quotidien, il développe très jeune une sociabilité et une solidarité à  toute Épreuve. Il met déjà  en Œuvre des projets, comme d’amener à la plage, les jeunes de son quartier. Et c’est toujours la jeunesse, au cours de sa vie, qui lui fera mettre en Œuvre ses meilleures Énergies.

De sa mère, il retient son immense générosité et sa liberté de pensée. De son père, fervent syndicaliste, il hérite de cette capacité à défendre les droits humains, surtout de ceux qui sont sans voix.

La 2iÈme : Ce qui importe, ce n’est pas tant ce que nous faisons, mains ce que nous devenons en le faisant. L’action au quotidien nous permet de développer notre potentiel, en le mettant au service du milieu. C’est là  que nous nous mesurons aux réalités concrètes et Ça devient un grand lieu de croissance.

Il est important de savoir qui tu es, si tu veux demeurer fidèle à toi-même dans les divers groupes que tu fréquentes.

Dès ses premières années d’Étude, au Petit Séminaire et plus tard au Grand Séminaire, il rencontre des témoins de foi solides qui le marqueront. Le Concile qui donne à l’Église, une bonne bouffées d’air frais, le fait respirer et ouvre de vastes horizons : surtout ce salut apporté à tous les humains, cette Bonne Nouvelle de Jésus à découvrir les réalités bien humaines qui tissent nos vies.

Cette Bonne Nouvelle, il l’annoncera, par son action auprès des jeunes à qui il donnera le meilleur de lui-même. Il met sur pied les premières Équipes de JEC dont il est l’animateur spirituel. Il donne une vie nouvelle au Lac Pouce, ce lieu qui accueille chaque Été, un grand nombre de jeunes qui viennent se divertir et fonder leur vie sur des valeurs Évangéliques.

L’Action catholique auprès des jeunes est la grande «affaire» de sa vie. La pédagogie de l’A.C. fondée sur le VOIR-JUGER-AGIR, permet une action organisée et révisée à la lumière de l’Évangile. L’A.C. se propose d’Évangéliser, non pas par l’annonce directe, mais en faisant découvrir les semences d’Évangile répandues à travers les réalités créées.

Pour lui, ce qui fait la force de l’A.C., c’est son parti-pris pour l’espérance. Oui, le monde est appelé à s’accomplir, à réussir, parce que c’est Dieu qui l’a créé et c’est toujours son Esprit qui le mène à son accomplissement, même si nous n’en connaissons ni le jour, ni l’heure. La vie aura toujours le dernier mot sur la mort, l’amour sur la haine. Dieu ne cesse de nous interpeller à travers les cris de ce monde.

Gérald nous livre, en terminant, les paroles de Jésus qui le font vivre : «J’avais faim, tu m’as donné à manger» et tout le reste. La parabole du bon Samaritain. La femme qui remue toute la maison pour trouver un trésor. Le pasteur qui laisse là  les 99 brebis pour aller chercher celle qui est perdue. Le fils prodigue. Je suis venu pour que tous aient la vie et l’aient en abondance.

La rencontre se termine sur une question d’un participant : «Comment rejoindre les jeunes, aujourd’hui ? « Une question que Gérald se pose constamment, comme pasteur.

Dans son unité pastorale, on regarde de près la situation pour reconnaître qu’il faut être plus proches des familles et trouver d’autres proposition que la messe dominicale pour réapprendre à marcher ensemble dans la foie et l’espérance.

Rémi remercie cordialement notre témoin et fait pour lui, cette prière :

Seigneur!

Je te demande de bénir l’abbé Gérald, de lui accorder toutes les grâces nécessaires dans l’exercice de son ministère en paroisse et au sein des mouvements d’Action Catholique.

Dans ces défis d’Évangélisation et de transmission de la foi auprès de nos jeunes, auxquels nous sommes confrontés comme chrétiens, donne Seigneur, ton esprit de discernement, de sagesse et d’unité aux jeunes, aux adultes que nous sommes, à notre Église et au monde entier.

Isabelle Gilbert

Témoignage de Isabelle Gilbert

Le 21 octobre 2009

À notre premier déjeuner témoignage de l’automne 2009, plus d’une trentaine de personnes sont réunies pour entendre le témoignage d’Isabelle Gilbert. Nous souhaitant une bonne célébration eucharistique Rachel attire notre attention sur l’antienne de communion où Jésus nous dit : « tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà  reçu, cela vous sera accordé ».  Monseigneur Couture commente l’Évangile du jour selon Luc : » Soyez prêts, c’est à l’heure où vous ne vous en attendez pas que le Fils de l’homme viendra ». Monseigneur Couture nous invite avec sagesse à faire nôtre cette parole et à nous préparer dès aujourd’hui et à tous les jours.

