Une richesse méconnue

Une richesse méconnue

Nous sous-estimons la richesse du silence, ce remède mis gratuitement à  notre disposition, peut-Être parce que cette solution à  notre mal d’Être, dont nous souffrons sans que nous en soyons conscients, nous apparaît trop simple pour que nous lui accordions un véritable intérêt. Se pourrait-il que notre souffrance provienne de notre difficulté à  faire silence ? Il nous faudra reconnaître un jour, à  la lumière de ‘Esprit, que sous notre effervescente activité se dissimulent souvent à  notre insu des motivations inconscientes. Le trop nous empêche de faire la clarté en nous-mêmes et de voir l‘essentiel qui nous habite. L‘agitation peut en arriver à  nous faire perdre le contact avec ce qu’il y a de meilleur en nous.

Le trop de tout a pour effet de saccager notre bien-Être. Il assèche notre humanité en nous projetant hors de nous-mêmes. L’extériorisation n’a pas le pouvoir de combler nos véritables aspirations. Elle ne peut que nous apporter des déceptions qui ne feront qu’augmenter notre tourment intérieur.

Dieu ne nous a pas créés pour le malheur mais pour le bonheur. On se demande ce qui nous manque pour avoir accès à  ce bonheur promis. La véritable question à  se poser ne serait-elle pas plutôt ce que nous avons en trop ? Notre trop plein nous empêche de recevoir et surtout de nous recevoir. Nous cherchons dans toutes les directions en nous creusant les méninges pour apaiser nos frustrations. Mais tous ces moyens n’auront que pour effet que d’alimenter notre désolation. Notre vaine agitation et le fruit amer de l‘insatisfaction qu’elle produit, nous fera-t-elle découvrir que nous cherchons dans la mauvaise direction ? Si curieux que cela puisse paraître, la grâce peut parfois se cacher sous la déception qui se manifeste en nous. Puissions-nous la reconnaître et la laisser faire son œuvre en nous, c’est-à-dire celle de nous orienter vers le chemin de l’intériorité qui nous permettra de nous réconcilier avec notre humanité blessée mais surtout vers notre humanité aimée d’un amour inconditionnel qui seul a le pouvoir de satisfaire notre cœur sans lui enlever sa liberté.

Cessons un instant le vacarme extérieur pour nous habiliter à  expérimenter ce silence intérieur, il nous est donné d’entendre dans l‘intimité de notre cœur les confidences que l‘amour nous fait à  chacun/e de nous. Et s’il nous arrive d’entendre trop vacarme à l‘intérieur de nous,  tenons bon dans le silence et invitons Jésus à  venir apaiser notre tempête intérieure.

Judith Vézina

Publié dans Octobre 2009