ÉVANGÉLISATION ET TÉMOIGNAGE

           Tout être humain aspire au bonheur. C’est viscéral car nous avons été créés pour Être heureux.  Mais comment atteindre le bonheur? Les chemins sont très différents selon l’idée que chacun se fait du bonheur. Quand Jésus a commencé sa vie publique, il est allé à  la synagogue de Nazareth, son village, et il a proclamé une bonne nouvelle pour les pauvres et pour toutes les personnes qui cherchent le chemin du bonheur. Et il leur a révélé que ce chemin, c’est lui. Le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles, aux opprimés (Luc 4, 18). Il a révélé un chemin de bonheur pour ceux qui en ont le plus besoin.

 

            L’Évangélisation consiste à  répandre cette Bonne Nouvelle. Le besoin est plus actuel que jamais. Il y a plus de la moitié de la population mondiale qui n’a pas encore Été touchée par cette Bonne Nouvelle annoncée par Jésus, et parmi les populations qui ont Été Évangélisées depuis longtemps, un nombre important de chrétiens ont rejeté ou oublié la Bonne Nouvelle. C’est un problème pour la mission de l’Église et le Pape Benoit XVI a créé l’an dernier un nouveau Conseil pontifical pour promouvoir une nouvelle Évangélisation de ces chrétientés. Il s’agit donc de montrer le chemin du bonheur à  ceux et celles qui l’auraient perdu de vue et qui ne profitent pas de la richesse de l’Évangile. Il y a tellement de sortes de pauvretés dans le monde moderne, pauvreté d’amour, de justice, de liberté, de paix, de respect, de joie, de vrai bonheur. L’Évangile est la réponse à  ces pauvretés, la Bonne Nouvelle que Jésus apporte au monde. Et il est manifeste que notre monde qui a déjà  Été Évangélisé a besoin d’une nouvelle Évangélisation.

            Mais comment Ouvrer à  une nouvelle Évangélisation en ce début du troisième millénaire de la chrétienté? Il ne s’agit pas d’annoncer un nouvel Évangile. La Bonne Nouvelle est toujours la même, c’est Jésus, le Fils de Dieu que le Père a envoyé dans le monde pour révéler son amour et montrer le chemin du bonheur. Il reste la manière de l’annoncer. On peut faire de beaux discours, de grandes thèses théologiques. Il y en a eu quantités depuis 2000 ans. Et par des grands matures, tant en science qu’en spiritualité. Mais comme Écrivait le Pape Paul VI dans son Exhortation apostolique en conclusion du synode sur l’Évangélisation dans le monde moderne, les gens Écoutent plus volontiers les témoins que les matures et quand ils Écoutent les matures, c’est parce qu’ils sont des témoins. N’est-ce pas une invitation à  prendre la méthode que Jésus lui-même demandait à  ses Aptères quand il leur a confié de continuer sa mission. Vous serez mes témoins à  Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après ces paroles, ils le virent d’Élever et disparaître à  leurs yeux dans une nuée (Actes 1, 8-9).

            C’est ainsi que dans toute l’histoire de l’Église, la Bonne Nouvelle s’est répandue par le témoignage de ceux et celles qui vivaient leur foi avec conviction. D’abord et en premier dans la célébration de l’Eucharistie et des sacrements qui perpétuent dans notre vie chrétienne la présence et l’action du Ressuscité. Et ensuite par une vie en conformité avec les engagements du baptême. C’est ce qui donne crédibilité à  la parole du témoignage. Autrement, on pourrait se faire dire: ce que tu parles si fort que je n’entends pas ce que tu dis. Mais quand la parole du témoignage est en harmonie avec la vie, elle n’a pas besoin d’une grande Éloquence pour toucher ceux et celles qui l’entendent. Elle a la force de l’Esprit saint qui l’habite et elle a souvent plus d’effet que la plus convaincante homélie.

            Le témoignage est un chemin important d’Évangélisation. Est-ce à  dire qu’il a toujours un effet immédiat sur l’auditoire. Cela peut arriver parfois, mais l’œuvre d’Évangélisation est une semence et il faut attendre avec patience la récolte des fruits. Et l’exemple d’une vie humblement révélée reste marquée dans la mémoire et peut influencer l’agir chrétien des personnes qui reçoivent le témoignage. Aussi devons-nous remercier très sincèrement la générosité des témoins qui acceptent de partager leur vécu de foi. Ces témoins sont des mailles importantes d’une grande chaîne d’Évangélisation et contribuent à la mission de l’Église.

Jonquière, le 19 février 2011.