Simone nous présente Isabelle Gilbert notre témoin d’aujourd’hui, initiatrice et fondatrice du projet de la chapelle d’adoration perpétuelle à l’Église Ste-Thérèse d’Arvida. Comme le dit Simone : « Isabelle une femme de passion qui a une confiance sans borne en l’Esprit Saint qui œuvre inlassablement en chacun (e) de nous et qui est source de changement , de force et de libération. Isabelle a faim et soif de l’amour de Dieu présent dans l’Eucharistie. Elle travaille en partenariat avec le Seigneur qui est sa vie, son souffle, sa source. À l’appel reçu de fonder une chapelle d’adoration elle a su dire  oui, un oui  d’engagement. »

Isabelle nous dit qu’elle a toujours cherché Dieu dans sa vie. C’Était au début une aspiration, une recherche intellectuelle où  elle se posait toutes sortes de questions existentielles, différent de celui qu’elle connaît maintenant. Durant trente-trois ans de sa vie, il lui  manquait quelque chose, plutôt quelqu’un d’essentiel. Isabelle cherchait Dieu en s’abreuvant dans les idéologies du nouvel Âge, reiki, médiumnité idéologies là  où, dit-elle « tu n’es pas  toi, tu es quelque chose qui un jour va devenir dans un grand tout, qui n’a pas de nom,  peut-être un Dieu vague, peut-être une forme d’Énergie »!  Dans ses recherches, elle qui veut savoir qui est Dieu, mais elle se sent toujours  en questionnement et ne se sent pas heureuse.

Un jour Isabelle lit un volume sur la foi : les fins dernières d’une Âme, qui la fait se remettre en question. Puis elle se retrouve à l’Église St-Georges, sans trop savoir  pourquoi et elle a une inspiration qui lui vient à l’esprit : tu aimerais le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton Âme, de tout ton esprit. Elle répond : « Seigneur,  je ne t’aime pas parce que je ne te connais pas. Je ne sais même pas si tu existes! Si tu existes dis-le-moi! S’il faut que je t’aime pour choisir le ciel, il faut que je te connaisse ».

En même temps elle est  par trois fois :’’fais pas Ça, fais-pas Ça, tu vas tout perdre! Mais elle ne part pas toute triste comme le jeune homme riche; la troisième fois, elle ne recule plus parce qu’elle veut savoir, elle veut connaître Dieu.

Elle lit une phrase qui la dérange jour et nuit : le salut n’est pas automatique. On a tous une réponse à donner, un oui ou un non dans la liberté des enfants de Dieu. Le Seigneur nous aime assez pour nous laisser libre. Elle se demande : « moi qu’est-ce que je fais de ma vie? Je suis une personne bien, mais est-ce que je fais du bien? »

-2-

Deux semaines plus tard, Isabelle fut  appelées dans une retraite où elle fait l’expérience de Dieu et de la Vierge Marie très profondément dans son cœur. Le voile s’est déchiré. Elle a eu l’intelligence des Écriture. Elle avait  un autre œil pour regarder, pour Écouter, pour lire et entendre. C’est le Verbe qui vivait dans les Écritures. Elle choisit maintenant les sources où elle s’abreuve.

Isabelle dira avoir changé, le voile s’est déchiré pour elle. La confession fut pour elle une libération extraordinaire comme si Dieu venait remplir les poumons tous rabougris de son Âme. Il lui redonnait d’ouvrir ses ailes, elle avait soif de le connaître. Isabelle est  tombée de son cheval de Damas et sa vie a changé. Avant, Était plutôt rebelle envers l’Église comme toute chose Établie; elle se sentait comme saint Paul qui persécutait l’Église, donc le Christ. Elle se reconnaissait aussi dans ce que dit saint Paul : ils chercheront Dieu dans de nouveaux endroits! Ils se donneront de nouveaux maîtres, ils ont envie de nouveauté.

