Micheline Hamel

Résumé du témoignage de Micheline Hamel pour le mouvement RSIP

lise_corriveau

16 Mars 2011

Micheline Hamel eut la chance de naître dans une famille où la beauté était présente. Son père et sa mère étaient musiciens et ils ont occupé pendant plus de 25 ans, les postes de directeur de la chorale des hommes et d’organiste pour la paroisse St-Antoine de Chicoutimi. Dès la petite enfance, Micheline était disponible au recueillement, au silence et à la prière, et c’est avec grand bonheur qu’elle se souvient avoir tant de fois accompagné son père à la messe de 6.20h alors qu’il y chantait tous les matins. Ce bonheur que lui apportait déjà très jeune, le contact avec la beauté, c’est aussi très jeune qu’elle a le désir « de le partager ».

Micheline dit n’avoir jamais rêvé sa vie, mais c’est le Destin qui l’a rêvée pour elle. « Je n’ai jamais rêvé d’être professeur de musique; je n’ai jamais rêvé d’être peintre ou de diriger le choeur Euphonie des retraités de l’enseignement. Et pourtant, la vie m’a imposé tous ces cadeaux, et toujours mon attitude a été la même :

– d’abord m’y opposer catégoriquement,

– ensuite m’abandonner,

– et enfin travailler avec ténacité et persévérance.»

Deux grandes valeurs ont façonné la femme qu’elle est aujourd’hui et ont été déterminantes dans sa relation maître-élèves qu’elle développa auprès de milliers d’adolescents avec qui elle a travaillé comme enseignante de musique au secondaire. Ces deux grandes valeurs sont :

– la puissance de la foi et de la prière,

– la fragilité de l’être humain.

Ces deux valeurs fondamentales ou certitudes lui ont été dévoilées par deux grandes épreuves vécues dans sa famille et qui ont pris la forme de souffrances dont elle a été capable de tirer parti. C’est donc, fragile et en même temps forte de ces expériences de souffrance que Micheline, jeune femme dans le début de la vingtaine, débuta une carrière d’enseignement de la musique qui se prolongea pendant 33 ans; elle dut se fabriquer un modèle de discipline basé sur le respect de l’humain, convaincue que le sourire et la patience étaient plus forts que la punition et la réprimande, et que l’encouragement donnait des ailes à tout être humain . Un grand désir l’animait: faire vivre à ses élèves une « expérience de bonheur par la beauté». Le défi était de taille. Les premières années furent très pénibles, mais un jour, le succès devint palpable.

«Mes élèves ont vibré au bonheur que m’apportait à moi la beauté. J’avais su leur dévoiler ce bonheur ». Quand je leur disais : « Il faut me rejouer cet extrait, car c’est trop beau ! Comme ils étaient heureux ! Leurs yeux s’allumaient comme des étoiles et dès lors, le miracle se produisait. Ils vibraient à leur tour à cette beauté. Ils savaient que la musique pouvait et devait devenir «prière» si chaque note devenait un message de l’âme et du coeur, comme il se doit» Elle ajoute : «Je peux maintenant affirmer avec certitude que les jeunes sont sensibles à la beauté et plus encore, qu’ils en ont grand besoin ».

Quant au deuxième rêve que le «Destin a rêvé »pour elle, soit celui d’artiste-peintre, ce n’est qu’à l’âge de 32 ans, qu’à la demande incessante d’une grande amie de s’ inscrire à des cours d’aquarelle, elle finit par accepter de l’accompagner pour le côté social seulement, convaincue qu’elle n’avait aucun talent pour les arts visuels. Mais après avoir eu la même attitude de s’ opposer à cette proposition, elle s’y abandonna dès le premier coup de pinceau, découvrant la magie, la liberté et la sensibilité qu’offre l’aquarelle et continua à y travailler avec passion et persévérance depuis maintenant plus de trente ans .

Chaque jour à l’atelier où elle se rend avec bonheur, elle remercie le ciel de ce cadeau.

« Chaque jour, je suis en contact avec cette mystérieuse inspiration, convaincue qu’elle est rattachée directement au créateur suprême, Dieu, et qu’elle demeurera inexplicable et imprévisible. C’est toujours avec grand bonheur que j’accueille cette étrange visiteuse maintenant presque devenue compagne de tous les instants ».

Avant de commencer chacun de ses tableaux, là, debout devant son papier d’aquarelle

d’ une blancheur toujours aussi impressionnante, une grande émotion l’enveloppe; elle sent le besoin de faire une prière et de l’offrir un peu comme une action de grâce :

«Permettez Seigneur que cette oeuvre apporte dans la maison où elle habitera , (car un vrai tableau est un habitant dans une maison et non une belle image) tout le bonheur que vous me donnez à moi en lui donnant vie jour après jour. Merci Seigneur »

«Dans mes tableaux je ne veux pas de règles. J’aime. Donc c’est beau! Je veux être la plus

délinquante possible, la plus audacieuse possible et surtout la plus vraie possible. C’est ma

musique en gestes, en lignes, en formes et en couleurs. C’est un peu comme du Jazz :une improvisation sur un thème. Je me laisse porter par la fluidité de l’eau comme le petit bateau se laisse lui aussi porter par la rivière qui coule et l’amène dans des méandres d’une beauté insoupçonnée. Le sujet est un prétexte pour que chaque tableau soit le début d’un merveilleux voyage».

