Louis-Martin Cloutier

Témoignage de Louis-Martin Cloutier

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Dans sa présentation de Louis-Martin, Michel qualifie sa naissance ainsi que chaque étape de vie franchie par son fils Louis-Martin comme étant le début d’un temps nouveau. Après plusieurs expériences en animation spirituelles et communautaires, il accède à la prêtrise au sein de la Compagnie de Jésus en juin 2006. Actuellement, il est responsable de la pastorale à l’école secondaire Charles Garnier de Québec et responsable au Canada français de l’association de l’Apostolat de la prière dont la mission est d’aider le peuple de Dieu à développer sa conscience apostolique.

Louis-Martin débute par ces versets de Jean 21, 25:  »Jésus a fait encore bien d’autres choses : si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir les livres qu’on écrirait. » Il dit que sa vie est aussi une histoire des bienfaits de Dieu.

Un point tournant de sa jeunesse s’est passé à l’âge de dix-sept(17) ans à la fin de sa cinquième secondaire. Toute sa vie était alors dévouée au sport, son père l’appelait : » le sportif de la rue Daudet ». Il menait une vie tranquille avec ses amis sportifs et il était très confortable dans sa famille. Il pensait devenir prof d’éducation physique ou facteur. Il croyait en Dieu, mais sans plus. Il commença à fréquenter les filles et en particulier il leur parlait un peu de religion bouddhiste et de réincarnation, ayant une vision plutôt romantique de ces sujets.

Il n’était pas vraiment heureux, éprouvant un grand vide intérieur: un vide de sens. Il s’ennuyait. Il se demandait pourquoi je vis? Quel est le but de ma vie? Il était sans réponse. Dans un désir impératif, il voulait vraiment que les choses changent dans sa vie. Il fut exaucé dans sa prière. Un événement bouleversa son existence fut quand il reçu son bulletin scolaire du Ministère de l’Éducation qui indiquait qu’il avait échoué presque toutes ses matières importantes. Il manquait un résultat à son examen de français en compréhension de texte qu’il lui fallait absolument réussir. Après avoir été abattu pendant quelques jours, se reprenant en main, il décida de repasser l’examen à la fin de l’été. Pour l’aider, sa stratégie fut de lire le livre le plus compliqué de la bibliothèque familiale. Il choisi le livre de philosophie le plus intense : La pesanteur et la grâce de Simone Weil, livre brûlant de passion pour Dieu. Ce livre parlait d’un Inconnu qui le séduit totalement. Il se dit: C’est ça que je cherche. A la fin de l’été, il passa ses examens de français lui permettant d’entrer au Cégep. Louis-Martin brûlait au contact de Dieu.

Cette nouvelle passion devint l’affaire de sa vie. Il devint un rat de bibliothèque fouillant dans les livres de philosophie à la recherche du Dieu de Jésus-Christ. Il Le trouvait là et c’est là qu’il trouvait son bonheur. Il décrit sa nouvelle vie comme une recherche de vérité et de sagesse l’amenant peu à peu à faire sa connaissance. C’est le début d’une foi de plus en plus adulte et personnelle. Sa prière résidait dans ce désir presque continuel de Dieu.

Il se demandait comment passer de cette démarche très intellectuelle et solitaire en une démarche plus existentielle, comment vivre de cette passion au quotidien. Il découvrit les moines bénédictins de Saint-Benoît.

Au plan scolaire, il commença à s’appliquer davantage et à gouter à la réussite.

Louis-Martin dira continuer sur cette lancée du premier amour avec Dieu. Il apprend à trouver en lui tout ce qui de Lui, le monde intérieur comme le monde extérieur. Il habite sa maison, il vit dans sa main, il reposer sur son coeur.

Il décrit cet état qu’il a vécu d’ennui procurant tristesse et sentiment de vide comme des signaux qui lui indiquaient qu’il avait oublié quelque chose d’essentiel. Dieu lui apporta le remède à son ennui : Il se donna Lui-même à lui. Il mentionne que Dieu continue de lui dire ces parole:  » Écoute, mon gars, je ne t’ai pas créé pour que tu mettes toute ton âme ,toute ta force et tout ton coeur dans le sport, les filles, la musique, la bière, le travail, toi-même ou toutes autres de mes créatures nobles et sacrée que j’ai créées avec tant de bonté mais en Moi seul est l’Infini qui peut combler ses désirs d’absolu. Viens te reposer auprès de moi. »

L’expérience de choses sans la présence de Dieu augmente la foi. Elles ne peuvent pas être sa fin. Elles sont des canaux par lesquels la source de vie lui parvient. Louis-Martin apprend à aimer le monde en réglant d’abord sa vie selon l’amour de Dieu, en le louant, le priant et en faisant tout pour sa plus grande gloire. Il apprend à lui faire confiance. Il développe une certaine sécurité, une indépendance vis-à-vis des événements, une assurance devant les hommes. Cette nouvelle confiance en la vie lui apportera une paix ayant des bienfaits même au plan physique, son bégaiement diminue considérablement. Il se sent appelé vivre en Dieu, pour lui, vivre en sa compagnie. Comment? En vivant selon les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté, d’obéissance qui disposent son coeur à l’accueillir et le laisser faire son ouvrage en lui, afn qu’il reproduise son image en lui à la continuation de son oeuvre de salut pour l’humanité.

Louis-Martin décrit qu’il se sent en Dieu comme un apprenti-serviteur inutile, l’apprentissage étant au coeur de son expérience. A ses 17 ans, Dieu l’a inscrit à son école, à l’école du Bon Dieu comme le dit Saint Ignace de Loyola. A cette école, il se compare à un écolier en première année et la seule leçon au programme est celle du premier commandement :  »Tu aimeras ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces ». Malgré beaucoup d’effort et de bonne volonté, souvent il se sent triste de lui offrir une piètre performance, mais Dieu lui montre son amour, voyant les efforts qu’il a faits et il lui dit que c’est une oeuvre qui lui plaît.

Des fois, il pense avoir réussi sa leçon et se trouve bon. Il est prêt à accéder à un autre niveau. Mais oubliant vite sa leçon, il voit Dieu qui l’accueille à nouveau, le fait s’asseoir encore un peu plus près de Lui et lui explique à nouveau la leçon. Louis-Martin constate qu’il n’aurait pu rien faire sans son aide et comprendre que c’est Lui qui avait guidé sa main dans ses bonnes réponses. Dieu veut prendre soin de lui à ce niveau scolaire, l’invitant à renoncer à ses rêveries de grandeur ne lui apportant pas la paix. Il comprend que ce qui importe à Dieu ce ne sont pas tant ses succès ou ses réussites que le fait qu’il accepte de vivre dans cette classe de première année, l’aimant tel qu’il est, s’ingéniant de mille et une façons à lui faire comprendre et aimer sa leçon d’aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces, qu’il a à se laisser aimer toujours davantage, ce qui est son bonheur et celui de Louis-Martin qui se considère son  »chouchou ».

Jean-Paul Simard

TÉMOIGNAGE

(Hôtel Le Montagnais)

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Jean-Paul Simard

Monseigneur Couture,

Chers ami(e)s

Petit mot d’introduction:

L’une des grandes pertes de ma vie remonte à mon enfance : la perte de ma mère.

J’ai cherché ma mère toute ma vie. À 72 ans je la cherche encore.

Je l’ai cherché dans :

1·         la musique : 7 ans de piano classique. Écouter de la musique (Mozart, Chopin, Bach, une passion pour moi)

2·         l’alcool : a quelque chose de maternel : chaleur enveloppante, convivialité, etc. Malheureusement elle se révèle rapidement non pas une mère mais une marâtre.

3·         l’église : ne dit-on pas «notre mère la sainte Église»?

Je peux dire que, très tôt, j’ai été un homme d’Église. J’ai  servi la messe dans mon enfance (5 cents pour les messes ordinaires et 10 pour les grands-messes)

Le sacristain.

Enseignement  ̶  retraite

J’ai enseigné pendant 35 ans, ça été une passion.

Quelques années avant ma retraite, je nourrissais secrètement un rêve: devenir avocat. Je voulais à ma retraite aller étudier au barreau.

Et alors qu’est-ce qui fait que je n’y suis pas allé? La réponse que je vais vous donner est déterminante dans ma vie.

Un jour j’ai rencontré le Père Simon Dufour à l’Université du Québec. Je le consultais concernant un manuscrit que je venais d’écrire. Je ne le connaissais pas. J’étais à son bureau, nous parlions et à un moment donné il m’offre de m’inscrire à ses cours à l’Université. Je demande une semaine de réflexion, puis je reviens le voir pour lui dire que j’acceptais.

Ce qui fait que j’ai obtenu un diplôme de 3e cycle en anthropologie spirituelle, mais avec une majeure en théologie.

Je me suis longtemps interrogé sur ce choix si contraire à celui que j’avais planifié, si différent du barreau. Je me disais «Seigneur, je ne comprends pas. Qu’est-ce qui arrive dans ma vie?»

Puis, un jour, j’eus une réponse…

En pleine conférence que j’étais en train de donner, j’eus une illumination : c’est comme si Dieu me disait«Jean-Paul, tu veux défendre des causes, tu vas défendre ma cause.»

Expérience des catéchèses

Une belle période de ma vie.

L’initiation sacramentelle

Avec Mgr Léonce Bouchard épique.