Depuis 1992, elle dit que tous ces grands défauts de caractère, d’orgueil, d’impétuosité, le Seigneur a permis qu’ils prennent leur place. Le Seigneur a fait d’elle une personne plus douce, plus patiente! Les employés d’Isabelle qui fut vingt-cinq ans propriétaire d’une boutique de produits naturels lui disaient qu’elle n’Était  plus pareille. Elle passe de la loi à l’amour. Elle se demande : comment  peut-on aimer Jésus si on n’aime pas l’Église? Elle découvre que les défauts de l’Église ne lui appartiennent pas et elle devient en amour avec l’Église.

Isabelle désirait aller au ciel et y amener tout le monde; elle désirait devenir une sainte comme sainte Thérèse, son amie qu’elle voulait imiter en faisant beaucoup d’efforts pour faire comme elle! Ces efforts finirent par être décourageants. Elle voit maintenant qu’on peut désirer devenir une  sainte, mais la sainteté c’est d’Avord de faire la volonté de Dieu. Elle mentionne qu’on peut faire le bien toute notre vie, mais le mieux c’est de faire ce que  Dieu veut.

Isabelle donne cette image : le Seigneur dans son grand plan divin a mis comme une grande fresque. On est  comme un petit morceau de casse-tête. Le Seigneur a une place pour chacun de nous. L’important c’est d’aspirer à faire sa volonté. Elle donne encore l’exemple que chacun on est un outil qui permet de construire une maison. Je peux penser travailler pour le Seigneur et y aller selon mes plans mais je peux plus nuire qu’aider si je reste dans mon orgueil et dans ma tête. C’est le Seigneur qui est le maître d’œuvre et si  même je ne pose qu’un morceau, ce sera le bon et avec le Seigneur, l’œuvre tiendra bon.

Isabelle  demande au Seigneur : As-tu une mission pour moi ? L’idée de la chapelle d’adoration lui vient après une retraite de sept jours à Baie-Comeau chez les sœurs Myriam. Elle présente un projet à l’équipe pastorale qui appuie  le projet. N’ayant aucun sous pour le réaliser, c’est le Seigneur qui a permis de faire la chapelle qui est  toute petite, chaleureuse. Elle dit : « la nuit on dirait qu’on est dans un bain d’amour. Le Seigneur sait compter, il nous a aidés pour trouver un menuisier, pour les bancs, pour que des gens viennent prier la nuit! Et la liste est encore longue. C’Était, dit-elle, comme si on montait un escalier. À chaque fois qu’on montait, il y avait une lumière qui s’allumait, tout se faisait dans la foi. »

-3-

Le pape Pie X, le pape de l’eucharistie disait : « un prêtre qui ne met pas de limite pour l’adoration eucharistique, le Seigneur ne mettra pas de limite aux grâces données à cette paroisse, au diocèse et au monde entier ». Des prêtres et des Évêques ayant vécu l’expérience des chapelles ont observé qu’avec les chapelles d’adoration, le taux de violence et de suicide diminue que les vocations augmentent. Dans la petite chapelle

Pie X, il y a eu autour de 100,000 heures d’adoration.  Il n’y a jamais eu d’agression physique malgré le fait que la chapelle n’est jamais barrée et  la porte est ouverte à tout venant, à tous ceux qui ont besoin.

Isabelle dit : » Les adorateurs sont comme des sentinelles qui sont dans la ville et  qui regardent le Seigneur face à face; et le Seigneur dans l’eucharistie et dans la chapelle guérit les nations. Quand on s’assoit devant le Seigneur qui est là  avec son fleuve d’eau vive, il passe à travers les cœurs; c’est une audience privée avec le maître qui s’Épanche à travers le cœur  de tous les adorateurs. Qu’on soit cinq ou dix personnes, on  est au nom de tous ».

A la fin du témoignage nos cœurs sont tout chauds!  Françoise remercie chaleureusement  Isabelle en lui mentionnant que dans un long cheminement, elle s’est branchée sur le médecin du cœur qui  criait au dedans d’elle; elle la remercie d’avoir favorisé par la petite chapelle d’adoration des zones de silence permettant l’irradiation de Jésus-Christ  dans nos cœurs; par son témoignage, elle a permis à l’Esprit-Saint de nous rejoindre au plus profond de notre cœur.

Rachel Duplain

André Beauchamp

André Beauchamp

Beauchamps-Andre

Un témoin qui marque notre temps

« La crise Écologique est la plus importante crise

Éthique de notre Époque! Il y a là  un champ missionnaire fabuleux.

C’est là  que Dieu nous fait

Signe. » (A. B. – Environnement et Église).