Elle termine son témoignage par ces quelques mots qui résument bien sa pensée et son vécu :

«C’est dans les contrastes qu’apparaît la dimension réelle des choses tout comme la dimension réelle des vécus. Aujourd’hui, pour moi

– le soleil est beau, mais encore plus beau parce que la pluie existe!

– le blanc est beau, mais encore plus beau parce que le noir existe!

– le bonheur est beau, mais encore plus beau parce que la souffrance existe !

Je pense que nous tous ici avons un jour ou l’autre touché la souffrance. Ainsi nous pouvons aujourd’hui connaître et apprécier le Bonheur».

Et d’ajouter: «Merci au mouvement RSIP et aux membres du comité organisateur de m’avoir donné le privilège de présenter un témoignage, supportée par votre attitude de grand respect et de bonté. Enfin, merci aussi aux participants si nombreux, de m’avoir écoutée avec les yeux de votre coeur!»

Elle termine par l’interprétation de l’Ave Maria de Schubert à la flûte à bec accompagnée au piano par Madame Pauline Girard ex-collègue et complice de toutes les belles expériences vécues avec ses élèves et son groupe de cent flûtistes : «Les Saltimbanques» .

Livrer un témoignage de vie et de cheminement spirituel a provoqué chez Micheline Hamel une démarche personnelle insoupçonnée et fort enrichissante ; forcée d’explorer les différents sentiers secrets de son monde intérieur afin de trouver le fil conducteur qui avait donné un sens à sa vie, elle fut soudainement éprise d’un certain sentiment de crainte. Se pouvait-il qu’il n’y en ait pas? De sa vie personnelle, familiale et professionnelle ne s’échappait rien d’éclatant ni de spectaculaire, se disait-elle. C’est alors qu’un bon matin, elle s’exclame : «Eh bien! Je ferai mon témoignage un peu comme j’écris une chanson ou comme je peins un tableau, tout simplement comme je suis, «Avec mon coeur et mon âme ». Et c’est dans cette attitude d’abandon qu’elle entreprit à son insu, une merveilleuse course au trésor, car elle a trouvé ce fil conducteur : « Il prenait tantôt la forme d’une prière, tantôt celle d’un rire, d’un sourire, d’une mélodie, d’un son de flûte à bec, d’un paysage ou d’un tableau». Et elle a trouvé : « LA BEAUTÉ ». La beauté a été le fil conducteur de ses engagements, de ses gestes, de ses peurs et même de ses pleurs. Et par surcroît « Cette beauté menait directement à la Beauté avec un grand B : Dieu »

Pour bien camper cette recherche de beauté et les trois dimensions qui s’y rattachent : l’Art, l’Amour et la Foi, elle nous fait entendre une chanson composée il y a 8 ans et intitulée: Il a trouvé. Cette chanson se voulait à ce moment-là, une ode à l’inspiration de l’artiste. C’est à la suite du cheminement qu’elle s’imposa pour son témoignage, qu’ il s’avéra évident que l’étranger du message central de cette chanson portait les trois dimensions intimement liées à cette recherche de beauté : l’art ( l’inspiration), l’amour ( son amour) et la foi ( Dieu auquel elle croit tant ) .

« Mais qui es-tu bel étranger, m’apportes-tu un peu de ta beauté ?»

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Micheline Hamel eut la chance de naître dans une famille où la beauté était présente. Son père et sa mère étaient musiciens et ils ont occupé pendant plus de 25 ans, les postes de directeur de la chorale des hommes et d’organiste pour la paroisse St-Antoine de Chicoutimi. Dès la petite enfance, Micheline était disponible au recueillement, au silence et à la prière, et c’est avec grand bonheur qu’elle se souvient avoir tant de fois accompagné son père à la messe de 6.20h alors qu’il y chantait tous les matins. Ce bonheur que lui apportait déjà très jeune, le contact avec la beauté, c’est aussi très jeune qu’elle a le désir « de le partager ».

Micheline dit n’avoir jamais rêvé sa vie, mais c’est le Destin qui l’a rêvée pour elle. « Je n’ai jamais rêvé d’être professeur de musique; je n’ai jamais rêvé d’être peintre ou de diriger le choeur Euphonie des retraités de l’enseignement. Et pourtant, la vie m’a imposé tous ces cadeaux, et toujours mon attitude a été la même :

– d’abord m’y opposer catégoriquement,

– ensuite m’abandonner,

– et enfin travailler avec ténacité et persévérance.»

Deux grandes valeurs ont façonné la femme qu’elle est aujourd’hui et ont été déterminantes dans sa relation maître-élèves qu’elle développa auprès de milliers d’adolescents avec qui elle a travaillé comme enseignante de musique au secondaire. Ces deux grandes valeurs sont :

– la puissance de la foi et de la prière,

– la fragilité de l’être humain.