Les catéchèses du mercredi

Supporté par un comité extraordinaire : Ginette, le diacre Yvon Imbeault, mon garde du corps (quand il est devant moi je disparais comme une éclipse de lune devant la terre) et autres personne sous la présidence d’honneur de Mgr Jean-Roch Godin à l’église St-Antoine.

Le thème : «Dire la foi autrement».

Dans l’esprit de ce que Jean-Paul II appelait la «nouvelle évangélisation» : annoncer au monde d’aujourd’hui le même Évangile dans des conditions et avec des approches nouvelles.

Une approche anthropologique : au lieu de partir de la théologie, de la révélation, de la foi, je partais d’une problématique de la vie et j’allais chercher des réponses en théologie, dans la Bible, en psychologie, partout où il y avait des réponses intéressantes.

Entre 30 et 35 personnes venaient régulièrement sur une base volontaire. Ça duré près trois ans.

Puis, j’ai dû abandonner, car j’avais un projet de vie avec une personne.

Mais quelque chose me chicotait continuellement : les personnes qui venaient étaient déjà acquises à la foi, mais celles que je voulais atteindre n’étaient pas là, celles qui avaient décroché.

VOLUME : Comment renouer avec Dieu ?

C’est la raison qui a légitimé l’écriture de mon prochain livre qui paraîtra en mars prochain et qui s’intitule Comment renouer avec Dieu? Permettez-moi d’en dire quelques mots, car cette démarche est inséparable de mon cheminement dans la foi.

En d’autres termes, l’état actuel de ma foi et ma préoccupation première en ce domaine sont fortement tributaires du climat socioculturel et religieux dans lequel ils s’insèrent.

Il y a quelques années, j’ai fait le constat que beaucoup voudraient revenir à Dieu, mais dans un horizon nouveau!

Jai beaucoup réfléchi aux questions :

1·         Quelle est la foi qui réconcilie avec Dieu?

2·         Comment redonner aux gens le Dieu auquel leur âme aspire?

3·         Qu’est-ce que la foi apporte de plus à l’être humain?

4·         Pourquoi voué sa vie à Dieu?

5·         Pourquoi croire en Dieu ? Qu’est-ce que Dieu apporte de plus? Pourquoi vouer sa vie à Dieu plutôt qu’à  Bouddha, Marx ou Madonna?

Après la période d’abandon de Dieu et de la pratique religieuse, je crois que nous sommes arrivés à l’ère du renouement avec Dieu.

Dans le contexte socioculturel et religieux de notre époque, Dieu a perdu sa signification, sa raison d’être, sa pertinence. On se demande maintenant quelle peut être l’utilité de Dieu dans le monde actuel?

Il faut dire que nous sommes passés d’une époque où il était inconcevable de ne pas croire en Dieu, à une époque où la foi n’est plus qu’une option parmi d’autres.

J’ai tenté de rendre Dieu signifiant pour l’homme et la femme d’aujourd’hui. J’ai essayé de donner à Dieu sa chance d’exister.

Quelque chose de comparable, dans l’ordre de la nature, à la recherche de ses parents biologiques quand on les a perdus. Qui n’a pas entendu parler de la nostalgie de la recherche de nos origines, celle de retrouver ceux à qui l’on doit la vie? J’imagine que c’est un peu comme cela avec Dieu. Un jour ou l’autre nous éprouvons le besoin de retrouver nos origines spirituelles, surnaturelles et divines, de renouer avec l’Auteur de notre vie, celui qui nous a créés.

Où suis-je rendu dans ma propre foi?

Mais c’est ici que je vis un curieux de paradoxe. J’ai parlé de la foi des autres, mais je me pose à moi-même la question : Où suis-je rendu dans ma foi?

1·         Après avoir tenté de légitimer Dieu, on dirait qu’il devient moins évident pour moi. On dirait qu’il se dérobe.

C’est comme si Dieu voulait me faire comprendre ceux qui ne croient pas.

Si Dieu était pour moi d’une totale évidence, il n’est pas sûr que je comprendrais ceux qui doutent ou qui ne croient pas.

2·         Même après avoir tenté de rendre Dieu signifiant pour les autres, je dois le rendre constamment signifiant pour moi, jour après jour.

Je suis un peu comme cet homme qui entre dans une église et fait cette prière à Dieu :

«Avant je doutais de moi. Je me suis mis à croire en vous, ce qui m’a donné confiance en moi. Maintenant que je crois en moi, je doute de vous.»

                   (Quelques mystiques de Sempé, Deno)

La foi demeure pour moi un clair-obscur, même en essayant d’apporter Dieu aux autres, je cherche Dieu. Je suis en état de recherche constante de Dieu.

Je le perds, je le trouve, je le perds, je le trouve.  Une réalité évanescente.

Ma foi est liée cette question : «Dieu où es-tu?», ce que j’appelle le «cri primal de Dieu».  Ce cri je l’ai lancé à Dieu bien des fois ma vie?

Un jour, au plus fort de son épreuve, Teilhard de Chardin lança à Dieu cette plainte qui pourrait fort bien être la nôtre :

«Pourquoi, Seigneur? Tes créatures se tiennent devant toi, éperdues et angoissées, implorant ton aide; et il te suffirait, si tu existes, pour les faire accourir vers toi, de montrer un rayon de ton regard, le bord de ton manteau; mais toi, que ne le fais-tu?[1]»

Dans la Genèse, après sa faute, Adam se cache et Dieu l’interpelle ainsi : «Adam où es-tu?» À leur tour, l’homme et la femme modernes interpellent leur Créateur: «Dieu où es-tu?». Ce qui nous oblige à lire maintenant la Genèse à l’envers.

 

Comment mieux dire qu’Hubert Reeves qui écrit dans Malicorne :

«C’est tout ailleurs que Dieu maintenant se situe. On le rencontre au niveau des interrogations, et non plus au niveau des certitudes. Il prend sa place dans le voyage intérieur de chacun d’entre nous. Il est la trame secrète de ce parcours qui se poursuit tout au long de l’existence. On le trouve mêlé à nos angoisses et à nos questions sur le sens profond des choses. Il est en relation avec cette conviction intime que, au-delà  de ce qui se donne à voir, il y a «quelque chose» dans lequel nous sommes profondément, vitalement, existentiellement impliqués»

Tous ces aspects qu’évoque Hubert Reeves occupent le champ quotidien de la conscience humaine. C’est avec ces questions que nous vivons jour après jour sans toujours trouver des réponses satisfaisantes. Mais ce champ de questionnement est aussi celui où Dieu nous rejoint.

 

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Si vous me demandez «Crois-tu en Dieu?», pour y répondre j’emprunterais volontiers la réponse du théologien Jean Des clos qui avouait un jour:

«Je ne sais pas de certitude absolue que Dieu existe, que les anges et les archanges peuplent le ciel, que les livres saints sont inspirés, que Jésus est le Fils de Dieu, que l’Esprit agit dans les cœurs. Mais je sais que j’y crois, et que je ne suis pas le seul à y croire.» (L’anthropologie spirituelle, collectif de textes sous la direction de Jean Des clos, Médias paul, 2001, p. 114-115)

Certes, j’ai rencontré Dieu, mais ça n’a jamais été le coup de foudre. Je n’ai jamais atteint l’ivresse de Dieu et encore moins la «folie» de Dieu.

Toutes les soifs de ma vie se sont disputées celle de Dieu. Beaucoup de ces soifs se sont présentées à moi comme des mensonges. D’autres m’ont appris que je n’étais pas aussi vertueux que je ne le pensais. Mais en même temps, chaque source à laquelle je me suis abreuvé m’a révélé, comme pour la Samaritaine de l’Évangile, que seule l’eau de la vie éternelle pouvait rassasier

Il y en a qui prouvent Dieu par l’amour qu’ils ressentent pour lui. Je sais, pour avoir échoué bien des fois, qu’on n’approche pas Dieu par le raisonnement. Dieu ne se comprend pas rationnellement. Emmanuel Kant l’a vu mieux que les théologiens et les Pères de l’Église quand il affirmait que Dieu n’est pas un savoir, mais une croyance. Dieu, s’il existe, fait partie des réalités cachées, profondes, mystérieuses, impalpables, qui s’éprouvent plus qu’elles ne se prouvent.

Conclusion

Au terme de mon témoignage ce que je pourrais vous dire de mieux sur ma foi serait ceci :

J’appartiens à la catégorie de ceux qui ont parié sur Dieu et qui entendent tenir leur pari jusqu’au bout. Ma foi personnelle relève plus d’un parti-pris que d’une certitude. Elle est tributaire d’un choix ou, comme le dit Pascal, d’un «pari».

Pour expliquer mon choix, voici une petite parabole fort lumineuse empruntée à un pasteur protestant:

«Un homme monte sur un chemin de montagne. À la main, il porte un flambeau avec détermination, et pourtant il trébuche presque à chaque pas. En effet, il est aveugle. «Mais alors, lui dit-on, ce flambeau, pourquoi vous en encombrer?» Et l’aveugle de répondre: «En portant ce flambeau, je veux faire honneur à la lumière que je ne vois pas. Je veux porter haut le flambeau de la lumière et servir la vérité que je ne vois pas. Je porte ce flambeau gratuitement, par espérance en la vérité de la lumière. Je le porte par la foi.»

 


Teilhard de Chardin, cité par V. Messori dans Hypothèses sur Jésus, Éditions Mame, 1978, p. 18.