Et c’est reparti! Après une courte période de vacances, la huitième saison de nos déjeuners et  témoignages se met en route ce matin du 30 septembre 2009. Cent cinq personnes sont venues : des amis de longue date  habitués de nos rencontres, des jeunes, des retraités, des chefs d’entreprises, des politiciens, artistes, Éducateurs, pasteurs, animateurs de groupes et initiateurs de projet, enfin, des personnes de toutes conditions, formant une grande fraternité où  chacun est accueilli avec chaleur et où il fait bon de se retrouver, sur ce terrain privilégié de l’intériorité et de l’engagement au cœur du monde.

La liturgie du jour fait mémoire de saint Jérôme, un enthousiaste nous dit Mgr Couture,  qualité qui transpire chez tous les passionnés de ce monde, mais qui n’annule en rien les difficultés de leur action. Appliquée à la question Écologique, cette qualité se transforme en responsabilité personnelle et collective : « C’est notre façon de vivre, dit Mgr, qui bâtit ou qui détruit la vie de la planète ». Et jusqu’où peut aller cette destruction? Jusqu’ à permettre l’euthanasie peut-Être? Une chose est certaine : « Sans Dieu, l’homme ne sait où aller et ne pourrait même pas comprendre qui il est ».

Nous accueillons aujourd’hui un témoin prestigieux, monsieur André Beauchamp, « homme de pensée et d’action dit Michel en le présentant, quelqu’un qui a sans cesse cultivé sa pensée pour enrichir son action »; un homme au parcours impressionnant, que la passion garde rivé à un engagement d’exception, lequel habite toute sa vie. Écoutons-le se « mettre un peu à  nu » et raconter sa vie devant son auditoire captivé.

Le témoignage

 

Il se présente comme  un croyant qui a « la foi d’avoir la foi ». Dans la foi  subsiste une incertitude, qui fait qu’on n’arrive jamais à tout comprendre. Donc, « j’essaie d’Être croyant » dit-il, signifiant par-là  que la foi n’est jamais chose définitivement acquise; c’est une réalité qui, en nous, appelle sans cesse à advenir.

Le jeune André Était un enfant « chétif »; mais il aimait s’amuser à sauter du haut des bancs de neige; aujourd’hui il se souvient de ce geste comme d’une expérience de « se lâcher, se lancer dans le vide, dans l’inconnu qui nous attire »; et il est fasciné de sentir combien  son regard sur cette activité enfantine a changé, pour devenir  un grand symbole, une condition de cheminement personnel.

André Beauchamp est prêtre. Il fut d’abord vicaire de paroisse, professeur de philosophie, puis Étudiant à l’Université de Fribourg où il faut apprendre la langue allemande. Il en revient sans le diplôme de théologie convoité, qui lui aurait demandé quatre ou cinq ans d’Étude alors qu’il n’en avait que deux. A son retour, on le rattache à Mgr Paul Grégoire, puis on lui confie la responsabilité de l’Éducation de la foi chez les adultes où il met en marche son fameux projet « Chantier » dont nous nous souvenons tous. Et voilà  que Radio-Canada lui offre un poste d’animateur télé; il accepte mais bientôt un mauvais diagnostic  médical l’oblige au repos. Par la suite, le ministre de l’environnement de l’Époque qu’il connait, Marcel Léger, lui propose de faire une recherche sur l’environnement; il accepte et il est littéralement fasciné par les découvertes qu’il fait.

Le voilà  en contact avec un autre monde; ce chercheur est arrivé au cœur de sa mission; il est d’abord et avant tout, homme de la Terre; le prêtre qu’il est, est obligé de sortir de l’univers d’un curé pour apprendre d’autres rapports à la vie en société et y découvrir et intégrer leur véritable sens. Il deviendra en quelque sorte, le pèlerin d’une croyance, l’apôtre d’un engagement qui relie à la fois terre et ciel, et redonne à l’activité humaine en environnement un nouveau sens, un nouvel avenir. Toute la question  change de couleur! Elle n’est plus seulement une question sociale comme toutes les autres ; elle est pressentie comme l’un des plus grands défis spirituels  de notre temps. A la suite de Teilhard de Chardin qui a magnifié l’Univers, André Beauchamp va développer et livrer au monde  une spiritualité de la Terre : celle de l’alliance des humains avec le Cosmos dont ils sont partie prenante. Son grand défi personnel restera toujours de « ne jamais décrocher de la recherche de foi. »

André Beauchamp est un Écrivain prolifique. Il a déjà  à son crédit plus de vingt-cinq volumes dont le dernier, « L’eau et la terre me parlent de Dieu », sort de presse ces jours-ci. Il a Été pendant trois ans directeur des Éditions Bellarmin; nous le connaissons aussi comme collaborateur du Prions en Église. Mais l’homme de Parole, qui sème à tout vent, incapable de taire ce qu’il découvre, est tout autant homme d’action; la liste de ses engagements est longue; et son action se porte toujours aux points névralgiques de la question, les hauts lieux de décision et de gestion, où il véhicule le cœur de son message que nous résumerons avec humilité.