Ces deux valeurs fondamentales ou certitudes lui ont été dévoilées par deux grandes épreuves vécues dans sa famille et qui ont pris la forme de souffrances dont elle a été capable de tirer parti. C’est donc, fragile et en même temps forte de ces expériences de souffrance que Micheline, jeune femme dans le début de la vingtaine, débuta une carrière d’enseignement de la musique qui se prolongea pendant 33 ans; elle dut se fabriquer un modèle de discipline basé sur le respect de l’humain, convaincue que le sourire et la patience étaient plus forts que la punition et la réprimande, et que l’encouragement donnait des ailes à tout être humain . Un grand désir l’animait: faire vivre à ses élèves

une « expérience de bonheur par la beauté». Le défi était de taille. Les premières années furent très pénibles, mais un jour, le succès devint palpable.

«Mes élèves ont vibré au bonheur que m’apportait à moi la beauté. J’avais su leur dévoiler ce bonheur ». Quand je leur disais : « Il faut me rejouer cet extrait, car c’est trop beau ! Comme ils étaient heureux ! Leurs yeux s’allumaient comme des étoiles et dès lors, le miracle se produisait. Ils vibraient à leur tour à cette beauté. Ils savaient que la musique pouvait et devait devenir «prière» si chaque note devenait un message de l’âme et du coeur, comme il se doit» Elle ajoute : «Je peux maintenant affirmer avec certitude que les jeunes sont sensibles à la beauté et plus encore, qu’ils en ont grand besoin ».

Quant au deuxième rêve que le «Destin a rêvé »pour elle, soit celui d’artiste-peintre, ce n’est qu’à l’âge de 32 ans, qu’à la demande incessante d’une grande amie de s’ inscrire à des cours d’aquarelle, elle finit par accepter de l’accompagner pour le côté social seulement, convaincue qu’elle n’avait aucun talent pour les arts visuels. Mais après avoir eu la même attitude de s’ opposer à cette proposition, elle s’y abandonna dès le premier coup de pinceau, découvrant la magie, la liberté et la sensibilité qu’offre l’aquarelle et continua à y travailler avec passion et persévérance depuis maintenant plus de trente ans .

Chaque jour à l’atelier où elle se rend avec bonheur, elle remercie le ciel de ce cadeau.

« Chaque jour, je suis en contact avec cette mystérieuse inspiration, convaincue qu’elle est rattachée directement au créateur suprême, Dieu, et qu’elle demeurera inexplicable et imprévisible. C’est toujours avec grand bonheur que j’accueille cette étrange visiteuse maintenant presque devenue compagne de tous les instants ».

Avant de commencer chacun de ses tableaux, là, debout devant son papier d’aquarelle

d’ une blancheur toujours aussi impressionnante, une grande émotion l’enveloppe; elle sent le besoin de faire une prière et de l’offrir un peu comme une action de grâce :

«Permettez Seigneur que cette oeuvre apporte dans la maison où elle habitera , (car un vrai tableau est un habitant dans une maison et non une belle image) tout le bonheur que vous me donnez à moi en lui donnant vie jour après jour. Merci Seigneur »

«Dans mes tableaux je ne veux pas de règles. J’aime. Donc c’est beau! Je veux être la plus

délinquante possible, la plus audacieuse possible et surtout la plus vraie possible. C’est ma

musique en gestes, en lignes, en formes et en couleurs. C’est un peu comme du Jazz :une improvisation sur un thème. Je me laisse porter par la fluidité de l’eau comme le petit bateau se laisse lui aussi porter par la rivière qui coule et l’amène dans des méandres d’une beauté insoupçonnée. Le sujet est un prétexte pour que chaque tableau soit le début d’un merveilleux voyage».

Elle termine son témoignage par ces quelques mots qui résument bien sa pensée et son vécu :

«C’est dans les contrastes qu’apparaît la dimension réelle des choses tout comme la dimension réelle des vécus. Aujourd’hui, pour moi

– le soleil est beau, mais encore plus beau parce que la pluie existe!

– le blanc est beau, mais encore plus beau parce que le noir existe!

– le bonheur est beau, mais encore plus beau parce que la souffrance existe !

Je pense que nous tous ici avons un jour ou l’autre touché la souffrance. Ainsi nous pouvons aujourd’hui connaître et apprécier le Bonheur».

Et d’ajouter: «Merci au mouvement RSIP et aux membres du comité organisateur de m’avoir donné le privilège de présenter un témoignage, supportée par votre attitude de grand respect et de bonté. Enfin, merci aussi aux participants si nombreux, de m’avoir écoutée avec les yeux de votre coeur!»

Elle termine par l’interprétation de l’Ave Maria de Schubert à la flûte à bec accompagnée au piano par Madame Pauline Girard ex-collègue et complice de toutes les belles expériences vécues avec ses élèves et son groupe de cent flûtistes : «Les Saltimbanques» .

Publié dans 2011