Hubert Reeves, Malicorne. Réflexions d’un observateur de la nature, Le Seuil, coll. «Science ouverte», 1990. Édition de poche dans la collection « Points Sciences », septembre 1995, janvier 1998.

Diane et Nick Verreault

PARTAGE DE DIANE & NICK

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Diane

Bonjour,

Je suis la 4 ième d’une famille de 8 enfants, 5 garçons, 3 filles, et l’aînée des filles. Je suis native de Québec. Mes parents ont été un beau modèle pour moi. Mon père cumulait 2 emplois parfois pour arriver à  joindre les 2 bouts afin que nous ne manquions de rien.

Quant à  ma mère, c’était une femme extraordinaire; elle a gardé son père à la maison durant 20 ans, jusqu’à ce qu’il décède. Mes parents étaient d’une grande générosité; ils étaient toujours prêts à  accueillir les neveux qui venaient de l’extérieur pour travailler à  Québec. Ils ont aussi été famille d’accueil pour les enfants à  caractère difficile dont personne ne voulait. Mes parents m’ont transmis de belles valeurs entre autres, la générosité, l’accueil, l’honnêteté, le sens des responsabilités et la foi. Dès l’âge de 3 ans, mon grand-père maternelle m’amenait à  la grand-messe le dimanche. Après le souper, il fallait réciter la prière en famille. C’était une priorité, les sorties c’étaient après. Il y avait aussi la messe du dimanche et les vêpres qui étaient obligatoires.

J’ai fait mes études chez les religieuses. J’ai donc grandi avec des valeurs chrétiennes très fortes : le mois de Marie, la confession aux 15 jours, la messe du 1er vendredi du mois, et celles durant le carême. Tout ceci a fait que ma foi a grandit au fil des années. A 16 ans je voulais travailler pour aider mes parents et avoir un peu d’argent pour mes dépenses, j’ai donc suivi un cours de secrétariat et j’ai travaillé  jusqu’à  ce que je me marie, car cela faisait partie de mes projets de me marier et d’avoir des enfants.

Donc un certain samedi soir en 1968, à  l’endroit où j’allais danser, j’ai rencontré Nick. Je suis vite tombé amoureuse de lui et après 2 ans de fréquentations, le 9 mai 1970, convaincus d’être faits l’un pour l’autre, nous avons dis oui devant Dieu et la famille. Nous avons eu 2 belles filles Nancy et Vicky, dont nous sommes très fiers. Nous avons fait de notre mieux pour leurs transmettre les valeurs importantes à  nos yeux.

Nick étant militaire, il était appelé à  s’absenter souvent soit pour des cours ou des exercices. Alors je voulais être là  pour nos enfants pour leur offrir une sécurité et une stabilité. Pour moi, l’éducation des enfants c’était l’affaire des parents et j’étais prête à  faire des sacrifices pour y arriver.

J’ai eu la chance d’avoir une mère à  la maison, et surtout j’appréciais sa présence à  mon retour de l’école. Chez nous on était pas riche, mais nous étions heureux, alors j’ai grandi avec la conviction que l’argent c’était secondaire, pourvu qu’on s’aime, qu’on ait un toit, de la nourriture et la santé, cela suffisait.

J’ai réalisé que j’avais pris la bonne décision de demeurer à  la maison lorsqu’en 1975 Nick a été transféré à  Chibougamau. Pour la fille de Québec, déménager à  Chibougamau ce fut un choc culturel. Ce départ fut très difficile pour mes parents, surtout pour ma mère, car pour elle je partais à  l’autre bout du monde. À l’époque, nos filles avaient 1 an et 3 ans. C’était tout un défi pour moi, mais comme on dit :  qui prend mari prend pays.

J’étais loin de ma famille, j’ai dû apprendre à  me débrouiller seule mais heureusement je me suis faite des amies extraordinaires. Et lorsque je m’ennuyais trop, Nick était toujours prêt pour un petit voyage à  Québec. J’ai passé 5 ans à  Chibougamau et je peux dire que ce fut une expérience positive, car cela a  transformé ma vie et celle de mon couple. Cela nous a aussi permis d’avoir une belle vie de famille en faisant plein d’activité avec les filles.

Ce que j’ai oublié de vous dire, c’est qu’après le mariage, j’ai délaissé certaines habitudes, comme ce fut le cas pour la messe. Je me sentais libre, je n’avais plus personne pour m’obliger à y aller. Avec l’arrivée des enfants, j’avais toujours une excuse pour me déculpabiliser, jusqu’au jour, où j’ai reçu la visite du curé, il faisait sa tournée paroissiale, (ils avaient le temps pour le faire dans ces années là ). Donc, on jase et il me dit : (je ne vous ai jamais vu à  la messe)? Je lui réponds : (comment pouvez-vous reconnaître ceux qui y vont?) Il réplique : (Je reconnais les visages et le votre je ne l’ai pas vu). Je lui sers mon excuse, j’ai 2 jeunes enfants : ( à  l’époque 2 ans et 4 ans) elles sont trop jeunes. Encore là , il a  réponse à  tout en disant : on a une partie de l’église spécialement pour les jeunes enfants, c’est vitré, alors ils ne dérangent pas. Je lui dis je vais réfléchir et peut-être que je tenterai l’expérience. Là-dessus, il me répond en souriant : Et bien avertissez-moi quand vous viendrez, comme ça, je ne tomberai pas sur le dos en vous voyant.  Pas besoin de vous dire, qu’il m’avait dérangée intérieurement et je me sentais coupable d’avoir mis ma foi en veilleuse. 

J’ai donc assisté à la messe le dimanche suivant avec Nick et les Filles. Et par la suite les autres dimanches les filles préféraient être assises dans l’église et elles étaient très sages. A ce moment là, je ne voyais pas les signes, mais aujourd’hui en y réfléchissant, je pense que c’est Dieu qui a placé ce curé sur ma route, pour venir me réveiller. Il y a eu un autre événement qui m’a secouée davantage. Cela est arrivé un 23 décembre 1978, nous descendions passer les fêtes à  Québec. Dans le parc de Chibougamau on a eu un accident. Nous avons capoté et nous avons atterri sur le toit dans le fossé. Heureusement il y avait beaucoup de neige, cela a amorti le choc.

Personne n’a été blessé, nous avons été très chanceux. Pour moi cela était plus que de la chance, Dieu veillait sur nous. Nous avons eu du secours rapidement et après avoir fait remorquer et débosseler l’auto au garage, qui dura quelques heures, nous sommes repartis pour Québec. Pas besoin de vous dire que ce Noel a été très différent pour moi et que j’ai remercié Dieu de nous avoir protégés. Suite à cet accident, je me suis dis que j’avais vraiment une mission à remplir ici-bas et je n’ai pas tardé à la découvrir. Car en 1979 Nick et moi avons vécu la FDS de RC. Ce fut une expérience exceptionnelle.

Nick

Pour débuter je vais vous faire part des moments vécus durant  mon enfance. Je suis née à  Rimouski,  et j’appartiens à  une famille qui compte 10 enfants dont 6 frères et 4 sœurs et je suis le 5ieme.  Je peux vous dire que parfois cela n’était pas facile de prendre sa place, il fallait jouer du coude, mais c’était une très bonne école pour apprendre à  vivre en société.

Malheureusement j’ai vécu avec un père absent de la maison, il devait aller travailler sur les chantiers de construction. Je le voyais à peu près une à  deux semaines à  tous les 3 mois, pas assez pour engendrer une relation père-fils. Je peux vous dire qu’en sa présence nous devenions sages comme des images et l’atmosphère était plutôt froide.

Son absence m’a affecté, car j’aurais bien aimé que notre relation soit plus amicale et que j’apprenne à  connaître cet homme.

Ma mère faisait tout son possible pour nous éduquer, cela n’était pas toujours facile pour elle. Elle devait avoir beaucoup d’amour pour nous car elle n’a jamais failli à  la tâche et a assurément gagné son ciel.

Je me souviens que durant mon enfance, ma mère nous obligeait à  aller à  la messe, avec un 25 cents pour la quête, mais je confesse aujourd’hui que les machines à boules m’attiraient davantage. Dans ce temps-là, j’avais 5 parties pour 25 cents, cela durait le temps de la messe.

Pour mes frères et sœurs cela se passait assez bien à  part quelques embrouilles entre nous ce qui était tout à  fait normal. A l’heure des repas quelquefois, on se demandait ce que nous voulions faire plus tard, je crois bien que je les ai tous impressionné quand je leur ai dit spontanément que je voulais être un prêtre. Ils se sont tous mis à rire. Je pense qu’ils ne me voyaient pas vêtu d’une soutane étant le plus malcommode de la famille. Chez nous il n’était pas question de sauter la prière du soir et à  7 heures, il fallait être là, car ma mère y tenait mordicus. Comme je voulais être autonome et gagner ma vie, je suis parti de la maison à  16 ans. Voyant que le travail que j’avais trouvé, ne me permettait pas de gagner ma vie adéquatement, à  18 ans je suis entré dans les forces armées, pour voir du pays qu’ils disaient. A  part d’être allé à  Chypre à  deux reprises pour le maintien de la paix, et à  Chibougamau, je pense que je n’ai pas vu grand-chose. Mon cheminement de foi a commencé tout doucement. Je me rappelle que je priais rarement, mais une fois j’étais à  Québec c’était l’automne,  j’avais 18 ans je marchais seul dans les rues de la ville et il faisait très froid. J’aperçu un couple en avant de moi et la fille était collé sur son chum pour se réchauffer. Je trouvais ce couple chanceux d’être deux, car moi j’étais seul.