 La crise de l’environnement est aussi une crise spirituelle. Pour en sortir, il faut transformer notre perception de la place de l’homme dans l’Univers; au-delà  de toute formule, lui réapprendre à respirer la Vie du plus intime et du plus intense de son Être; lui aider à trouver d’autres sources de respiration libre, sans contrainte. Il faut répondre à cette soif de spiritualité, de profondeur, de silence, d’intériorité qui traverse ce siècle qui est le nôtre, et surtout, « redécouvrir notre solidarité avec le Cosmos »;  nous sommes Un avec lui; il n’y a qu’une Vie; la terre à donc un lien avec notre propre corporéité; nous portons les mêmes Éléments que tout ce qui existe et notre corps garde « la mémoire cosmique de la vie! Nous sommes de la même famille », – poussières d’Étoiles a-t-on dit. -. Et dans cette profondeur cosmique de notre Être, il nous est possible, si nous l’habitons, de retrouver la chaleur  de la Présence Créatrice qui habite notre cœur et nous fait aimer ce Monde. Car « on ne  peut sauver que ce que l’on aime ».

On a beaucoup appris, depuis les cent dernières années, sur la formation de la terre et l’Éclosion de la vie. Notre témoin en parle avec les connaissances de l’expert en la matière. Notre petite planète qui aurait quatre milliards et demi d’années, ne serait pas un monde clos sur lui-même, crée une fois pour toutes; au contraire elle est en expansion continue, en train de se distendre, créant ainsi son propre espace. C’est dire qu’elle est toujours en acte de création, de recréation. L’avenir de cette toute petite planète semble bien cheminer tout droit vers l’inédit, la nouveauté, l’accomplissement, une Terre Nouvelle quoi! Cette seule réalité n’est-t-elle pas suffisamment emballante pour rassembler nos Énergies et nous tourner vers l’action? N’aurons-nous pas le gout et la joie d’apporter notre contribution, le bonheur d’y inscrire notre propre empreinte personnelle, si minime soi-t-elle?

Nous résumerons cet appel à l’action par ce court extrait d’un texte de notre témoin, paru dans le Prions en Église de mai 2009 : « Les croyants et croyantes que nous sommes resteront-ils à l’Écart d’une action courageuse? La crise de l’environnement est une crise globale du développement de l’Être humain sur la terre. Depuis un siècle nous faisons collectivement fausse route. Ni la science, ni la course à l’argent et à la consommation ne nous sauveront. Nous sommes dans une crise du bonheur, du sens de la vie. Crise spirituelle tout autant que technique. C’est pourquoi l’on doit parler de conversion, c’est-à -dire d’un changement majeur sinon radical de perspective. Se convertir, c’est changer de route! Le temps est venu de sortir des déclarations pressantes et globales et de mettre en œuvre des  propositions concrètes. La crise de l’environnement est un signe des temps, un des chemins privilégiés par lesquels Dieu nous parle aujourd’hui. Entendrons-nous cet appel »?

                                                                                  *

C’est le moment où les travailleurs présents doivent rentrer à leurs bureaux; pendant qu’ils quitteront la salle, Rémi procède au tirage de six volumes de notre témoin : « Église et Environnement ». Puis après avoir fait entendre un beau chant, on  ouvre la période d’Échanges avec le témoin. Ceux et celles qui le désirent sont dont invités à prendre la parole.

Questions  et réponses

 

  1. « Merci de souligner l’importante accordée au silence comme espace de rencontre de soi; et pour un enseignant, quelle serait la meilleure méthode pour créer des liens entre
  2. « ceux qui partent et ceux qui arrivent »?

