La maladie

La maladie frappe sans crier garde. Personne n’est à l’abri. On se souhaite la santé en début d’année car on sait comment elle est nécessaire et précieuse à notre qualité de vie. Mais, de par notre condition humaine, un jour ou l’autre la maladie se présente à  nous sous des formes diverses et nous affecte personnellement ou indirectement.

Dans la première lecture de la célébration dominicale, Job se tourne vers Dieu pour lui manifester sa plainte. Sa souffrance morale est insupportable. Il ne peut plus retenir ce qu’il a sur le cœur. Il a besoin d’exprimer sa colère, sa frustration, son incompréhension face à tout ce qu’il vit. Tout cela lui apparaît injuste. Pourquoi moi ? Il ne comprend pas. Il a toujours agi correctement. Pourquoi tous ces malheurs lui tombent-ils dessus ? Il sent la révolte qui monte en lui. À quoi ça sert de vivre si c’est pour souffrir autant ?

Ne nous arrive-t-il pas nous aussi de nous sentir comme Job ? C’est à -dire de sentir monter en nous ce questionnement lorsque nous sommes mis en présence de notre fragilité humaine et/ou celle des autres ? Qui d’entre nous n’a pas eu le besoin d’exprimer l’angoisse reliée à  la souffrance physique ou autre, lorsqu’elle nous entraîne dans son univers inconnu et insécurisant ? La plainte, la nôtre et celle des autres, a besoin de trouver des cœurs écoutants et accueillants pour être entendue. Avec Jésus, puisons dans nos forces et notre audace pour oser des paroles et des gestes qui libèrent ceux à  qui nous sommes envoyés. Être comme le Christ, main tendue pour aider l’autre à se relever dans sa misère. Prends ton grabat et marche ! Comme Job, dire la vérité de notre ressenti, nous rend plus attachants. La maladie, la fragilité, la nôtre et celles des autres, ont Étonnamment la faculté de nous rapprocher de notre humanité. Tous ces cris retenus, étouffé et qui lorsque libérés, deviennent en quelque sorte une prière qui résonne dans le cœur de Dieu. Le mystère de la souffrance renferme en lui cette capacité© de nous faire tourner vers l’autre. Job, dont les amis cherchent désespérément à atténuer la peine, ne font que renforcer son état de désolation. L’unique consolation il la puise dans le fait que Dieu écoute sa misère. C’est injuste pourquoi moi ? Et oui, Job a bien raison de crier à l’injustice ! La maladie c’est injuste pour la personne humaine. Et personne ne la désiré et pas plus Dieu. Jésus lors de son passage sur la terre a lutté contre la maladie en guérissant un grand nombre de personnes qui mettaient sa confiance en lui. Toutefois, le message central de Jésus face aux épreuves sous toutes ses formes, c’est de dire à la personne humaine qu’elle n’est pas seule devant l’adversité. Dieu est là  et il désire tout partager avec les humains. Venez à moi, vous qui peinez, vous qui ployez sous le fardeau et moi, je vous soulagerai. (Robert Lebel)

Qui d’entre nous n’a pas de blessures ? Elles peuvent être enfouies au fin fond de notre être. Le Christ, présent auprès de nous, peut nous guérir en profondeur et nous libérer de tout mal. Toutefois, cela nécessite de prendre conscience d’abord de nos affaires». (Prions en église, p.32) Saurons-nous les reconnaitre ?

Judith Vézina, Rocher Spirituel

Publié dans Février 2009