C’est à  ce moment que j’ai prié Dieu en lui disant : «Seigneur si jamais un jour une fille veut bien de moi, je ferai tout mon possible pour la garder.» Ce fut pour ainsi dire ma première prière qui venait du fond de mon cœur. C’est ainsi que 6 mois plus tard je rencontrais Diane par un pur hasard. Il fallait bien que je donne à  Dieu un peu de temps pour qu’il me fasse rencontrer la perle rare. Alors il s’en est suivi des rencontres les bons soirs.

Après mon premier séjour de  6 mois à Chypre, avec les  forces armées j’ai réalisé que Diane était la femme de ma vie, je voulais me marier. J’étais certain que nous allions être heureux ensemble. Alors le 9 de mai 1970 on s’est dit oui pour la vie. Dans ces années-là, on se mariait pour la vie.  Nos premières années, ont été des années de découvertes. Je réalisais que notre bagage était différent, notre éducation et nos valeurs n’étaient pas les mêmes. Durant notre séjour, à Chibougamau, c’était important pour Diane d’aller passer le temps des fêtes dans sa famille. C’est durant l’un de ces voyages que nous avons eu un accident de voiture. Cela m’a fait  réaliser qu’il serait temps de me rapprocher de Dieu, et pour cela aller à la messe me semblait un bon début. Dans cet accident j’ai pris conscience  que j’aurais pu perdre ce que j’avais de plus cher à mes yeux, Diane et nos deux filles.

Diane me demandait depuis 2 ans d’aller vivre une fin de semaine pour couple. Je lui répondais toujours que je n’avais pas besoin de cela pour vivre ma vie. Quand elle me demanda d’aller à une soirée d’information de RC, j’ai dit oui, je n’avais rien à perdre et en même temps je lui faisais plaisir. Quel ne fut pas ma surprise de voir l’amour de ces couples dans leurs yeux, comme dans le temps de nos fréquentations. Je me suis posé cette question : «Pourquoi l’amour que j’avais pour Diane n’était plus aussi visible qu’au début?»

C’était la routine qui avait pris le contrôle de notre vie de couple, je vivais en marié-célibataire. J’étais marié mais j’agissais comme un célibataire. Suite à cette soirée je lui ai dit oui et assurément par orgueil je lui ai dit que j’y allais pour la changer. Nous voilà  parti encore une fois pour Québec, vivre la fin de semaine de Renouement conjugal. Je me sentais très nerveux face à ce que j’allais vivre, je savais que j’aimais Diane, mais à quel point, je ne pouvais pas dire la profondeur de mon amour pour elle. A cette fin de semaine j’ai découvert en moi qu’il y avait aussi du bon et que Dieu ne fait pas de scrap!!!

Durant cette FDS j’ai pu enfin ouvrir les yeux de mon cœur et j’ai découvert en Diane une personne remplie d’amour pour moi et les siens. Quelle belle vision et cela fut possible car en acceptant Dieu dans mon cœur, j’ai commencé à aimer autrement.

Je peux dire aujourd’hui que j’ai épousé Diane 2 fois, la première fois avec ma tête et mon corps en 1970,  et la deuxième fois, durant cette FDS, c’est avec mon cœur et mon âme que je l’ai épousée. C’est lors de ce deuxième mariage symbolique que j’ai goûté au vrai bonheur, en plaçant Dieu au cœur de notre couple. Je puis vous dire que pour moi qui allais vivre la fin de semaine pour changer mon épouse, c’est à moi que cela a fait le plus grand bien.

Après cette FDS Diane en plus d’être mon épouse, elle est devenue mon amie et ma confidente. Je pouvais lui partager tout ce que je vivais soit au niveau du travail  ainsi que mes états d’âme. Je ne me sentais pas jugé mais accueilli par elle. Le temps que je prenais pour dialoguer avec Diane, me procurait de beaux moments de rapprochement. Grâce à cette FDS j’ai également commencé à dire à mes enfants combien je les aimais, ce que je ne disais pas souvent.

Je me souviendrai toujours sur le chemin du retour, ma grande fille avait placé sa main sur mon épaule durant tout le trajet. Je pense qu’elle venait de découvrir son père et j’en remerciais Dieu pour cet amour.

A mon retour à Chibougamau, comme j’étais tout feu tout flamme, à cause de ce que je venais de découvrir, je ne voulais pas le perdre et surtout je ne voulais pas que cela devienne un feu de paille. Je me suis informé s’il y avait des rencontres après week-end, et ainsi Diane et moi avons fait partie d’une cellule d’amour avec 3 autres couples.

Quelle belle expérience de l’amour de Dieu au cœur de ces rencontres. Encore aujourd’hui après 30 ans nous sommes encore en contact avec eux, et nous nous voyons à  l’occasion.

Diane Durant cette FDS de RC,  je me suis rapprochée de Nick, mais surtout j’ai compris le vrai sens du sacrement de mariage, ce dont je n’étais pas tout à fait consciente lorsque je me suis mariée à 20 ans. Oui je savais que je voulais me marier à l’église, cela faisait partie de mes valeurs, mais avec RC, j’ai réalisé toute l’importance de la grâce du sacrement de mariage, celle-ci me donnait la force et le courage pour surmonter les moments plus difficiles dans notre vie de couple.

Dieu était au cœur de notre couple et je pouvais Lui faire confiance. J’ai aussi trouvé des outils pour m’aider à mieux dialoguer avec Nick. Grâce à  l’écriture, je pouvais partager à Nick ce que je vivais sans avoir peur d’être jugée.

J’ai pris le risque de lui faire confiance en lui partageant mes sentiments et mes besoins. Grâce à son accueil et à  son écoute je me suis sentie aimée. J’ai également appris à accepter nos différences et à accepter

Nick tel qu’il était et non pas comme je voulais qu’il soit. J’ai fait de Nick mon # 1 et de ma relation de couple, une priorité.

Grâce à  cette FDS nous nous sommes rapprochés et nous avons ravivé la flamme de notre amour. Suite à  cette FDS, j’ai découvert ma mission : je voulais m’impliquer auprès des couples pour leurs transmettre le bonheur que je vivais et tout ce que je venais de découvrir. En 1980, Nick a été transféré à Bagotville. Encore une fois cela représentait un autre défi. N’ayant pas de famille au Saguenay, à part une tante qui demeurait à  Arvida, il me fallait m’adapter à cette région et faire en sorte que ce déménagement n’affecte pas trop les filles. Ce qui nous a aidés à s’intégrer dans notre nouveau milieu c’est RC. Car c’est à la Baie que nous avons commencé à faire du bénévolat au sein du mouvement. Nous avons eu la chance de travailler avec l’abbé Paul Côté comme trio responsable pour La Baie et le bas -Saguenay. Cela m’a permis de découvrir l’homme derrière le prêtre et très vite nous avons créé des liens d’amitié. Notre implication au sein de RC, a duré 13 ans. Durant ces années nous avons assisté à des soirées mensuelles et à des congrès, ce qui nous apportait un ressourcement pour notre couple et une motivation à continuer notre engagement.

En 1985, nous avons eu la chance et l’opportunité de vivre avec les filles la FDS de EVF. Nancy et Vicky avaient alors 13 ans et 11 ans. Pour nous c’était l’âge idéal. Nous avons découvert des moyens pour mieux communiquer ensemble. Chaque soir on prenait du temps en famille pour partager ce qu’on vivait, face à notre journée ou face à l’école.

Cette expérience fut très enrichissante pour toute la famille. Cela a grandement aidé à traverser la période de l’adolescence. Nous étions plus à  leur écoute. Elles savaient qu’on était là  pour elles et surtout qu’on les aimait inconditionnellement, car être parents, c’est un engagement pour la vie. En 1989, Nick a pris sa retraite des forces armées.

De mon côté, je suis retourné sur le marché du travail. Cela m’a permis de trouver une amie et cette belle amitié dure depuis 21 ans. Puis en 2000, RC a changé de nom pour VEA et on nous a approché de nouveau pour être trio-coordonnateur de l’unité nord-est avec Mgr Jean-Roch Gaudin qui comprend; Saguenay,  Lac St-Jean et Côte-Nord), cela impliquait également d’être animateurs de FDS. J’ai hésité avant d’accepter, je n’étais pas certaine d’être à la hauteur. J’ai prié Dieu afin qu’il m’éclaire. J’ai eu ma réponse un dimanche à la messe durant l’homélie  en entendant ces mots : « Dieu n’appelle pas ceux qui sont capables, mais il rend capables ceux qu’il appelle».

Cette phrase est devenue mon leitmotiv à  chaque fois que je doutais de moi et de mes compétences. Mais au moment où nous avons dit oui, à  l’appel de VEA, Nick a  eu un accident au travail. Cela fut des moments très difficiles pour moi. Je venais de réaliser que je pouvais le perdre et je ne m’imaginais pas ma vie sans Nick à mes côtés.  J’ai donc décidé de laisser mon travail pour prendre soin de Nick et profiter pleinement de la vie. J’ai remis mes priorités à la bonne place.

La prière m’a grandement aidé à passer au travers de cette terrible épreuve. Et lorsque Nick fut guéri, c’est avec joie et en rendant grâce à  Dieu que nous avons rempli notre engagement. Notre mandat devait durer 3 ans, mais après 2 ans et demi on nous a de nouveau interpellés, pour être trio-coordonnateur du district 2 avec un prêtre de Québec l’abbé Claude Côté, qui cette fois représentait tout le Canada francophone.