–         Le silence, c’est le temps de la découverte de la profondeur de soi et de la réalité. Il est essentiel à la vie. Aujourd’hui tout est fait pour  nous tirer vers l’extérieur de soi; et même dans la proximité, on ne se parle presque plus! On parle au cellulaire; paradoxe incroyable dans une société où tout pourrait aider à  façonner la convivialité. Nous devons prendre attention à l’environnement y redevenir sensibles, et réapprendre à  faire des liens. Cette crise nous renvoie au dedans de nous. C’est à partir de là  que se recréeront les liens intergénérationnels  les plus solides et les plus parlants, les plus constructifs.

  1. « Au moment où Guy La liberté, du haut de la station orbitale, s’apprête à lancer un grand spectacle planétaire, comment comprendre le créationnisme? »

–         Le récit de la création est un mythe, donc une représentation qui ne repose pas sur la réalité; une sorte de conte qu’il ne faut pas prendre à la lettre mais dont nous pouvons décoder l’intention Éducatrice. On pense aujourd’hui que le créationnisme, apparu au dix-neuvième siècle,  est une réaction de peur devant une parole neuve qui Écarte toute magie de la réalité; il est une manière de figer cette parole dont le sens ne saurait pourtant jamais Être figé définitivement. Cette nouvelle vision créatrice est celle  d’un Dieu qui crée par amour, dans un geste de pure tendresse et de gratuité; il crée l’homme à son image et en fait son interlocuteur; et son collaborateur; il lui parle et attend sa réponse de louange. Le fondamentalisme, c’est  le contraire de la foi vivante.

  1. « Ont-ils raison, les sceptiques qui nient l’influence humaine sur le réchauffement de la planète? »

–         Il est vrai de dire que des changements climatiques se sont produits avant l’apparition de l’homme sur terre; ce sont des cycles reliés à des accidents de la nature, des phénomènes complexes que nous pouvons Étudier et commençons à mieux comprendre aujourd’hui. Maintenant nous sommes capables de mesurer le degré actuel de pollution atmosphérique dont la montée dépasse les pires scénarios; nous sommes devenus terriblement Énergivores et sommes en train de vider la terre de ses réserves naturelles. Nous pouvons dire avec certitude aujourd’hui que les changements climatiques ne sont pas uniquement le fait ce cycles naturels, qu’ils sont aussi le résultat de la pollution humaine. C’est une dure réalité à accepter; mais nous devons tout faire pour corriger ce qui dépend de nous, et le moindre geste va  compter. Pourquoi ces constructions de maisons toujours de plus en plus gigantesques? C’est quoi alors l’Économie d’Énergie? La solution d’avenir c’est le débat, la recherche, la conscientisation. Il y a à travers le monde un club de 2500 chercheurs actifs, dont l’un des plus Éminents se trouve chez-vous, dans votre ville, Claude Villeneuve; un maitre qu’il faut suivre.

  1. « Au milieu de mentalités si diverses, les unes Écolos, les autres terroristes, comment  intervenir? La simplicité volontaire suffit-elle? »

–         Il y aura toujours des gens qui poussent trop loin la contestation. Le secret d’un changement collectif commence par le débat public : parler du thème ensemble, l’approfondir, chercher; ne pas avoir peur de la controverse, défendre nos convictions et chercher ensemble les solutions de changement. La crise s’Étend sur quatre grands thèmes : la surpopulation, la consommation, la pollution, les inégalités et iniquités. C’est autour de ces grandes questions qu’il nous faut chercher  à  Établir les critères Éthiques qui encadreront  notre vie ensemble et nous garderont vigilants, ouverts sur l’avenir de l’humanité et le bonheur de tous

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  1. « Oui, dans les groupes actifs on sent ce besoin de spiritualité. Mais comment faire la différence entre les vrais prophètes et les gourous? »

–          Ce n’est pas si simple. Un certain scepticisme est de mise devant tout chercheur en même temps qu’une attitude réceptive mais aussi Évaluative. La science ne nous donne pas tout et l’apprentissage du discernement s’impose. Notre société d’information est finalement manipulatrice. Par exemple, quelqu’un qui prend officiellement le parti pour les pauvres, déménage du pays pour ne pas payer d’impôt. C’est l’incohérence! Et nous n’avons souvent que l’humble chemin du retour au réel, l’effort de scruter sa transparence  pour discerner le vrai du faux.

Et c’est la fin d’une belle rencontre. Marie Côté remercie le témoin en exprimant bien ce que tous ressentent. (Voir annexe). Le prochain déjeuner aura lieu le 21 octobre prochain; le témoin sera madame Isabelle Gilbert.  Tous sont cordialement invités.

Anne-Marie Larouche

Septembre 2009