Nous animions toujours les fins de semaine pour les couples.

Le fait d’animer ces FDS, c’était un cadeau pour nous. Cela nous permettait de revivre la FDS, de se ressourcer  et de refaire le plein pour continuer notre mission. Notre récompense on l’avait quand on voyait le cheminement des couples du vendredi soir au  dimanche après-midi. Ils étaient plus amoureux et c’était beau à voir. C’était valorisant et stimulant pour nous les animateurs. Suite à ces FDS, il y avait un suivi offert aux couples d’une durée d’un an. En tant qu’animateurs nous devions accompagner les couples durant cette démarche.

Nick

À notre arrivé à Bagotville, une nouvelle vie nous y attendait avec des implications plus importantes dans le mouvement. L’amour en moi grandissait pour Dieu, Diane et les enfants. J’ai parfois douté de l’amour de Dieu. Un jour sur une fin de semaine un prêtre nous disait de ne pas avoir peur de demander des choses à Dieu. Alors je lui ai demandé s’il m’aimait. Et voilà qu’un jour la réponse est arrivée par un couple qui lui aussi avait vécu la FDS de RC.  Depuis ce jour je n’ai plus jamais eu aucun doute de l’amour de Dieu  pour moi. Lorsque nos filles sont devenues adolescentes,  nous avons réalisé que notre première mission était notre rôle de parents et  nous voulions être présents pour elles. Je ne voulais pas leur faire vivre ce que j’avais vécu à cause de l’absence de mon père.

C’est pourquoi durant un certain temps nous avons délaissé notre bénévolat. Mais durant ces années, nous avons vécu d’autres fins de semaine pour les couples, dont : Priorité Couple, et au Cœur du Couple et la fds d’épanouissement, dont nous sommes devenus animateurs.  Cela nous a permis de continuer notre cheminement et à  alimenter notre amour.

Quand nous avions à sortir pour notre bénévolat, Diane et moi confions toujours à  Dieu nos deux amours durant notre absence. Je trouvais normal qu’il soit le gardien de nos enfants pendant qu’il nous envoyait partager son amour. «Mais il y avait quand même une gardienne.» Suite à un accident de travail en 2001, j’ai fait  plusieurs embolies pulmonaires, je me suis retrouvé en très mauvaise position entre la vie et la mort. Je me suis abandonné à Dieu en lui disant que, moi je ne pouvais plus rien faire, je lui laissais cela entre les mains, surtout que je venais tout juste d’accepter de m’engager avec Diane dans VEA. Alors s’il voulait que je travaille auprès des couples, il lui fallait me remettre sur pied. Grâce à ma foi j’ai  surmonté cette épreuve et j’ai pu accomplir ce qui me tenait à  cœur, c’est-à-dire travailler auprès des couples. Cela fait maintenant 10 ans que je vis sur du temps emprunté, je vous assure que je ne vois plus la vie de la même façon. J’apprécie plus les beautés de la vie et les trésors qui sont près de moi et je suis plus sensible à la fragilité de la vie.

Durant mon bénévolat, j’ai rencontré des couples et des prêtres formidables qui ne comptaient pas les heures et l’amour qu’ils donnaient pour le bien être des couples. J’ai réalisé que ces prêtres étaient avant tout des êtres humains tout comme moi avec des sentiments et aussi un cœur pour aimer. Ils ont été pour moi des témoins de l’amour du christ pour son église.

Que ce soit à mon travail ou dans mon bénévolat j’essaie toujours de découvrir la beauté dans chaque personne. Ma fds de RC a fait de moi une autre personne, je suis plus à l’écoute et j’ai appris à aimer avec mon cœur.

Aujourd’hui je n’hésite pas à dire à mes enfants et mes petits-enfants que je les aime et cela peut importe leur âge. Diane Avec le temps malheureusement, il n’y avait plus assez de couples intéressés à vivre cette belle fds, de VEA et en 2006, nous avons dû abandonner.

Cela m’a beaucoup attristée. Mais comme bénévoles, vous le savez surement, nous ne sommes jamais longtemps au chômage. Donc nous avons été interpellés pour faire partie du CDP (conseil diocésain de la pastorale), pour représenter les couples et les familles. Nous avons accepté car cela était en lien avec notre engagement. Ce mandat a duré 3 ans.  Encore là, nous avons côtoyé des gens généreux et engagés. C’est d’ailleurs au CDP que nous avons rencontré Pierre-Julien. Cet engagement m’a fait voir une autre facette de l’église, pas la bêtise, mais de la communauté qui forme l’église. J’ai également suivi la démarche d’ennéagramme, avec Rose Côté, qui m’a permis de continuer mon cheminement personnel et spirituel.

J’ai découvert une autre facette de moi. Ayant toujours fait passer les autres avant moi, je m’étais un peu oubliée. Mon besoin d’être aimée faisait en sorte que je ne disais pas toujours ce que je pensais pour éviter des conflits.

Avec l’ennéagramme, j’ai compris que je pouvais m’affirmer sans risquer d’être rejetée et que cela enrichissait mon estime de soi. J’ai également découvert les bienfaits de la méditation.

Tout au long de ces années de bénévolat, j’ai rencontré des couples, des prêtres et des religieuses exceptionnels, qui ont été des modèles pour moi et des sources d’inspiration, dont certains qui sont devenus des amis très chers.

L’amour et le temps que j’ai partagé avec les personnes que j’ai côtoyé m’a été rendu au centuple et cela a eu un effet bénéfique sur moi en me valorisant, et en découvrant le potentiel que j’avais en moi et sur ma relation avec Nick, en renforcissant notre amour.

Aujourd’hui nous sommes moins engagés auprès des couples, mais nous continuons de donner de notre temps et à témoigner de notre foi et de notre amour. D’ailleurs, c’est en tant que couple que nous avons été interpellés pour être ministre de communion à Notre-Dame du Royaume et je suis également impliquée dans un comité de liturgie et à la décoration de l’église.

Nous avons aussi la chance et le privilège de faire partie d’une communauté de soutien avec des personnes extraordinaires, que nous avons rencontré dans RC et qui partagent les mêmes valeurs que nous. Cela fait 22 ans que nous nous rencontrons une fois par mois pour partager sur un thème choisi. De forts liens d’amitié se sont développés au fil des ans. Au cours de ces années, nous avons vécu des évènements importants ensemble, certains heureux, d’autres malheureux, mais cela a contribué à renforcir nos liens d’appartenance.

Ces rencontres sont un très bon ressourcement pour moi et cela me permet de vivre de beaux moments de rapprochement avec Nick.

Il y a aussi ma messe du dimanche qui est pour moi une bonne façon de me ressourcer spirituellement. Maintenant, je ne vais plus à la messe par obligation, mais pour remercier Dieu et lui rendre grâce. C’est comme si je rendais visite à mon père. Tout comme  j’ai besoin de manger pour vivre, j’ai besoin de l’eucharistie pour alimenter ma foi. Nous avons également le bonheur d’assister à la messe des familles avec nos 2 petites-filles qui font partie des brebis de Jésus.

En tant que grands-parents, Nick et moi se sentons responsable de transmettre nos valeurs de foi à nos petits-enfants, tout comme nous l’avons fait pour nos filles à l’époque. Nous nous faisons un devoir d’assister aux moments importants de leur vie, soit à leur 1er communion et à leur confirmation comme ce fut le cas de nos petits-fils.

Mon rôle de grand-mère se manifeste par de la disponibilité et de l’écoute. Avec 5 petits-enfants, âgés de 5 à 14 ans, dont 2 garçons dans les sports, garçon dans les cadets, et 2 filles au ballet, pas besoin de vous dire que les invitations ne manquent pas : tournois, parade, spectacles, anniversaires, etc.

Cela fait 41 ans que nous sommes mariés. Il y a eu des hauts et des bas comme chez tous les couples, mais grâce à RC et à ses outils nous avons appris à surmonter les moments difficiles. En faisant une place à Dieu dans notre vie, cela contribue à notre bonheur. Nous avons développé une belle complicité et le soir avant de s’endormir c’est ensemble que nous faisons notre prière. Aujourd’hui on profite de chaque moment de la vie et faisons en sorte de continuer à garder notre relation plus amoureuse et plus harmonieuse. Je continue d’investir dans ma relation de couple car pour moi, rien n’est jamais acquis.

Je suis fière du chemin qu’on a parcouru ensemble, grâce à notre foi qui nous a guidés tout au long de notre engagement. Tout au long de ces années nous avons créé  un beau réseau d’amis, qui est devenue notre famille et cela est un très beau cadeau.

Je remercie Dieu d’avoir placé Nick sur ma route, et de m’avoir prêté 2 beaux- enfants et 5 petits- enfants. Je te dis MERCI Nick d’être là, toujours prêt à  tout pour me rendre heureuse. Grâce à ton amour, à ta grande bonté et à ton appui  j’ai pu travailler à cette mission à laquelle je croyais, car seule je n’aurais pu y arriver. Je me sens choyée de t’avoir à mes côtés.

Je conclurai avec cette pensée que j`aime bien : «On peut perdre ce que l’on a amassé, mais on ne peut nous enlever ce qu’on a donné».

Nick

Sans cette fds, premièrement je ne serais pas ici aujourd’hui et deuxièmement,  j’aurais passé à côté de la vraie vie et cela grâce à la ténacité de Diane.

Pierette Lachance et Maurice Fleury

TÉMOIGNAGE DE

PIERRETTE LACHANCE ET MAURICE FLEURY

mauricepierrette

Pierrette Lachance et Maurice Fleury forment un couple depuis quarante-cinq (45 ans). Ils sont parents de trois(3) enfants et grands-parents de cinq(5) petits-enfants et  trois (3) l‘adoption.  Pierrette est la dernière l‘une famille de sept (7) enfants.

Pierrette fut adoptée à l’âge de quatre (4) mois suite à la promesse au Bon  Dieu qu’ont fait ses parents et leurs  enfants l‘adopter un enfant si la santé revenait au père qui faisait une pleurésie et à leur petite fille de trois (3) ans,  ayant la paralysie infantile. Leurs prières furent exaucées et Pierrette fut adoptée. Pierrette et sa famille sont la preuve vivante que la foi transporte des montagnes.

Elle fut aimée, choyée dans un milieu familial dans lequel les valeurs: AMOUR, RESPECT, ENTRAIDE, SENS DU DEVOIR, RESPECT DE SA PAROLE, GÉNÉROSITÉ, SOLIDARITÉ Étaient vécus et véhiculés. Chez nous, dit Pierrette, la porte du cœur  Était toujours grande ouverte pour accueillir les plus démunis’’.

A l’Âge de 16 ans, Pierrette réussit à persuader ses parents de faire sa onzième année chez les Sœurs  Antoniennes de Marie à Chicoutimi avec une amie. Elle aspire à la vie religieuse, veut devenir postulante,  mais son père ne voit pas du même œil  la décision de sa fille,  la trouvant trop jeune pour entrer en religion : elle  n’avait pas vécu, elle n’avait jamais eu de petit ami et il disait que si elle avait la vocation, elle l’aurait encore dans cinq (5) ans.

Trois ans plus tard, Pierrette rencontre Maurice avec qui elle est depuis quarante-cinq (45). Pour réussir leur vie de couple, ayant des opinions très différentes sur l’Éducation  de leurs trois beaux enfants,  il a fallu travailler sur eux, sur le dialogue, leurs faiblesses, leurs entêtements, leurs différences et leurs  limites, elle Étant le bébé choisi de la famille, lui l’ainé qui avait toujours Été grand, responsable, Étant à onze (11) ans l’homme de la maison.

Afin l‘être sur la même longueur l‘onde, ils ont vécu : SOIRÉES POUR PARENTS ce qui leur fut très utile pour eux pour s’entendre, mieux dialoguer sur leurs besoins, leurs désirs, Être plus à leur Écoute afin de tenir le même discours envers leurs enfants. Par la suite, ils animèrent ces mêmes SOIRÉES durant quatre (4) ans. Ils vivent ensuite toute la famille : COUPLE ET FAMILLE, commencement l‘une vraie vie familiale, leur transmettant les valeurs raques de leurs parents. Leurs enfants ont adopté les  valeurs qui leur convenaient : l’esprit de famille, de partage, l‘amour, de générosité, Étant à l’Écoute de leurs enfants et disponibles. Pierrette se questionne sur leur pratique religieuse, mais  cette phrase la nourrit: VOS ENFANTS NE SONT PAS VOS ENFANTS, ILS VOUS ONT ÉTÉ PRÊTÉS.

Puis  RENOUEMENT CONJUGAL entra dans leur vie de couple, leur permettant de puiser des outils pour un meilleur dialogue, une plus grande complicité, un mieux-Être à deux dont ils furent les grands gagnants. Ils prennent conscience des forces de leur sacrement de mariage et prient Dieu de leur donner ces grâces inépuisables reliées au  sacrement de mariage, leur permettant de souder les liens entre eux.

La visite des responsables du Renouement Conjugal venant les rencontrer  amenait un CADEAU   impliquant un travail parfois exigeant, demandant du temps, du dialogue et de travailler leurs noirceurs! Pierrette s’est souvent dit : ALLO CADEAU! Mais à chaque fois l’Esprit Saint Était au rendez-vous et le travail terminé Était source de rapprochement, l‘échanges, de proximité et de meilleure connaissance de soi.

Ils firent ensuite : PROCESSUS PONT, les amenant dans toute la région, suscitant l’apostolat auprès des couples en difficulté et ensuite ils vécurent ÊTRE UN COUPLE y œuvrant  durant sept (7) ans, assumant le suivi post week-end de dix (10) rencontres. Ils voyaient, au cours des semaines ces couples cheminer, travailler sur leurs blessures parfois profondes, se redécouvrir, se ré apprivoiser, reprendre confiance l’un envers l’autres, vivre une grande foi en l’autre et faire aveuglément confiance à son partenaire afin de poursuivre sur la voie de la vie à deux demandant l’AMOUR avec un grand A.

A soixante ans, décidant de prendre sa retraite, pour bien clôturer cette Étape de sa vie Pierrette marche sur le chemin de Compostelle (790 km), Maurice, lui laissant vivre cette aventure seule, très solidaire de son projet. Elle veut remercier la Providence pour sa mère inconnue ayant fait le sacrifice de l’abandon, pour ses parents aimants l’ayant choisie, façonnée, aimée, pour le mari qui fut mis sur sa route, la rendant heureuse et avec qui elle veut vieillir, pour leurs trois enfants et leurs petits-enfants, pour toutes les personnes croisées sur leur route, pour toutes ces grâces reçues et qui viendront dans les futures  années.

Pierrette vit sa foi avec des actions concrètes et tangibles, en Étant attentive aux personnes autour l‘elle, les Écoutant, partageant un repas avec une amie, allégeant le quotidien l‘une aidante, par un téléphone! leur parlant de ses croyances, semant par l’exemple. Elle considère  la messe comme une nourriture dont elle a un réel besoin. Elle voit Dieu comme un AMI, et comme avec ses amis, elle aime le voir, le rencontrer, passer du temps avec lui. Pierrette a appris à LAISSER FAIRE, LAISSER ALLER, LÀCHER PRISE, FAIRE CONFIANCE,  lui seul sachant ce qui est bon pour elle, pour  le couple, pour ses enfants et petits-enfants. Elle vit l’abandon dans la foi.

Maurice est le troisième l‘une famille de sept enfants. Il témoigne de sa foi en se basant sur des expériences de vie, des faits, des obstacles vécus dans sa vie familiale, son couple, en famille avec enfants et petits-enfants.  Ses décisions et réalisations au quotidien font toujours partie de ses croyances. Sa mère demeurée veuve alors qu’elle avait à élever sept (7) enfants Était très croyante. Elle parlait souvent de Dieu et lui a fait connaitre. Sa famille, du côté maternelle Était tricotée serrée, ils demeuraient avec la grand-mère et les frères et sœurs de sa mère les visitaient souvent pour aider.

Sa relation avec sa mère Était une relation  l’associés en affaire. Il ne voulait surtout pas la décevoir. Elle a inculquée les valeurs l‘amour, l‘honnêteté, de travail et de détermination. Sa mère avait confiance en lui, son attitude aidant Maurice à croire à sa possibilité de faire des choses difficiles. Sa détermination l’a amené à compléter  son Cégep malgré le peu l‘encouragement reçu l‘un professionnel qu’il avait consulté. Il a fait une belle carrière chez Bell Canada comme technicien affaire. A la retraite,  a démarré et administré la Compagnie Téléphone Expert inc, qu’il a opéré; dix (10) ans. Maurice a appliqué les paraboles des talent  pour lui-même et au profit des autres.

Il se marie en 1966 et le mariage lui apparat au début comme un coup de dé. Pierrette partage et comble son quotidien depuis 45 ans.  Au début du mariage, il  lui demande de croire en lui, de lui faire confiance, ayant besoin l‘un climat de confiance et de bien-Être pour bien fonctionner et ne pas se décourager. Il fera tout son possible pour qu’elle soit heureuse et bien avec lui.

Comme couple, ils ont fait des efforts dans la communication afin de mieux se connaitre et l‘Être plus amoureux et plus heureux ensemble. Pour y arriver, ils se sont Écrits et ont partagé sur différents sujets pendant trois (3) mois sur une base de sentiments et de non jugements. Ils ont pris la décision de s’aimer au  quotidien.

Il décrit ses enfants et ses  petits-enfants comme des Êtres très importants qui sont dans ses pensées le font revivre. Étant très pris par son travail Maurice est souvent absent de la famille. Il remercie Pierrette qui fut très présente à la famille et sur qui il a pu compter.

Maurice tenait absolument à ce que ses enfants fassent des activités en dehors de l’École : dans le judo, les scouts, les jeannettes au ballet, dans les cadets! A travers leurs activités Maurice apprend davantage à les valoriser. Il est très fier l‘eux, il les aime, leurs bonheurs sont ses bonheurs, leurs malheurs sont ses malheurs. Avec Pierrette, il cherche à vivre des activités avec ses enfants et ses petits-enfants pour se rapprocher l‘eux, même s’ils sont loin et entretenir une relation l‘amitié et de proximité avec eux.

Pour avancer dans la foi, à travers les hauts et les bas, Maurice se fait davantage confiance et fait confiance à ses enfants en valorisant les victoires jour après jour. Il compare le fait l‘avancer dans la foi comme quand on fait de l’exercice physique. Le fait de tenir bon vers le but qu’il s’est fixé,  de prendre le temps nécessaire, le fait de faire confiance le fait avancer. Et que tout se fasse dans une atmosphère de bonne humeur!

En prenant conscience de ses capacités, en se formant, en gérant ses Émotions, en identifiant ses besoins et ses valeurs, en sachant prendre les moyens pour répondre à ses besoins, il Évolue dans la vie et aide l‘autres à avancer, à cheminer.

Françoise remercie nos témoins Pierrette et Maurice, qu’elle qualifie de couple l‘Évangile et de couple de Parole. Elle mentionne le dépassement de chacun, l‘humilité leur humanité et le fait qu’ils ont su entretenir leur couple. Elle remercie le Seigneur pour tant de lumière et l‘espérance.

Annie Laberge

Témoignage de Annie Laberge

Le 27 avril 2011

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Annie nous dit que c’est la première fois qu’elle vient à  Chicoutimi depuis son engagement à Marie Jeunesse. Elle dit : «on est toujours l’enfant de là  où l’on vient».

Elle trouve important de pouvoir partager son cheminement devant ceux qu’elle aime et  qui l’ont marquée dans son cheminement, c’est important pour elle qu’ils soient présents ici ce matin.

Elle présente  Marie-Jeunesse, communauté religieuse de jeunes, qui est une communauté nouvelle de  135 membres engagés provenant de dix pays différents vivant dans cinq maisons au Québec à Québec, à Sherbrooke, à Tahiti, en Belgique et aux Iles de la Réunion.

Annie connait Marie-Jeunesse à Chicoutimi, qui y fut durant huit ans. La communauté Marie-Jeunesse, née vers 1980, est le fruit de la prière de tant de gens pour les vocations. Des jeunes se posant des questions sur Dieu se réunissant pour prier le chapelet eurent la foi et devinrent contagieux. Ils eurent le désir de vivre ensemble pour vivre leur foi, donner leur vie pour Être tout à Dieu et s’engager dans leur milieu, vivre une mission avec les jeunes. Ils animent des retraites, font de la musique, des témoignages, un petit journal et ils voient des merveilles de Dieu à chaque jour.

Annie dira Être née dans une famille extraordinaire où elle reçoit beaucoup d’amour et la foi, le plus grand cadeau après la vie. Enfant passionnée, amoureuse de la beauté, ses deux parents Étant artistes, elle avait un grand désir d’aimer. Elle voulait Être missionnaire comme mère Theresa, rendre les gens heureux, faire du bien autour d’elle. Mais elle se trouvait bien ordinaire, n’arrivant pas à aimer comme elle aurait voulu aimer. Elle se sentant démunie devant la réalité.

À quinze ans elle tombe en amour. Sa peine d’amour fut le déclencheur d’une quête de sens. Elle aimait Jésus, mais ne savait pas qu’elle Était aimée, elle qui, pensait-elle,  n’avait rien pour attirer l’attention. Elle se disait : pourquoi me verrait-il ? Pourquoi Annie de Chicoutimi aurait-elle de l’importance pour lui? Depuis un an, elle Était profondément angoissée, elle n’avait pas le goût de vivre, elle n’avait plus de sourire. Elle se confie à sa mère et lui demande : Qui va pouvoir combler Ça? Sa mère lui répondit: le Christ seul  peut te combler.

Dans la même semaine, elle a une invitation à l’École Polyvalente Dominique Racine pour Écouter une jeune de son Âge,  Karine, qui raconte son témoignage de vie. Elle a rencontré Dieu qui a changé sa vie.  Elle a tellement l’air heureuse, elle a les yeux brillants, le sourire. Annie souligne : pour la première fois, je rencontrais une jeune de

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Mon Âge qui avait une face qui allait avec sa foi. Elle va la voir à la fin de son témoignage et lui demande : comment fais-tu pour Être si joyeuse? Karine l’invite à Marie Jeunesse le 19 mars 1992, le jour même de la fête de saint Joseph, qui a toujours suivi leur famille.

Jean-Marie Cloutier & Annie Laberge

En avril comme à notre habitude, le thème est en relation avec les jeunes !
Un dialogue-jeunnesse avec comme invités:
Annie Laberge et Louis-marie Cloutier !
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Micheline Hamel

Résumé du témoignage de Micheline Hamel pour le mouvement RSIP

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16 Mars 2011

Micheline Hamel eut la chance de naître dans une famille où la beauté était présente. Son père et sa mère étaient musiciens et ils ont occupé pendant plus de 25 ans, les postes de directeur de la chorale des hommes et d’organiste pour la paroisse St-Antoine de Chicoutimi. Dès la petite enfance, Micheline était disponible au recueillement, au silence et à la prière, et c’est avec grand bonheur qu’elle se souvient avoir tant de fois accompagné son père à la messe de 6.20h alors qu’il y chantait tous les matins. Ce bonheur que lui apportait déjà très jeune, le contact avec la beauté, c’est aussi très jeune qu’elle a le désir « de le partager ».

Micheline dit n’avoir jamais rêvé sa vie, mais c’est le Destin qui l’a rêvée pour elle. « Je n’ai jamais rêvé d’être professeur de musique; je n’ai jamais rêvé d’être peintre ou de diriger le choeur Euphonie des retraités de l’enseignement. Et pourtant, la vie m’a imposé tous ces cadeaux, et toujours mon attitude a été la même :

– d’abord m’y opposer catégoriquement,

– ensuite m’abandonner,

– et enfin travailler avec ténacité et persévérance.»

Deux grandes valeurs ont façonné la femme qu’elle est aujourd’hui et ont été déterminantes dans sa relation maître-élèves qu’elle développa auprès de milliers d’adolescents avec qui elle a travaillé comme enseignante de musique au secondaire. Ces deux grandes valeurs sont :

– la puissance de la foi et de la prière,

– la fragilité de l’être humain.

Ces deux valeurs fondamentales ou certitudes lui ont été dévoilées par deux grandes épreuves vécues dans sa famille et qui ont pris la forme de souffrances dont elle a été capable de tirer parti. C’est donc, fragile et en même temps forte de ces expériences de souffrance que Micheline, jeune femme dans le début de la vingtaine, débuta une carrière d’enseignement de la musique qui se prolongea pendant 33 ans; elle dut se fabriquer un modèle de discipline basé sur le respect de l’humain, convaincue que le sourire et la patience étaient plus forts que la punition et la réprimande, et que l’encouragement donnait des ailes à tout être humain . Un grand désir l’animait: faire vivre à ses élèves une « expérience de bonheur par la beauté». Le défi était de taille. Les premières années furent très pénibles, mais un jour, le succès devint palpable.

«Mes élèves ont vibré au bonheur que m’apportait à moi la beauté. J’avais su leur dévoiler ce bonheur ». Quand je leur disais : « Il faut me rejouer cet extrait, car c’est trop beau ! Comme ils étaient heureux ! Leurs yeux s’allumaient comme des étoiles et dès lors, le miracle se produisait. Ils vibraient à leur tour à cette beauté. Ils savaient que la musique pouvait et devait devenir «prière» si chaque note devenait un message de l’âme et du coeur, comme il se doit» Elle ajoute : «Je peux maintenant affirmer avec certitude que les jeunes sont sensibles à la beauté et plus encore, qu’ils en ont grand besoin ».

Quant au deuxième rêve que le «Destin a rêvé »pour elle, soit celui d’artiste-peintre, ce n’est qu’à l’âge de 32 ans, qu’à la demande incessante d’une grande amie de s’ inscrire à des cours d’aquarelle, elle finit par accepter de l’accompagner pour le côté social seulement, convaincue qu’elle n’avait aucun talent pour les arts visuels. Mais après avoir eu la même attitude de s’ opposer à cette proposition, elle s’y abandonna dès le premier coup de pinceau, découvrant la magie, la liberté et la sensibilité qu’offre l’aquarelle et continua à y travailler avec passion et persévérance depuis maintenant plus de trente ans .

Chaque jour à l’atelier où elle se rend avec bonheur, elle remercie le ciel de ce cadeau.

« Chaque jour, je suis en contact avec cette mystérieuse inspiration, convaincue qu’elle est rattachée directement au créateur suprême, Dieu, et qu’elle demeurera inexplicable et imprévisible. C’est toujours avec grand bonheur que j’accueille cette étrange visiteuse maintenant presque devenue compagne de tous les instants ».

Avant de commencer chacun de ses tableaux, là, debout devant son papier d’aquarelle

d’ une blancheur toujours aussi impressionnante, une grande émotion l’enveloppe; elle sent le besoin de faire une prière et de l’offrir un peu comme une action de grâce :

«Permettez Seigneur que cette oeuvre apporte dans la maison où elle habitera , (car un vrai tableau est un habitant dans une maison et non une belle image) tout le bonheur que vous me donnez à moi en lui donnant vie jour après jour. Merci Seigneur »

«Dans mes tableaux je ne veux pas de règles. J’aime. Donc c’est beau! Je veux être la plus

délinquante possible, la plus audacieuse possible et surtout la plus vraie possible. C’est ma

musique en gestes, en lignes, en formes et en couleurs. C’est un peu comme du Jazz :une improvisation sur un thème. Je me laisse porter par la fluidité de l’eau comme le petit bateau se laisse lui aussi porter par la rivière qui coule et l’amène dans des méandres d’une beauté insoupçonnée. Le sujet est un prétexte pour que chaque tableau soit le début d’un merveilleux voyage».

Elle termine son témoignage par ces quelques mots qui résument bien sa pensée et son vécu :

«C’est dans les contrastes qu’apparaît la dimension réelle des choses tout comme la dimension réelle des vécus. Aujourd’hui, pour moi

– le soleil est beau, mais encore plus beau parce que la pluie existe!

– le blanc est beau, mais encore plus beau parce que le noir existe!

– le bonheur est beau, mais encore plus beau parce que la souffrance existe !

Je pense que nous tous ici avons un jour ou l’autre touché la souffrance. Ainsi nous pouvons aujourd’hui connaître et apprécier le Bonheur».

Et d’ajouter: «Merci au mouvement RSIP et aux membres du comité organisateur de m’avoir donné le privilège de présenter un témoignage, supportée par votre attitude de grand respect et de bonté. Enfin, merci aussi aux participants si nombreux, de m’avoir écoutée avec les yeux de votre coeur!»

Elle termine par l’interprétation de l’Ave Maria de Schubert à la flûte à bec accompagnée au piano par Madame Pauline Girard ex-collègue et complice de toutes les belles expériences vécues avec ses élèves et son groupe de cent flûtistes : «Les Saltimbanques» .

Livrer un témoignage de vie et de cheminement spirituel a provoqué chez Micheline Hamel une démarche personnelle insoupçonnée et fort enrichissante ; forcée d’explorer les différents sentiers secrets de son monde intérieur afin de trouver le fil conducteur qui avait donné un sens à sa vie, elle fut soudainement éprise d’un certain sentiment de crainte. Se pouvait-il qu’il n’y en ait pas? De sa vie personnelle, familiale et professionnelle ne s’échappait rien d’éclatant ni de spectaculaire, se disait-elle. C’est alors qu’un bon matin, elle s’exclame : «Eh bien! Je ferai mon témoignage un peu comme j’écris une chanson ou comme je peins un tableau, tout simplement comme je suis, «Avec mon coeur et mon âme ». Et c’est dans cette attitude d’abandon qu’elle entreprit à son insu, une merveilleuse course au trésor, car elle a trouvé ce fil conducteur : « Il prenait tantôt la forme d’une prière, tantôt celle d’un rire, d’un sourire, d’une mélodie, d’un son de flûte à bec, d’un paysage ou d’un tableau». Et elle a trouvé : « LA BEAUTÉ ». La beauté a été le fil conducteur de ses engagements, de ses gestes, de ses peurs et même de ses pleurs. Et par surcroît « Cette beauté menait directement à la Beauté avec un grand B : Dieu »

Pour bien camper cette recherche de beauté et les trois dimensions qui s’y rattachent : l’Art, l’Amour et la Foi, elle nous fait entendre une chanson composée il y a 8 ans et intitulée: Il a trouvé. Cette chanson se voulait à ce moment-là, une ode à l’inspiration de l’artiste. C’est à la suite du cheminement qu’elle s’imposa pour son témoignage, qu’ il s’avéra évident que l’étranger du message central de cette chanson portait les trois dimensions intimement liées à cette recherche de beauté : l’art ( l’inspiration), l’amour ( son amour) et la foi ( Dieu auquel elle croit tant ) .

« Mais qui es-tu bel étranger, m’apportes-tu un peu de ta beauté ?»

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Micheline Hamel eut la chance de naître dans une famille où la beauté était présente. Son père et sa mère étaient musiciens et ils ont occupé pendant plus de 25 ans, les postes de directeur de la chorale des hommes et d’organiste pour la paroisse St-Antoine de Chicoutimi. Dès la petite enfance, Micheline était disponible au recueillement, au silence et à la prière, et c’est avec grand bonheur qu’elle se souvient avoir tant de fois accompagné son père à la messe de 6.20h alors qu’il y chantait tous les matins. Ce bonheur que lui apportait déjà très jeune, le contact avec la beauté, c’est aussi très jeune qu’elle a le désir « de le partager ».

Micheline dit n’avoir jamais rêvé sa vie, mais c’est le Destin qui l’a rêvée pour elle. « Je n’ai jamais rêvé d’être professeur de musique; je n’ai jamais rêvé d’être peintre ou de diriger le choeur Euphonie des retraités de l’enseignement. Et pourtant, la vie m’a imposé tous ces cadeaux, et toujours mon attitude a été la même :

– d’abord m’y opposer catégoriquement,

– ensuite m’abandonner,

– et enfin travailler avec ténacité et persévérance.»

Deux grandes valeurs ont façonné la femme qu’elle est aujourd’hui et ont été déterminantes dans sa relation maître-élèves qu’elle développa auprès de milliers d’adolescents avec qui elle a travaillé comme enseignante de musique au secondaire. Ces deux grandes valeurs sont :

– la puissance de la foi et de la prière,

– la fragilité de l’être humain.

Ces deux valeurs fondamentales ou certitudes lui ont été dévoilées par deux grandes épreuves vécues dans sa famille et qui ont pris la forme de souffrances dont elle a été capable de tirer parti. C’est donc, fragile et en même temps forte de ces expériences de souffrance que Micheline, jeune femme dans le début de la vingtaine, débuta une carrière d’enseignement de la musique qui se prolongea pendant 33 ans; elle dut se fabriquer un modèle de discipline basé sur le respect de l’humain, convaincue que le sourire et la patience étaient plus forts que la punition et la réprimande, et que l’encouragement donnait des ailes à tout être humain . Un grand désir l’animait: faire vivre à ses élèves

une « expérience de bonheur par la beauté». Le défi était de taille. Les premières années furent très pénibles, mais un jour, le succès devint palpable.

«Mes élèves ont vibré au bonheur que m’apportait à moi la beauté. J’avais su leur dévoiler ce bonheur ». Quand je leur disais : « Il faut me rejouer cet extrait, car c’est trop beau ! Comme ils étaient heureux ! Leurs yeux s’allumaient comme des étoiles et dès lors, le miracle se produisait. Ils vibraient à leur tour à cette beauté. Ils savaient que la musique pouvait et devait devenir «prière» si chaque note devenait un message de l’âme et du coeur, comme il se doit» Elle ajoute : «Je peux maintenant affirmer avec certitude que les jeunes sont sensibles à la beauté et plus encore, qu’ils en ont grand besoin ».

Quant au deuxième rêve que le «Destin a rêvé »pour elle, soit celui d’artiste-peintre, ce n’est qu’à l’âge de 32 ans, qu’à la demande incessante d’une grande amie de s’ inscrire à des cours d’aquarelle, elle finit par accepter de l’accompagner pour le côté social seulement, convaincue qu’elle n’avait aucun talent pour les arts visuels. Mais après avoir eu la même attitude de s’ opposer à cette proposition, elle s’y abandonna dès le premier coup de pinceau, découvrant la magie, la liberté et la sensibilité qu’offre l’aquarelle et continua à y travailler avec passion et persévérance depuis maintenant plus de trente ans .

Chaque jour à l’atelier où elle se rend avec bonheur, elle remercie le ciel de ce cadeau.

« Chaque jour, je suis en contact avec cette mystérieuse inspiration, convaincue qu’elle est rattachée directement au créateur suprême, Dieu, et qu’elle demeurera inexplicable et imprévisible. C’est toujours avec grand bonheur que j’accueille cette étrange visiteuse maintenant presque devenue compagne de tous les instants ».

Avant de commencer chacun de ses tableaux, là, debout devant son papier d’aquarelle

d’ une blancheur toujours aussi impressionnante, une grande émotion l’enveloppe; elle sent le besoin de faire une prière et de l’offrir un peu comme une action de grâce :

«Permettez Seigneur que cette oeuvre apporte dans la maison où elle habitera , (car un vrai tableau est un habitant dans une maison et non une belle image) tout le bonheur que vous me donnez à moi en lui donnant vie jour après jour. Merci Seigneur »

«Dans mes tableaux je ne veux pas de règles. J’aime. Donc c’est beau! Je veux être la plus

délinquante possible, la plus audacieuse possible et surtout la plus vraie possible. C’est ma

musique en gestes, en lignes, en formes et en couleurs. C’est un peu comme du Jazz :une improvisation sur un thème. Je me laisse porter par la fluidité de l’eau comme le petit bateau se laisse lui aussi porter par la rivière qui coule et l’amène dans des méandres d’une beauté insoupçonnée. Le sujet est un prétexte pour que chaque tableau soit le début d’un merveilleux voyage».

Elle termine son témoignage par ces quelques mots qui résument bien sa pensée et son vécu :

«C’est dans les contrastes qu’apparaît la dimension réelle des choses tout comme la dimension réelle des vécus. Aujourd’hui, pour moi

– le soleil est beau, mais encore plus beau parce que la pluie existe!

– le blanc est beau, mais encore plus beau parce que le noir existe!

– le bonheur est beau, mais encore plus beau parce que la souffrance existe !

Je pense que nous tous ici avons un jour ou l’autre touché la souffrance. Ainsi nous pouvons aujourd’hui connaître et apprécier le Bonheur».

Et d’ajouter: «Merci au mouvement RSIP et aux membres du comité organisateur de m’avoir donné le privilège de présenter un témoignage, supportée par votre attitude de grand respect et de bonté. Enfin, merci aussi aux participants si nombreux, de m’avoir écoutée avec les yeux de votre coeur!»

Elle termine par l’interprétation de l’Ave Maria de Schubert à la flûte à bec accompagnée au piano par Madame Pauline Girard ex-collègue et complice de toutes les belles expériences vécues avec ses élèves et son groupe de cent flûtistes : «Les Saltimbanques» .